dimanche 31 mai 2015

PAL +3

Pile A Lire +3
 
 
Cette semaine, ma PAL s'alourdit avec trois nouveaux arrivants. ;)
 
 
Ils s'ajoutent donc aux précédents de la collection "William Shakespeare":
Antoine et Cléopâtre
et
Roméo et Juliette
 
 
 
Et la joie de recevoir mon premier Service Presse en partenariat avec Pierre Thiry pour son Sansonnets, un Cygne à l'Envers
 
 
 
 

Suzy Bess,
Le Toucher Des Pages.


vendredi 29 mai 2015

La Couturière

 
 
La Couturière
Auteure: Frances de Pontes Peebles
Editeur: Editions Points
Traduit de l'anglais par: Martine Leroy-Battistelli
Nombre de pages: 856
 
Quatrième de Couverture
 
Emilia et Luzia, les sœurs orphelines, sont inséparables. Un jour, Luzia est enlevée par les Cangaceiros, de terribles bandits. Dans ce Brésil âpre et violent des années 1930, Emilia nourrit toujours un infime espoir: et si Luzia avait survécu ? Se cacherait-elle sous les traits de la Couturière, cette femme réputée impitoyable, devenue chef des mercenaires ?
 
Mon Avis
 
La Couturière, un surnom pour deux destins opposés mais liés à jamais.
Basé sur des faits réels, inspiré d'évènements qui ont changée l'histoire du Brésil, ce roman est sublime. Il nous conte l'histoire de deux sœurs, Emilia et Luzia, élevées par leur tante Sofia. La première n'a qu'un grand espoir pour sa vie future: devenir une Dona, une Dame de la ville, que l'on respecte pour ses valeurs et son intégrité; et pourquoi ne commencerait-elle pas par se marier à ce charmant Professeur Celio ? Quant à Luzia, elle s'est résignée à vivre une existence solitaire et ennuyeuse depuis l'accident qui lui a déformé le bras, lui a valu les railleries des habitants de leur petit village de Taquaritinga Do Norte et l'humiliant surnom de Victrola.
Lorsque des cangaceiros viennent les séparer, leur vision de la vie va changer et les découvertes vont se succéder. Emilia va devoir accepter le fait qu'elle se faisait une idée de la ville et des règles à y respecter différente de la réalité; Luzia va s'affirmer (presque) malgré elle afin de démontrer qu'elle n'a rien d'une incapable et, petit à petit, va se transformer jusqu'à ne plus savoir tester ses limites.
Certains passages "souvenirs" évoqués au présent, dans un récit également au présent, m'ont parfoit perdue et/ou troublée dans le cours de l'histoire, mais le tort fut toujours vite réparé.
La construction des chapitres (on découvre alternativement les deux sœurs) est efficace.
Frances de Pontes Peebles s'est appropriée un pan de l'histoire du Brésil et l'a modelé à son imagination, c'est une très belle découverte !
 
 
 
Citations:
 
* Néanmoins, dans ces contrées reculées, la vengeance était une chose sacrée. C'était un devoir, un honneur.
 
* " Vous êtes un peu comme un prêtre, dit le Faucon, puis voyant que le docteur faisait la grimace, il précisa: vous aussi, vous sauvez des vies.
- Mais non, Antônio. Les prêtres ne sauvent personne. Ils alimentent les peurs. Je me méfie des gens qui servent des maîtres invisibles. Moi je suis au service des corps. De ce qui est réel, tangible. De ce qui est certain.
- Rien n'est certain, répliqua le Faucon (...). Rien sauf la mort.
 
* Elle exerçait sur elles une sorte de fascination mêlée d'un peu de méfiance et de pitié, comme celle qu'on éprouve pour une bête sauvage dont on a fait un animal de compagnie, mais en qui on n'a pas totalement confiance.
 
* [...] Les mauvaises décisions donnent souvent lieu à des regrets et (...) les regrets ne se soignent pas.
 
