jeudi 30 novembre 2017

Shining


Shining
Auteur: Stephen King
Editeur: Le Livre de Poche
Traducteur.rice non indiqué.e
Nombre de pages: 575

* Quatrième de Covuerture *

Situé dans les montagnes Rocheuses, L'Overlook Palace passe pour être l'un des plus beaux lieux du monde. Confort, luxe, volupté... L'hiver, l'hôtel est fermé. Coupé du monde par le froid et la neige. Alors, seul l'habite un gardien. Celui qui a été engagé cet hiver-là s'appelle Jack Torrance: c'est un alcoolique, un écrivain raté, qui tente d'échapper au désespoir. Avec lui vivent sa femme, Wendy, et leur enfant, Danny. Danny qui possède le don de voir,de ressusciter les choses et les êtres que l'on croit disparus. Ce qu'il sent, lui, dans les cent dix chambres vides de l'Overlook Palace, c'est la présence du démon. Cauchemar ou réalité, le corps de cette femme assassinée ? ces bruits de fête qui dérivent dans les couloirs ? cette vie si étrange qui anime l'hôtel ?

* Mon Avis *

Suspense et frissons garantis avec ce roman tout simplement excellent !

Jack Torrance est engagé comme gardien de l'hôtel Overlook où il va vivre avec sa femme et leur fils durant tout l'hiver, saison de fermeture de l'établissement. Là-haut, dans la montagne, l'Overlook est isolé de tout et règne en maître, mais l'endroit n'en est pas pour autant calme; au fil des ans, il a gagné une réputation sinistre soigneusement tenue secrète, et ses trois nouveaux habitants vont être spectateurs et acteurs d'évènements terrifiants. Le petit Danny Torrance, cinq ans, possède l'incroyable faculté de voir des choses invisibles aux simples humains, ainsi que certaines visions de l'avenir; et ce qu'il remarque depuis leur arrivée dans l'hôtel ne présage rien de bon: les personnes y ayant trouvé la mort y défilent librement et deviennent même dangereuses car elles semblent servir une chose bien plus monstrueuse qu'eux...

Prenons le célèbre mythe de la maison hantée et isolée, et plaçons-le entre les mains et l'imagination de Stephen King: le résultat est aussi angoissant qu'espéré ! Dès les premières pages, j'ai été plongée dans l'atmosphère oppressante qui entoure la famille Torrance. Jack, le père, a été congédié de son dernier emploi de professeur pour une cause qui nous est dévoilée par fragments; luttant contre son alcoolisme, nous découvrons un homme intelligent et aimant, que l'on a envie d'apprécier malgré ses mauvais côtés. Sa femme, Wendy, se méfie de lui depuis quelques temps bien qu'elle l'aime éperdument, et on comprend son ressenti mitigé; c'est une mère dévouée qui ferait tout pour son fils mais qui jalouse la relation fusionnelle qu'il partage avec son père. Le don du fils, Danny, aux limites inconnues mais que l'on sent puissantes, lui apporte une maturité exceptionnelle et je me suis très vite attachée à ce mélange d'intelligence adulte et d'innocence enfantine qui le caractérise.
Le trio de personnages est vraiment captivant et leur psychologie intéressante à observer au fil des pages. La suite des évènements apporte son lot de sueurs froides et de nuits blanches. Oui, car une fois commencé, il devient très difficile de lâcher ce roman avant d'avoir découvert son dénouement. Et les rebondissements étant nombreux, on ne s'ennuie pas une seconde.

J'ai passé un excellent moment avec ce huis-clos haletant !
 
* Parlons Couverture *

Je n'ai pas vu l'adaptation de ce roman par Stanley Kubrick, et je pense qu'il me faudrait l'avoir regardée pour apprécier pleinement cette couverture, mais c'est avec cette vision du visage de Jack Nicholson que j'ai imaginé son homonyme Torrance. Et, ma foi, ce visage psychotique, carnassier, colle bien avec le personnage et le déroulé de l'intrigue !



Citation:

* Les larmes qui brûlent sont aussi celles qui consolent.



Suzy B.

   

mardi 28 novembre 2017

Keep Me in Mind


Keep Me in Mind
Titre original: "Keep Me in Mind"
Auteure: Jaime Reed
Editeur: La Martinière Jeunesse
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par: Frédérique Fraisse
Nombre de pages: 329

Je remercie Babelio et les éditions de La Martinière Jeunesse pour cette lecture,
lue dans le cadre de la Masse Critique. 

