mardi 10 avril 2018

Les Affinités


 Les Affinités
Titre original: "The Affinities"
Auteur: Robert Charles Wilson
Editeur: Folio SF
Traduit de l'américain par: Gilles Goullet
Nombre de pages: 393

Je remercie Babelio et les éditions Folio SF pour cette lecture,
lue dans le cadre de la Masse Critique. 

* Quatrième de Couverture *

Adam Fisk s'est installé à Toronto pour suivre des études de graphisme que lui finance sa grand-mère. Là, il s'est inscrit à un programme payant pour déterminer à laquelle des vingt-deux Affinités il appartient. Adam est un Tau, une des cinq plus importantes de ces nouvelles familles sociales théorisées par le chercheur Meir Klein. Quand la grand-mère d'Adam, diminuée par une attaque, est placée dans une maison de retraite, le jeune homme n'a plus les moyens de suivre ses études. Mais être un Tau confère des avantages qu'il va vite découvrir: travail rémunérateur, opportunités sexuelles, vie sociale pleine et satisfaisante. Tout est trop beau, trop facile. Tout va très vite pour Adam... et il en est de même pour le reste du monde, car le modèle social des Affinités est en train de s'imposer. Malheureusement, dans l'histoire de l'humanité, aucun changement radical ne s'est fait sans violence.
Robert Charles Wilson offre avec Les Affinités un roman sans temps mort qui imagine - pour le meilleur et pour le pire... - le futur des réseaux sociaux.
 
* Mon Avis *

Ce roman d'anticipation développe une idée intéressante !

Dans un futur plus ou moins proche, une entreprise nommée InterAlia met au point, avec l'aide du socionome Meir Klein, un test permettant de découvrir si l'on peut faire partie d'une des vingt-deux Affinités mises en place, des groupes crées afin de rapprocher des personnes de même tempérament. Adam Fisk, vivant à Toronto le temps de ses études, passe le test et découvre qu'il est Tau, une des Affinités les plus importantes; il va intégrer une communauté qui va bouleverser sa vision du monde. Mais ce qui devait n'être qu'une sorte de nouveau réseau social physique va rapidement évoluer vers une pensée de nouvelle société, et certaines Affinités, dont Tau et Het, souhaitant être reconnues comme ethnies à part entière, vont travailler à leur indépendance.

Robert Charles Wilson nous présente un univers qui pourrait être le nôtre, à l'heure actuelle, avec pour cadre de fond un conflit opposant l'Inde au Pakistan. Par la voix du héros, Adam Fisk, nous prenons connaissance de l'existence de ce nouveau système des Affinités, volonté d'un nouveau genre de réseau social où les membres reçus (car il est possible de ne faire partie d'aucune Affinité) ont la possibilité de se rencontrer, de vivre ensemble même. Adam, un Tau, va être invité à rejoindre les autres membres de son Affinité et découvrir bien plus qu'un simple rassemblement de personnes de même nature, mais une véritable communauté soudée, des gens qu'il va pouvoir considérer comme une vraie famille - et qu'il va d'ailleurs estimer bien mieux que ses proches -, qui s'entraident sans se juger, et avec qui la communication va quasiment se faire de manière instinctive, puisqu'ils partagent le même mode de pensée.
L'idée avancée par l'auteur est vraiment intéressante, et encore plus dans le déroulé des évènements: lorsque les Affinités se développent de telle manière qu'elles souhaitent former un nouveau modèle de société et prendre leur indépendance, avec leurs propres réseaux de travail, de commerce, d'allocations. Tout ceci pourrait paraître complexe mais Robert Charles Wilson parle de la socionomie avec efficacité et se fait comprendre avec facilité, à tel point que les quelques répétitions qu'il insert dans son récit ne m'ont pas parues nécessaires à la clarté de l'intrigue.
Bien que j'ai aimé le récit, j'aurai apprécié une histoire plus étendue - le phénomène des Affinités prend des propensions mondiales, mais nous sommes cantonnés au Canada et à une partie des Etats-Unis sans que plus de détails nous soient donnés concernant le reste de la population - et la finalité du roman m'a vraiment laissée sur ma faim, malgré le fait qu'elle me paraisse assez logique. 

"Les Affinités" n'est pas une lecture que je jugerais de transcendante, mais le sujet reste très attrayant, et même pertinent car il fait réfléchir sur notre manière de vivre présentement et sur les possibilités que le futur offre; je parviens tout à fait à imaginer qu'un test d'Affinités pourrait être concevable un de ces jours. Les amateurs et amatrices de science fiction se laisseront certainement séduire.
 
* Parlons Couverture *

J'aime beaucoup ces images satellite de nuit représentant les villes pleines de lumières et ces espaces sombres où rien ne semble vivre. Aussi, cette illustration d'Aurélien Police m'a tout de suite particulièrement plu ! Le phénomène des Affinités prend une grande ampleur et cette image le représente bien.



Citations:

* Nous sommes l'espèce la plus coopérative de la planète... possédez-vous un seul objet que vous ayez entièrement fabriqué de vos mains avec des matériaux extraits par vos soins de la nature ? Et sans ce réseau de collaboration, nous sommes aussi vulnérables que des antilopes à trois pattes au milieu du territoire des lions. Mais en même temps, quel talent nous avons pour la cupidité, pour l'indifférence morale, pour des guerres de conquêtes à tous niveaux, du jardin d'enfants jusqu'aux Nations Unies. Qui n'a pas souhaité pouvoir sortir de ce piège ?

* Nous tombons.
Tout ce qui est constitué de matière est en train de tomber. On appelle ça l'entropie. La matière se décompose. Les étoiles finissent par cesser de briller, les planètes refroidissent ou sont réduites en cendres qui elles-mêmes refroidissent. La matière tombe et finit tôt ou tard par toucher le fond.
La vie participe de ce processus. La vie est entropique. Nous dissipons l'énergie du soleil. La vie est une chute en cours.

* Dans l'histoire de notre espèce, les buts vers lesquels nous nous sommes projetés ont très longtemps été simples. De la nourriture pour nous-mêmes, nos familles et nos tribus. Un abri pour nous-mêmes, nos familles et nos tribus. Les impératifs de l'amour et de la reproduction.
Mais dans le monde moderne, pour une grande partie des êtres humains, ces besoins essentiels sont satisfaits, ne serait-ce que de manière incomplète, inadéquate et injuste. Que signifie se projeter, dans de telles circonstances ?



Suzy Bess.

  

2 commentaires:

  1. Autant j'ai toujours peur, avec ce genre de livre, que ça ressemble à des films comme Divergente (qui finissent tous par se ressembler. Et je parle du film parceque je n'ai pas lu le roman), autant oui, ce genre de concept, ou approchant, à toutes les chances d'arriver un jour. Il suffit de voir certaines évolutions en cours... du coup ça devient flippant tout ça^^.

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    1. En l'occurrence, ici ça ne m'a pas du tout fait penser à Divergente ou histoires du même genre, c'est vraiment différent et plus ancré dans la réalité.

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