 
 
 
Suzy Bess,
Le Toucher Des Pages.
 
 



dimanche 17 mai 2015

Les Femmes dans l'Ouest au XIXe Siècle. 1800-1870

 
 
Les Femmes dans l'Ouest au XIXe siècle
1800-1870
 
Auteure: Nicole Vray
Editeur: Editions Ouest-France
Nombre de pages: 254
 
Quatrième de Couverture
 
Au lendemain de la Révolution, que sont devenues les femmes dans l'Ouest ? Quelle vie ont-elles connue, ont connue leurs filles de 1800 à 1870 ? Premier Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, second Empire... comment ont-elles vécu l'évolution politique, sociale, économique et culturelle de ces soixante-dix années ? Les premiers mouvements féministes, l'influence constante de l'église, le développement de l'enseignement, la place grandissante de la littérature féminine, sans oublier les premiers chemins de fer, les premiers bains de mer, le sinnovations dans le domaine de la mode, de l'alimentation... que de changements, que de nouveautés ! Mais aussi, que d'injustices, que de drames !
Ecrit avec une grande rigueur historique, très illustré, ce récit est un tableau vivant, précis, du XIXe siècle dans l'Ouest. Il constitue la suite logique des Femmes Dans la Tourmente du même auteur, ouvrage paru en 1988 aux Editions Ouest-France, dans la collection Gens de l'Ouest Sous la Révolution.
 
Mon Avis
 
Ce récit est intéressant; l'histoire des femmes dans une région précise est rarement évoquée et, bien plus que le quotidien de ces dames, c'est celui de tout un peuple que l'on découvre.
J'ai particulièrement aimé les biographies individuelles dissimulées, de temps à autre, entre deux pages. Et je ne peux que féliciter l'auteure pour les recherches historiques qu'elle a effectué. C'est un ouvrage très détaillé. Certaines longueurs, inutilités, m'ont un peu ennuyée, mais j'ai appréciées les nombreuses illustrations.
Je conseille cette lecture aux adeptes des ouvrages historiques !
 
 
 
Extraits, citations:
 
* Il était [...] en Corrèze, près de Brive, une demoiselle peu fortunée. Elle s'appelait Jeannette Villepreux, savait un peu lire et écrire et gardait ses moutons, chose plus utile aux yeux de ses parents que d'aller à l'école. Un jeune homme des environs la courtisa, mais elle, trop timide et se sentant inférieure, préféra refuser toute avance et n'hésita pas à quitter la ferme de ses parents. Après quelques péripéties au cours du voyage, elle arriva à Orléans puis à Paris où elle fut prise comme apprentie dans une maison de couture, du boulevard Saint-Honoré. Cette maison fut choisie pour exécuter la robe de mariée de la Duchesse de Berry. Effervescence, émotion, espoir de toutes les ouvrières qui cherchent le modèle de la robe idéale; discrétion, pudeur et timidité de Jeannette qui dessine, seule le soir chez elle, la robe idéale. Il est des contes où l'on propose une pantoufle de vair, ici Jeannette proposa le dessin d'une robe de mariée; on l'accepta et la robe fut exécutée selon le modèle de Jeannette. Après le mariage, la Duchesse de Berry fit don de sa robe à la maison de couture qui l'exposa en vitrine. Or, un jour, passa devant cette vitrine un touriste Irlandais qui flânait. Il s'arrêta, admira la robe, entra dans le magasin, apprit qui avait dessiné le modèle, se fit présenter la jeune ouvrière. Le lendemain, Jeannette recevait une gerbe de roses, huit jours plus tard une demande de mariage; un mois après, elle devenait Lady Power. Vive, fine et intelligente, Lady Power s'instruit rapidement. Elle apprend la peinture, l'Italien, l'Anglais, les sciences naturelles; elle réalise des expériences et est appelée princesse de la science; rédige des mémoires, fait bientôt partie de l'Académie des sciences et, en 1841, devient membre de la Société polymatique du Morbihan, deuxième femme à être invitée après Elisa Mercoeur.
* " [...] Il y a dans cette femme quelque chose de si calme et de si saint qu'en la voyant je me crus en présence d'un être supérieur, et ses paroles allaient tellement à mon cœur que mes yeux, je ne sais pourquoi, se remplirent de larmes..." (un anglais, à propos de Jeanne Jugan).
 