* Quatrième de Couverture *

Lorsqu'elle se réveille sur son lit d'hôpital après un grave accident, Ellia ne reconnaît pas le garçon assis à côté d'elle. Il s'agit pourtant de Liam, son petit ami depuis deux ans. Son petit ami ? Ellia n'en a aucun souvenir. Elle se souvient de son propre prénom. De ses parents. De sa meilleure amie. Elle se souvient qu'elle rêve de travailler dans la mode. Mais pas d'avoir aimé Liam. Et plus celui-ci essaie de la convaincre, plus elle peine à y croire. Dévasté, Liam se lance alors dans l'écriture de leur histoire commune. Ainsi pense-t-il raviver la mémoire d'Ellia. Mais leur véritable histoire est-elle vraiment celle qu'il croit avoir vécue ? Et si, finalement, leur amour n'avait été qu'un leurre ?
 
* Mon Avis *

Mon ressenti a été assez fluctuant durant cette lecture mais, en fin de compte, j'ai tout de même bien apprécié cette histoire.

Liam et Ellia ont l'habitude d'aller courir ensemble, tôt le matin, en cachette de leurs parents qui désapprouvent leur relation amoureuse. Mais un matin, Ellia chute et s'ouvre la tête; après un coma de quelques jours, elle apprend qu'elle a perdu la mémoire des deux dernières années et se rend compte qu'elle ne se souvient absolument pas de son petit ami. Le choc est rude pour le jeune homme qui va alors tenter de poser son désespoir sur papier en écrivant pour Ellia ce que fut, de son point de vue, leur histoire d'amour. L'amnésie rend, de son côté, Ellia très méfiante des gens qui l'entourent et, au fil des jours qui passent, essaie de se reconnaître dans les souvenirs mentionnés par sa meilleure amie Stacey; malheureusement, elle comprend alors qu'elle n'aime pas la fille qu'elle est devenue.

Avec ce roman, je m'attendais à découvrir du romantisme à la "The Notebook", en réalité nous avons un récit très franc racontant la recherche de soi mais aussi le compte-rendu d'une vie idéalisée et ce qu'elle est vraiment devenue.
Ce roman est un young adult, il en ressort donc logiquement un style adolescent, mais je l'ai trouvé ici très exagéré et cela m'a beaucoup dérangé pendant ma lecture. En fait, la faute en revient surtout au personnage d'Ellia, que je n'ai pas beaucoup apprécié... avant que la fin ne me fasse changer d'avis. Suite à son accident, la jeune fille semble trouver son amnésie comme une excuse toute faite pour laisser passer son venin en toute impunité contre tout ce qui la gène. J'adore l'humour sarcastique, mais ici il y en avait trop. Dans un même temps, il est compliqué de juger une personne atteinte d'une amnésie soudaine et qui cherche seulement à se retrouver, chacun réagit différemment selon les circonstances et les caractères. Privée de deux ans de son adolescence, Ellia se rend alors compte qu'elle est très différente de la jeune fille qu'elle voulait être; elle n'a plus les mêmes aspirations, ni les mêmes motivations, sa mentalité a évoluée et elle ne se reconnaît plus. Alors qu'elle cherche à trouver qui elle est réellement, Liam est là, lui rappelant inconsciemment cet oubli qu'elle ne peut combler, apportant dans son sillage frustration et peur insidieuse. Le jeune homme souffre tout autant de l'amnésie de celle qu'il aime éperdument, et sa thérapie va être l'écriture: "J'allais écrire l'histoire d'Ellia et moi, notre rencontre, comment nous étions tombés amoureux. La totale. Ce serait le récit épique d'un amour trouvé et perdu, avec le réalité crue que les comédies romantiques passent sous silence.", évoque-t-il. J'aurai aimé que l'héroïne lisent les extraits de cette histoire petit à petit, au fil de leur création - et en même temps que nous -, mais l'auteure a choisi, avec son roman à deux voix alternant le point de vue de Liam et celui d'Ellia, un autre chemin et cela ajoute peut-être de la force à la partie finale qui m'a tant plu. En effet, les derniers chapitres m'ont réconciliée avec tout le reste et m'ont fait prendre du recul.

Si j'aurai préféré que l'héroïne soit moins amère dans ses pensées, j'ai tout de même bien aimé cette histoire qui, en somme, est touchante et pose des questions intéressantes concernant les êtres que nous imaginons tous devenir un jour et l'évolution qui a réellement lieu: comment pensiez-vous évoluer il y a quelques années ? Êtes-vous fiers de la personne que vous êtes aujourd'hui ?
 
* Parlons Couverture *

J'adore cette couverture ! Bien que contenant peu d'éléments, elle est pleine de symboles relatifs au roman: d'abord, cette photographie en noir-et-blanc, par David Lees, représentant Ellia; les yeux fermés, elle semble réfléchir (chercher à se souvenir ?). Puis le titre (signifiant "garde-moi à l'esprit") d'une couleur franche mais subtilement flouté, ce qui rappelle donc l'amnésie. Enfin, ce fond blanc, pur, tel une toile vierge qu'il faudrait remplir de souvenirs. Vraiment, je trouve cette composition parfaite et, pour une fois, bien meilleure que l'originale que je vous montre ci-dessous:



Citations:

* - Soit tu fuis quelque chose, soit tu te précipites vers quelque chose. Dans les deux cas, il faut que ça vaille le coup de souffrir.

