jeudi 21 novembre 2019

"La Terrifiante Histoire de Prosper Redding", Alexandra Bracken


La Terrifiante Histoire de Prosper Redding,
tome 1: Une Alliance Diabolique
Titre original: "The Dreadful Tale of Prosper Redding"
Auteure: Alexandra Bracken
Édition: France Loisirs
Traduit de l'anglais (États-Unis) par: Cécile Magné
Nombre de pages: 361

* Quatrième de Couverture *

Vivre avec un démon - un véritable démon ! - à l'intérieur de soi n'est pas chose facile... Surtout si votre famille, après l'avoir découvert, veut vous faire disparaître...

Prosper Redding, pourtant, va devoir s'habituer. Alastor, le démon qui, progressivement, prend possession de lui,  ne semble pas décidé à le laisser tranquille. Il a des comptes à régler avec la famille Redding et Prosper fait partie de son plan.

Prosper pourra-t-il compter sur l'aide de son oncle Barnabas et de sa cousine Nell ? Ou sera-t-il obligé, comme l'ont fait ses ancêtres, de pactiser avec Alastor ?

Car les Redding pourraient s'avérer plus dangereux et démoniaques que le démon lui-même... Et Alastor serait alors le seul capable de le protéger !
 
* Mon Avis *

Ce roman jeunesse est une excellente surprise !

La vie de Prosper Redding est menacée le jour où lui et toute sa famille apprennent que son corps est l'hôte d'un malfaisant, un démon capable d'influencer la vie de ceux avec qui il passe un contrat, nommé Alastor. Décidés à tuer le démon pour faire perdurer la prospérité de la famille, les Redding sont prêts à faire du mal à Prosper. Mais celui-ci est enlevé in-extremis et recueilli par son oncle Barnabas et sa cousine Nell, une jeune sorcière aux dons prometteurs, qui lui proposent alors leur aide. Dans leur étrange maison, le trio commence à échafauder un plan visant à se débarrasser d'Alastor, mais voilà que ce dernier se met à avertir Prosper d'un sombre danger et à prendre possession de son corps...

J'ai acheté ce livre un peu par hasard, sa couverture et son résumé m'attirant plutôt bien. Et autant dire que je suis ravie: j'ai adoré cette lecture ! Je ne connaissais pas encore la plume d'Alexandra Bracken, bien que j'ai beaucoup entendu parler de ses sagas (Darkest Minds, Passenger). Entraînante et pleine d'humour, elle sait comment faire frissonner les jeunes lecteurs et angoisser les plus grands; l'art du suspense est maîtrisé et nous réserve quelques surprises ! En effet, cette énième histoire mêlant le fantastique à un univers contemporain parvient à surprendre, les bases sont bien pensées et le tout se révèle captivant tout en gardant une part de mystère.

Entre démonologie et sorcellerie, ce roman a le potentiel de séduire un large public. Pour ma part, il me tarde de découvrir la suite, et cette découverte de l'auteure m'a d'ores et déjà donné envie de lire ses autres œuvres !
 
* Parlons Couverture *

Comme spécifié un peu plus haut, c'est cette très jolie couverture d'Anaïs Albar qui m'a d'abord attirée: ce style "découpage de papier" noir sur un fond argenté a un rendu superbe, j'en suis fan ! Et il y a tant de détails ! De plus (et c'est sans doute assez étrange à dire) la couverture est douce, comme une très légère sensation de velours; je me demande comment ce résultat a été obtenu mais c'est en tout cas bien agréable d'avoir ce livre entre les mains (je vous vois de là: n'allez pas imaginer que je l'ai caressé pendant des heures !). L'illustration de l'édition américaine présente une autre facette de l'histoire; bien que jolie également, je préfère, pour une fois, notre version française !


Citations:

* Tu parles de l'amitié comme d'un troc.
Toute relation est une transaction. Chaque prétendue amitié commence par une promesse qui doit être tenue par les deux parties.

* [...] Être différent, être soi plutôt que ce que les autres veulent que l'on soit, constitue un acte de bravoure.

* [...] Parfois, il faut juste vivre avec ses déceptions et attendre que le tranchant de leur lame s'émousse.

* Désespoir, songeais-je. Ce mot terrible. Sa terrible capacité à tout dévorer.


Suzy Bess.
  

"La Mort Devant Soi, tome 2: Reste nos Pas Dans la Poussière", Ophélie Curado


La Mort Devant Soi,
tome 2: Reste nos Pas Dans la Poussière
Auteure: Ophélie Curado
Éditeur: Auto-édité
Nombre de pages: 268

* Quatrième de Couverture *

Il ne reste plus que trois jours à vivre à Mélina Flores. Et avec ce terrible compte à rebours, vient se greffer cette prophétie: elle va mourir seule, sans personne à ses côtés... Comment alors, continuer de garder espoir, quand on sait que les autorités s'acharnent à la séparer de Marshall Sawyer, l'homme qu'elle aime ?