 
 
 
Suzy Bess,
Le Toucher Des Pages.


jeudi 7 mai 2015

Le Plus Bel Endroit du Monde est Ici

 
 
Le Plus Bel Endroit du Monde est Ici
Auteurs: Francesc Miralles, Care Santos
Editeur: Fleuve Editions - Pocket
Traduit de l'espagnol par: Alexandra Carrasco-Rahal
Nombre de pages: 189
 
Quatrième de Couverture
 
Iris a 36 ans et des idées noires plein la tête: ses parents viennent de disparaître dans un tragique accident et, en une seconde, toute sa vie a basculé. Par un après-midi froid et gris, elle songe même à en finir. Son regard se pose alors sur la devanture d'un café auquel elle n'avait jamais prêté attention auparavant. Son nom étrange, Le Plus Bel Endroit du Monde est Ici, éveille sa curiosité. L'intérieur est plus intriguant encore, comme sorti d'un rêve. Tout y semble magique, à commencer par Luca, bel italien porteur d'une promesse: le bonheur.
 
Mon Avis
 
Ce livre est empli de poésie et de questionnements sur la vie et le rôle qu'on y tient. Iris ne trouve plus d'intérêt à sa place dans ce monde, la vie s'est imposée à elle funestement en lui ôtant ses parents sans qu'elle puisse leur dire au revoir. A 36 ans, elle ne s'était pas préparée à vivre cette épreuve douloureuse, et à quoi bon se reconstruire lorsque l'on a perdu foi en soi-même et en l'essence même de l'existence ? Un café insolite, deux hommes énigmatiques, et des rencontres inattendues l'aident au fil des pages dans cette reconstruction difficile.
La philosophie environne de toutes parts ce très beau roman qui n'est pas toujours aisé à suivre avec ses énigmes constantes. Ce récit a, pour moi, qu'un seul point négatif: son personnage principal. Iris est tellement désabusée qu'elle ne fait aucun effort pour surmonter la tristesse qui l'habite. Pendant une bonne partie du livre elle m'a été à la limite de l'antipathie car elle s'obstine longuement dans ses pensées négatives; il n'est pas évident d'être mis face à une personne qui a perdue tout espoir lorsque, au contraire, l'on est nous-même habité par ce sentiment. Ceci dit, elle reste sympathique, et ses échanges avec les autres personnages (qui sont parfaits) sont délicieux à lire.
J'ai découvert les subtilités du Haïku et suis tombée amoureuse de cet art !
Les choses les plus simples sont parfois les meilleures et, il n'y a pas à dire, mais dévorer ce roman en buvant un chocolat bien chaud, il n'y a rien de mieux !
 
 
 
Citations:
 
* - [...] Du passé au futur, il n'y a qu'un pas. Les maîtres zen ont beau dire, c'est le présent qui n'existe pas.
- Pourquoi dites-vous cela ?
- Tenez, un exemple très simple: la question que vous venez de me poser est déjà du passé. Et la réponse que je vous donnerai est encore du futur. Lorsque vous l'aurez eue, ce sera du passé, et le futur sera ailleurs. Il n'y a pas de temps pour le présent. Nous allons du passé au futur, lequel devient à son tour du passé. C'est la vie !
 
* [...] Je me réfugiais dans mes rêves, car je n'ai jamais su me battre pour ce que j'aime.
 