* Un seul mot d'ordre: mouvement. C'était la seule vérité que je comprenais. Les êtres vivants bougent. Un battement de coeur. Un souffle. Un objectif. Le mouvement est une condition vitale.

* - Elle a peur que tu...
- ... t'accroches à de faux espoirs, complétai-je.
Une expression stupide, soit dit en passant. L'espoir peut être fou ou anéanti, mais faux ? L'espoir est toujours vrai, même s'il n'y a aucun élément pour le conforter.

* - Il est 08:02 un samedi et je suis amoureuse de toi.
Je la regardais avec des yeux de merlan frit en me demandant si je rêvais.
- Eh oui, continua-t-elle en arpentant le porche. Je t'aime. Je te dis ça maintenant parce qu'à 05:28 exactement, ce matin, je me suis réveillée avec cette certitude et il fallait que je te le dise. Parce qu'entre nous, je n'ai jamais ressenti... c'est bizarre et excitant à la fois. J'ai la trouille et c'est normal parce que les gens ont la même réaction face à un phénomène comme un Ovni ou le yéti. Mais je ne peux pas le filmer. Il fallait que je le dise à quelqu'un pour que ça existe. Et qui est la personne la mieux placée que celle qui est concernée, hein ? Alors me voilà. J'ai lâché le morceau. Ignore cette réaliste, rejette-la, explore-la... En tout cas, maintenant, tu en es responsable toi aussi.
Elle regarda à nouveau son téléphone.
- Il est à présent... 08:04 et je t'aime encore. A priori, ça ne s'en va pas.

* Ce n'étaient pas les gens en pleurs qui m'émouvaient, c'étaient ceux qui retenaient leurs larmes. J'étais troublé par cette bataille interne qui se lisait sur chaque muscle crispé de leur visage - les lèvres pincées, les yeux plissés, le barrage des yeux prêt à céder, le sanglot étouffée que l'on voulait faire passer pour un éclat de rire. Vous saviez qu'ils finiraient par perdre cette bataille parce que vous perdiez lentement la vôtre.

* - On ne peut pas se contenter d'aimer les bons côtés d'une personne. Une fois que tu as vu les mauvais, soit tu l'aimes pour ce qu'elle est, soit tu l'aimes en dépit de ce qu'elle est.

* - Aimer quelqu'un, c'est le voir sous son pire jour et s'accrocher quand même.



Suzy B.

  

jeudi 23 novembre 2017

Emulsion: Au-Delà du Visible


Emulsion:
Au-Delà du Visible
Auteure: Vanaly Nomain
Editeur: Auto-éditée
Nombre de pages: 373

Je remercie l'auteure pour cette lecture !

* Résumé *

Deux mondes. Deux amours. Un choix impossible.
Une quête de soi qui transporte Maïa dans un voyage mystique et quantique, mêlant Orient et Occident, illusion et réalité, au coeur de l'amour éternel.
Emulsion, ce sont des âmes qui se cherchent et ne se trouvent pas. Le visible et l'invisible, unis dans une émulsion alchimique.
Du Laos à la France, dans l'esprit de la jeune fille de quinze ans, tout se mêle, se chevauche, se lie. Mais la rencontre avec un étrange garçon bascule sa vie et lui impose de faire le choix d'un destin dans un monde en perdition.
 
* Mon Avis *

Ce roman est fascinant et indéfinissable, mes sentiments n'ont pas arrêté de se modifier durant ma lecture.

Maïa a passé les dix premières années de sa vie au Laos en compagnie de son grand-père, un puissant chaman qui exerçait son métier malgré l'interdiction des autorités. Jusqu'au jour où il fut arrêté tandis qu'il était en train de faire passer un mystérieux rituel à sa petite-fille, qui fut alors envoyée vivre en France chez son père. Cinq ans plus tard, et bien qu'aidée de ses trois grands frères, Maïa ne s'est jamais sentie chez elle, ni bien dans sa peau. Le sentiment de rejet qui l'habite ne va pas aller en s'estompant lorsqu'elle va comprendre, suite à une série de maladresses, que son corps a la capacité de disparaître sans qu'elle ne puisse rien y changer. Puisant de réconfort dans le désir réciproque qu'elle ressent pour Arnaud, le meilleur ami de l'un de ses frères, la jeune fille va être déstabilisée par la présence de l'énigmatique Aël, dont l'apparition soudaine va remettre en doute tous ses sentiments. Le jeune homme lui promet un monde en paix, différent de celui dans lequel elle évolue où commence à s'affirmer un mouvement écoterroriste inquiétant.