* - Tu es un bol rempli de riz blanc. Quelque chose d'indispensable, de simple mais nourrissant. Ni trop lourd, ni trop léger. Précieux par sa nature même, car il a la faculté de s'imprégner de tous les goûts de la vie.
 
* - Pour notre fille, le bonheur a toujours ressemblé à un oiseau. Elle a peur de l'effrayer et de le voir s'envoler.
 
 
 
 
Suzy Bess,
Le Toucher Des Pages.
 
 
 



dimanche 3 mai 2015

Emma

 
 
Emma
Auteure: Jane Austen
Editeur: Le Livre de Poche
Traduit de l'anglais par: Pierre Nordon
Nombre de pages: 512
 
Quatrième de Couverture
 
Publié anonymement en 1816, Emma est l'œuvre la plus aboutie de Jane Austen (1775-1817) et l'un des classiques du roman anglais.
Orpheline de mère, seule auprès d'un père âgé et en mauvaise santé, Emma Woodhouse, à vingt-et-un an, est désormais la maîtresse de maison du domaine de Hartfield. Elle s'est mis en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille pauvre qu'elle a prise sous sa protection. Ce faisant, ne s'est-elle pas attribué un rôle trop ambitieux ? Son inexpérience des cœurs et des êtres, ses propres émotions amoureuses, qu'elle ne sait guère interpréter ou traduire, lui vaudront bien des déconvenues et des surprises.
Autour d'Emma, Jane Austen dépeint avec sobriété et humour, et aussi une grande véracité psychologique, le petit monde provincial dans lequel elle a elle-même passé toute sa vie.
 
Mon Avis
 
Emma est l'un de mes romans favoris parmi ceux de Jane Austen. L'on y prend plaisir à découvrir la vie et les pensées bien souvent frivoles de Emma Woodhouse, jolie jeune femme au rang enviable qui n'a ni conscience de sa beauté et de ses atouts, ni conscience de ses nombreuses erreurs de jugement. Lorsque sa gouvernante adorée se marie - fait dont elle se croie à l'origine - la jeune femme se retrouve seule avec un père pour qui elle doit être aux petits soins, et cette solitude lui pèse. C'est alors qu'elle est présentée à Harriet Smith, demoiselle sans grand espoir d'un avenir glorieux dont Emma va faire sa protégée. Souhaitant vivement lui trouver une situation favorable, notre héroïne va tout organiser pour trouver à Harriet un mari respectable. Et quel meilleur prétendant que ce cher Mr Elton, dont les fréquentes visites à Hartfield (et les nombreux compliments qu'il y fait) sont grandement appréciés ? Quant à Emma elle-même, dont les pensées et les espoirs apaisent autant qu'irritent son beau-frère et ami Mr Knightley, elle se laisse doucement tenter par le charme séducteur de Frank Churchill, désormais beau-fils de son ancienne gouvernante...
J'apprécie beaucoup le fait que pendant la majorité du récit l'on soit confrontés à l'erreur humaine. Emma est un personnage attachant et touchant, elle s'ennuie dans la vie et tente par nombre de moyens d'égayer son quotidien. Elle pourrait s'adonner aux arts, à la lecture, aux études, mais elle se lasse rapidement de tout cela et préfère jouer avec les sentiments des gens. Seulement, le plaisir qu'elle prend à s'imaginer de nombreuses choses s'estompe vite lorsqu'elle se rend compte des méfaits que peuvent occasionner un comportement néfaste. Toutes ses actions viennent d'un bon sentiments et c'est vraiment ce qui me touche car elle est simplement humaine.
 
 
 
 
Citation:
 
* Si le malheur n'a pas assez de prise pour nous empêcher de clore nos paupières, celles-ci ne manqueront pas de s'ouvrir le lendemain matin avec une sensation de soulagement et un renouveau d'espérance.
 
 
 
 
Suzy Bess,
Le Toucher Des Pages.