Cette histoire est un mélange des genres assez original, qui nous mène dans des endroits insoupçonnés. Aussi poétique qu'engagée, elle nous fait découvrir une héroïne mal dans sa peau, coincée dans un triangle amoureux, qui aura à faire un choix qui déterminera non seulement son avenir, mais également celui de toute une population. Seulement c'est un fait qu'elle ignore, elle est à la recherche d'une chose qu'elle ne comprend pas, que nous ne comprenons pas nous-mêmes. Et tout l'univers si particulier de ce livre tourne autour de cela: l'incompréhension. Il m'a été difficile de savoir où l'auteure voulait m'emmener, mais il n'est pas besoin de comprendre pour se laisser porter par le lyrisme ambiant de ces pages et par la beauté des descriptions.
Vanaly Nomain nous raconte un récit qui reste donc mystérieux du début à la fin, explorant d'une manière parfois onirique, parfois scientifique, en passant par un style plus young adult et fantastique, des évènements qui se suivent mais ne se ressemblent pas. Histoires d'amours, recherche d'identité et de vérités, combat pour ses convictions, foi en soi et en ses croyances, sont alors autant de thèmes abordés et relevés par un pouvoir dont nous ignorons l'étendue.
Je n'ai pas toujours su si un détail que je lisais aurait une réelle importance pour la suite, et ayant une fâcheuse tendance, dans mes lectures, à anticiper le déroulement de l'intrigue, j'ai ici été surprise à chaque chapitre. C'est une expérience déroutante et j'ai quelques fois trouvé que certains faits étaient moins puissants que je ne l'espérais, comme un soufflé qui retombe... mais qui se regonfle toujours; car immanquablement, les mots de Vanaly Nomain me fascinaient à nouveau. Je suis passée par des moments de lecture d'une intensité incroyable, quelle sensation sublime ! Plus rien n'existait autour de moi que les lignes du livre et les images qui se matérialisaient dans mon imagination; j'ai ressentie une réelle énergie m'habiter, comme si j'étais en pleine méditation.

Il est complexe de parler de ce roman tellement il est spécial et son effet sur le lecteur, particulier; je n'en dirai donc rien de plus, c'est une oeuvre à découvrir seul, en toute objectivité.
Ce récit est assez décousu dans sa construction, certaines choses se passent lorsqu'on ne s'y attends pas, mais il est d'une profondeur intéressante et original. Il a su m'envoûter comme rarement cela m'est arrivé !
 
* Parlons Couverture *

Ce roman possède deux couvertures, aussi jolies l'une que l'autre. J'ai présenté cet article avec la version définitive, mais je dois avouer que ma préférence va à celle avec laquelle j'ai découverte cette histoire:
D'un bleu presque abyssal, avec cette silhouette émergeant de nulle part et entourée de bulles d'air, le thème central de l'eau exploité dans le roman est bien représenté et la part de fantastique bien perceptible, je trouve. J'adore !



Citations:

* Tant d'énergie pour paraître. Tant d'énergie pour faire semblant et prouver qu'on existe.

* - Tu t'es déjà dit qu'en réalité la connaissance est une question de foi ? poursuit Aël, énigmatique.
- Comment ça ? je demande en chuchotant comme pour moi-même, ayant trop peur de me faire remarquer.
- Que la manière dont se fait l'apprentissage dans ce monde est périmée, digne du temps des dinosaures. Qu'est-ce qui prouve que ce qu'ils racontent est vrai ? Si tu regardes de près, tout est basé sur des théories et des concepts issus de postulats, le commencement de toute théorie n'est basé sur aucun fait. Donc, il faut avoir la foi pour y croire ou juste être conditionné...

* Il ne nous vient pas à l'idée que ce que des adultes nous distillent comme des vérités absolues, puissent être fondamentalement erronées, et il est donc inenvisageable de remettre le système éducatif en question.
Notre vrai objectif n'est pas de savoir et de comprendre réellement, mais d'obtenir une bonne note, un passeport pour la suite dont l'objectif est encore d'obtenir un autre passeport pour la prochaine suite. Et une fois qu'on aura reçu notre première fiche de paie, se faire prendre enfin au sérieux et faire partie des élites. Voilà à quoi sert d'étudier. Tous les parents ressassent la même chose "après, tu feras ce que tu voudras". Le problème, c'est qu'"après" il est trop tard. "Après" avoir été moulé pour un système donné, il est impossible d'en sortir sans se marginaliser, impossible même de penser qu'il y a un problème dans le système.
Bien sûr, tout le monde sent que le monde ne tourne pas rond, mais personne n'ose avouer que le problème vient de la structure même de nos pensées, de nos émotions et de l'architecture du monde qui en découle.

* Le bonheur, c'est comme le vent, ça ne se retient pas, ça ne s'emprisonne pas. Il faut juste le sentir quand il vous effleure. Le bonheur, c'est un sentiment fugace.

* Dans notre monde, on peut être adulé comme un dieu ou haï comme le diable, sans n'avoir rien fait.

* "une réponse appelle d'autres questions qui engendrent un cycle infini de souffrances" avait écrit grand-père dans sa lettre. C'est donc ça la vie ? Ce cycle effroyable de questions infinies.



Suzy B.

  

mercredi 22 novembre 2017

Les Premières Aventures d'Arsène Lupin


Les Premières Aventures d'Arsène Lupin
Auteur: Maurice Leblanc
Editeur: Omnibus, édition illustrée
Nombre de pages: 640

Je remercie Babelio et les éditions Omnibus pour cette lecture,
lue dans le cadre de la Masse Critique. 

* Quatrième de Couverture *

"Vous allez pouvoir découvrir une oeuvre sensationnelle, appelée à un retentissement énorme: les surprenantes, mystérieuses, inattendues, originales et passionnantes aventures du génial escroc Arsène Lupin, dont l'habileté et la chance infernales dépassent tout ce que nous savons jusqu'ici des tours de force les plus extravagants des grands aventuriers."



 
* Mon Avis *

D'Arsène Lupin, je ne connaissais que trois choses: sa réputation immuable, le film de 2004 de Jean-Paul Salomé avec Romain Duris dans le rôle titre, et la chanson de Jacques Dutronc. Je suis donc très heureuse d'avoir enfin pu découvrir le célèbre cambrioleur sous la plume de son créateur.

Arsène Lupin est un voleur de haut vol au comportement très particulier: quand il ne prévient pas ses victimes de son futur larcin, il laisse une carte de visite pour signer son crime et s'exprime via les journaux. Changeant d'apparences autant que d'identités, il aime manipuler son monde et a créé un vaste réseau de cambriolages et de revente d'objets volés. Poursuivi par son éternel ennemi l'inspecteur Ganimard, mais aussi pourchassé par les brillants et redoutables Isidore Beautrelet, jeune lycéen, ainsi que Herlock Sholmès et son accolyte Wilson, Arsène Lupin prête aussi parfois main-forte aux enquêteurs pour résoudre des énigmes particulièrement complexes. Mais son narcissisme et son insouciance, tout comme sa tendance à vouloir jouer avec le feu, lui promettent autant de succès que de déconvenues.


Faire la connaissance d'Arsène Lupin, c'est découvrir un personnage haut en couleurs, drôle, entrainant et fantasque, mais dont la frivolité cache une profondeur d'esprit aussi intéressante qu'émouvante. Cette jolie édition Omnibus contient 18 nouvelles séparées en deux sections: "Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur" et "Les Confidences d'Arsène Lupin", ainsi que les deux épisodes de "Arsène Lupin contre Herlock Sholmès" et le roman "L'Aiguille Creuse". Si ma lecture de tous ces récits, assez différents les uns des autres, m'a parue très longue sans que je me l'explique, j'ai trouvé ces histoires vraiment captivantes. Raconté par le seul ami de Lupin (à la manière des écrits de Sir Arthur Conan Doyle menés par John Watson), et accompagné de très belles illustrations, nous ne suivons pas seulement le héros mais aussi, et beaucoup même, les regards extérieurs, les seconds rôles - victimes ou enquêteurs -, ce qui est finalement assez intrigant et ajoute au mystère du gentleman cambrioleur. J'ai adoré le clin d'oeil (ou hommage) lancé par Maurice Leblanc au célèbre Sherlock Holmes, bien qu'il soit ici caricaturé et ne possède pas cette puissance qu'il a sous la plume de Conan Doyle.
J'aime beaucoup les énigmes et l'auteur construit ses aventures de telle sorte que nous comprenons bien souvent les affres des mystères qu'au dénouement de l'intrigue. C'est agréable et pose le héros en être d'autant plus intelligent. Mais j'ai aussi apprécié qu'Arsène Lupin ait des failles et ne soit pas si parfait qu'il aimerait l'être.

De fait, je suis bien contente d'avoir lu ces histoires et aurai même apprécié qu'il y en ai plus, cela m'aurait permis de comprendre, par exemple, certaines mentions à d'autres affaires du cambrioleur.
Cette lecture fut longue mais forte sympathique, et le côté historique m'a forcément parlé !





Citations:

* - Ce que ne peuvent ni les circonstances ni les hasards contraires, la volonté et l'obstination d'un homme le pourront.

* On eût dit que la sensation du péril lui causait une joie physique, et que l'existence n'avait pas d'autre but pour cet homme extraordinaire que la recherche de dangers qu'il s'amusait ensuite à conjurer.





Suzy B.

  

mardi 21 novembre 2017

PAL +2 et...


Pile A Lire +2 et...



...des surprises !

Bonjour les Nomades ! La semaine dernière, j'ai reçu de très jolies choses:


SP

* Keep Me in Mind, de Jaime Reed.
Résumé: Lorsqu'elle se réveille sur son lit d'hôpital, Ellia ne reconnaît pas le garçon assis à côté d'elle. Il s'agit pourtant de Liam, son petit ami depuis deux ans. Son petit ami ? Ellia n'en a aucun souvenir. Elle se souvient de son propre prénom. De ses parents. Et de sa meilleure amie. Elle se souvient qu'elle rêve de travailler dans la mode. Mais pas d'avoir aimé Liam. Et plus celui-ci essaie de la convaincre, plus elle peine à y croire. Alors Liam, dévasté, se lance pour elle dans l'écriture de leur histoire commune. Ainsi pense-t-il faire renaître les sentiments d'Ellia pour lui. Mais leur histoire est-elle vraiment celle qu'il croit avoir vécue ? Et si, finalement, celle-ci n'avait été qu'un leurre destiné à dissimuler leurs histoires respectives ?

Je remercie Babelio et sa Masse Critique, ainsi que La Martinière Jeunesse pour cet envoi. Ce roman me tentait énormément et j'ai bien hâte de le découvrir !

*****
* Daringham Hall, tome 1: L'Héritier, de Kathryn Taylor.
Résumé: Jeune vétérinaire, Kate se rend fréquemment chez les Camden, propriétaires de Daringham Hall, un manoir cossu en plein campagne anglaise. Sur place, Ralph, le patriarche du clan est sens dessus dessous: il a reçu un pli d'avocat lui notifiant que Ben Sterling, un entrepreneur américain qui a fait fortune dans les nouvelles technologies, serait son fils. Au sein de la famille, cette lettre fait l'effet d'un coup de tonnerre. Ben a clairement l'intention de venger sa mère, de réclamer sa part d'héritage et de s'approprier le titre de baronnet, qui échoit à l'aîné des héritiers. Mais, le jour où Ben décide de se rendre sur place pour affronter les Camden, il est victime d'une double agression, qui le laisse amnésique. Kate lui vient alors en aide...

Recevoir ce livre a été une vraie surprise ! Les éditions de l'Archipel ont proposé plusieurs SP dernièrement, j'ai tenté ma chance pour ce roman qui correspond tout à fait à mon style de lecture en ne pensant pas du tout être sélectionnée. Et voilà que je le trouve sans crier gare dans ma boîte aux lettres. Et il était, de plus, accompagné de jolis marques-pages:

 
Curieusement, l'amnésie est le point commun des romans que j'ai reçu, j'aime beaucoup cette coïncidence ! 


Cadeau

* Le Point: Harry Potter

Et pour terminer, ma Chère Maman m'a fait le joli cadeau que voilà: le magazine hors-série spécial "Harry Potter" sorti ce mois-ci et qui était trouvable quasiment nulle part. Je suis ravie !




Suzy B.

  

dimanche 5 novembre 2017

PAL +1

  
Pile A Lire +1 



Bonsoir les Nomades !

Cette semaine, j'ai reçu une chouette proposition de SP:

* Emulsion: Au-Delà du Visible, de Vanaly Nomain.
Résumé: Deux mondes. Deux amours. Un choix impossible. Une quête de soi qui attire Maïa dans un voyage mystique et quantique, mêlant Orient et Occident, illusion et réalité, au coeur de l'amour éternel. Emulsion, ce sont des âmes qui se cherchent et ne se trouvent pas. Le visible et l'invisible, unis dans une émulsion alchimique. Du Laos à la France, dans l'esprit de la jeune fille de quinze ans, tout se mêle, se chevauche, se lie. Mais la rencontre avec un étrange garçon bascule sa vie et lui impose de faire le choix d'un destin dans un monde en perdition.

L'auteure m'a contacté pour me proposer de découvrir son roman, et quand on lit ce résumé vraiment intriguant... difficile de résister ! J'ai hâte de lire cette histoire.



Suzy B.

 

jeudi 2 novembre 2017

Bilan Lecture Octobre 2017


Bilan du mois d'Octobre 2017



Ouh... ce fut un petit mois les Nomades !

En Octobre, j'ai lu assez lentement et, dans l'ensemble, des lectures intéressantes, que j'ai bien aimé, ainsi qu'une relecture Coup de Coeur ! :D

 
* Mes Lectures *

* Salem, de Stephen King.
Une lecture angoissante idéale pour ce mois d'Halloween puisqu'elle parle de vampires. J'ai bien aimé !

* Bittersweet, de Colas Droin.
Très jolie découverte que ce petit roman que j'ai eu grâce à une Masse Critique de Babelio. Cette histoire est émouvante !

* CHERUB, Mission 12: La Vague Fantôme, de Robert Muchamore.
Un tome que je redoutais mais que j'ai apprécié. J'ai désormais hâte de lire ce que va donner la suite sans le héros principal.

* La Belle et le Télépathe, de Georges Moussa.
Je n'ai pas accroché à la plume de l'auteur, cependant l'histoire est captivante et le message passé, très beau.

* Une Vie Entre Deux Océans, de M.L. Stedman.
Un roman avec moins de rythme que je n'escomptais mais intelligent et psychologique.

Avis partagé pour cet ouvrage. La première pièce m'a parue très drôle et la seconde ne m'a pas emballée...

* Jane Eyre, de Charlotte Brontë.
Cette relecture était, est, et restera un Coup de Coeur. J'ai pris beaucoup de plaisir à redécouvrir ces pages comme si c'était la première fois. Cette histoire me charme tellement !
 
  
* Evolution de la PAL *

Prêts: Shining et CHERUB #13.

Masse Critique Babelio: Les Premières Aventures d'Arsène Lupin.

Gain Concours: Everything, Everything, gagné chez Les Instants Volés à la Vie.


J'ai été très sage ce mois-ci en ne recevant que quatre ouvrages. En ayant lu sept, il advient que ma Pile A Lire a baissé de trois titres par rapport au mois dernier et en comptabilise donc désormais 85
Je suis donc EN-CHAN-TEE !!!




(l'image du mois: un montage photo de l'adaptation 2006 de "Jane Eyre")


 
Et vous, votre bilan ?



Suzy B.

  

mercredi 1 novembre 2017

Jane Eyre


Jane Eyre
Titre original: "Jane Eyre"
Auteure: Charlotte Brontë
Editeur: Presses Pocket
Traduit par: Sylvère Monod
Préface et commentaires de: Catherine Lanone et Hubert Teyssandier
Nombre de pages: 736

* Quatrième de Couverture *

Lire et voir les classiques: la collection de référence qui allie le texte et l'image. Dans chaque volume, le texte intégral, un préface, un dossier historique et littéraire, un cahier iconographique en couleurs.

Depuis sa publication en 1847, "Jane Eyre" n'a jamais cessé d'être l'un des romans anglais les plus célèbres et les plus admirés. Ce drame de la solitude et de la servitude, baignant dans un inoubliable climat d'étrangeté, est ici étudié sous tous ses aspects grâce à une documentation en partie inédite en français: réactions à la publication du livre, correspondance, articles de presse et extraits de romans de l'époque.
  
* Mon Avis *
Coup de Coeur

Après les oeuvres de Jane Austen, il n'est de roman que j'aime tant que "Jane Eyre", de Charlotte Brontë.

Depuis la mort de ses parents, Jane Eyre est élevée à Gateshead par Mrs Reed, sa tante qui la déteste et ignore délibérément les maltraitances dont elle est victime de la part de son cousin. A ses dix ans, elle est envoyée en pension à Lowood, un école insalubre où les élèves travaillent aussi durement qu'elles sont peu nourries. Huit ans plus tard, Jane est engagée comme gouvernante à Thornfield, un manoir appartenant au sombre monsieur Rochester, où elle va avoir à charge l'éducation d'une fillette française, Adèle. Au fil du temps qui passe, la jeune femme s'attache de plus en plus aux habitants de Thornfield, et en particulier à son patron, tout farouche qu'il est; malheureusement, la demeure recèle un terrible mystère que la jeune femme est tout près de découvrir.

"Jane Eyre" est un roman fabuleusement bien écrit; mêlant un côté gothique à une romance passionnante, il est raconté sous la forme d'une biographie et aborde avec impétuosité les thèmes de la pauvreté, des convenances à respecter sous le règne victorien, et de la recherche de liberté et de bonheur à une époque où les statuts, les titres et les richesses définissaient les gens. C'est un roman intelligent et écrit avec une passion que l'on ressent à chaque instant.
Jane est une héroïne qui ne ressemble pas aux autres: Charlotte Brontë casse les codes du XIXème siècle en nous présentant une jeune femme laide, indépendante, audacieuse et professionnellement active; son passé est sa faiblesse, elle est tourmentée mais forte, on s'attache profondément à elle. Monsieur Rochester, lui, est tout aussi laid et de nature sauvage, brusque, cependant son intelligence et la complicité qui, rapidement, le lie à notre héroïne le rendent tout de suite intéressant et même séduisant.
Tout est fait pour que l'on ne veuille plus lâcher ce livre: du tragique de la vie de Jane, des afflictions qu'elle subit avec dignité les unes après les autres, on passe par de la romance dont les déclarations d'amour comme les ruptures sont absolument sublimes; des pérégrinations de l'héroïne aux récits intérieurs, l'histoire va toujours au fond des sentiments de cette gouvernante et de ses idées féministes, et, en peu de mots, il nous est permis de comprendre également ceux des personnes qui l'entoure. Le récit torturé est parfois rehaussé de notes d'humour - surtout lorsque Jane et M. Rochester conversent ensemble - qu'il est agréable de ressentir, mais vraiment chaque ligne nous donne envie d'aller plus loin et ce ne sont pas les secrets de Thornfield qui modifieront cela !

A la fin de cette édition, un dossier historique nous permet de comprendre la conception de ce roman - s'il paraît tellement authentique, c'est que l'écrivaine a elle-même vécu certaines des épreuves que rencontre sa protagoniste principale -, son accueil par la critique et l'historique global de la vie des Brontë; c'est vraiment très intéressant !

Cela fait maintenant plusieurs fois que je lis ce récit, et je ressens à chaque fois le même enthousiasme, la même exaltation, que lors de ma première lecture ! J'aurai tant à dire et pourtant il me serais impossible de retranscrire mon sentiment exact envers cette histoire. Je crois que je ne me lasserai jamais de lire "Jane Eyre"; ce roman est puissant, intelligent et émouvant !
 
* Parlons Couverture *

Cette collection se spécialise dans la lecture de classiques en intégrant quelques pages imagées - que l'on trouve en milieu d'ouvrage -, nous avons en conséquence une couverture peu conventionnelle, pas très jolie mais intéressante. Nous découvrons les premières lignes du roman avec, de haut en bas: le portrait de Charlotte Brontë; une vue de Haworth, où elle vécu avec sa famille; une peinture de Richard Redgrave, "La Gouvernante Pauvre", représentant l'isolement de ces femmes qui n'étaient considérées ni comme des membres de la famille, ni comme des domestiques; et une image de l'adaptation de 1944 montrant Joan Fontaine en Jane Eyre (Orson Welles jouait alors M. Rochester).



Citations:

* - Si le monde entier te haïssait et te tenait pour méchante, alors que ta propre conscience t'approuverait et t'absoudrait de toute faute, tu ne serais pas sans amis.

* Quand je croyais à quelque chose j'avais envie de le voir.

* Il est vain de prétendre que les êtres humains doivent se satisfaire de la tranquillité; il leur faut du mouvement; et s'ils n'en trouvent pas, ils en créeront.

* Les pressentiments sont d'étranges choses, de même que les sympathies et les présages; les trois réunis constituent un seul et même mystère dont l'humanité n'a pas encore trouvé la clef. Jamais de ma vie je ne me suis moquée des pressentiments, car j'en ai moi-même éprouvé d'étranges. Il existe, je crois, des sympathies dont le mécanisme déroute l'intelligence humaine (par exemple entre des parents très éloignés, séparés depuis longtemps, complètement détachés l'un de l'autre, mais qui se reconnaissent, malgré leur désaffection, la source unique à laquelle remonte l'origine de chacun). Quant aux présages, pour autant que nous le sachions, ils ne sont peut-être que la manifestation d'une sympathie entre la nature et l'homme.

* - On peut exprimer autant de sentiment en un mot qu'en cent, si c'est un mot venu du coeur.

* La sensibilité sans le jugement n'est en vérité qu'une potion bien insipide; mais le jugement qui n'est pas tempéré par la sensibilité est une substance trop amère et trop rugueuse pour pouvoir être avalée par un gosier humain.

* - Merci, monsieur Rochester, de votre grande bonté. Je suis étrangement heureuse de me retrouver avec vous; car l'endroit où vous êtes, quel qu'il soit, est celui où je suis chez moi, le seul où je sois chez moi.

* Il n'est pas de plus grand bonheur que d'être aimé par son prochain et de sentir qu'on contribue par sa présence à la satisfaction d'autrui.

* Au nombre de mes imperfections figure celle-ci: si ma langue est parfois assez prompte à la riposte, il y a des moments où elle me fait cruellement défaut pour ce qui est d'inventer une excuse; et ces défaillances se produisent toujours à un moment critique, quand j'aurais particulièrement besoin d'un mot aisé ou d'un prétexte plausible pour me tirer d'un embarras pénible.

* - Les êtres humains ne goûtent jamais un bonheur parfait en ce monde. Je ne suis pas née pour connaître un destin différent de celui du reste de l'espèce.




Suzy B.