Pour Mélina, il est temps de faire face aux conséquences de ses actes, semer les autorités et sauver ce qui peut l'être encore. Dans ces dernières heures, elle fera la rencontre d'une adolescente rebelle, élevée dans un trailer park; ballottée entre une mère alcoolique et un amant plus âgé. Avec cette gamine aux cheveux rouges, Mélina partira à la rencontre de son destin, dans l'espoir d'atteindre les casinos de Las Vegas. Mais au jeu comme en amour, il y a toujours beaucoup à perdre.

Dans ces derniers instants qui se bousculent, entre les rencontres de passage, les secrets de ceux en qui on avait confiance et les récits de vie qui nous remettent à notre place, Mélina n'aura de cesse d'osciller entre espoir et fatalité. Elle comprendra alors trop tard que ce n'est pas la destination qui compte, mais la saveur du voyage...
 
* Mon Avis *

Il me tardait de découvrir le final de cette histoire; l'occasion de sortir cette suite de ma pile à lire s'est enfin présentée.

Mélina a découvert la date de sa mort. Alors que les derniers jours se profilent, elle se retrouve soudainement séparée de Marshall. Son objectif de quitter l'état pour échapper au funeste destin qui l'attend est alors ébranlé. Mais une rencontre pourrait bien l'ouvrir à d'autres motivations.

On retrouve la plume soignée et minutieuse de l'auteure. L'action ne faiblit pas, et l'héroïne, toujours sur la route, ne cesse de se poser des questions alors que le jour de sa mort approche. Le stress de ne pas savoir de quelle manière elle va cesser d'être, la peur de la fatalité de la fin, le choc d'être séparée de Marshall provoquent chez Mélina un comportement parfois difficile à comprendre; ses réactions sont proportionnelles à son bouleversement mais son côté passionné paraît souvent exacerbé. Si j'espérais une présence plus importante des hommes de la SAM, j'ai été déçue: ils sont quasiment inexistants au cours de ce tome alors qu'ils sont à l'origine même de l'histoire.
Le récit de la jeune femme aux cheveux rouges que rencontre l'héroïne au cours de son road trip, quant à lui, est particulièrement intéressant: les chapitres la concernant m'ont captivés.
La plume d'Ophélie Curado est toujours aussi précise, une profusion de détails qui a cependant tendance à alourdir le récit; il suffit parfois de plus de simplicité pour permettre au lecteur de s'immerger dans un univers en le mêlant à son propre imaginaire, ce qui est un peu plus difficile ici. Néanmoins, la réflexion de cette histoire est touchante, et le désespoir et la nostalgie semblent ancrés derrière chaque mot, ce qui en fait une lecture intense. D'ailleurs, le final, inéluctablement logique, est d'une mélancolie profonde.

Le style dense de l'auteure habite chaque page, pour une lecture apportant son lot de questions existentielles qui vous feront peut-être réfléchir à vos propres attentes.
 
* Parlons Couverture *

Cette composition de l'auteure est vivante, on comprend que l'on s'engage dans un road trip. J'adore la présence des nombreux virages sur la route - qui peuvent nous ramener aux questionnements de l'héroïne - ainsi que les couleurs de l'ensemble.


Citations:

* Parfois, j'aimerais juste pouvoir rire à gorge déployée sans en connaître les raisons, me tordre dans tous les sens comme une enfant prise d'un fou rire; croyant qu'elle ne pourra plus jamais s'arrêter. Ce serait si bon de pouvoir saisir ce genre d'instants, ceux qui nous échappent trop souvent. Simplement ne pas prendre les choses au sérieux et la vie elle-même, en se disant que tout ce bordel, ce n'est rien d'autre qu'une farce, qu'une énorme blague ! Et qu'après tout, [...] on s'en fout de ce qui a de l'importance et de ce qui n'en a pas ! Parce que nous sommes des Éphémères et que notre durée de vie n'excède pas une journée...

* Comme si, au crépuscule de mon existence, je devenais gourmande. D'à peu près tout et n'importe quoi. Sauf peut-être de la vie elle-même qui me dépasse encore...

* Il me reste les paroles de Marshall pour me rappeler que tout ça doit bien avoir un sens et que même dans le chaos, des éléments invisibles s'imbriquent et façonnent le monde tel que nous le connaissons. Et c'est rassurant. Ça nous aide à trouver notre place dans toute cette folie. Comme une section faisant partie d'un tout, suivant la danse de l'univers, et que, par conséquent, il ne faut pas avoir peur. Que le monde n'est ni trop vaste, ni trop petit. Que la mort n'est ni terrifiante, ni salutaire. Que la vie n'est ni une fête, ni un fardeau. Que nous ne pouvons pas tout avoir et rien non plus. Que même si le soleil se lève chaque matin, ce prosaïsme ne doit ni nous atterrer, ni nous rendre fous. Et qu'une fois que nous avons compris tout cela, alors nous pouvons essayer d'être heureux. Juste essayer, ce qui est déjà pas mal...
 
* [...] j'aime écouter les gens me parler d'eux, même si je ne les connais pas. Surtout si je ne les connais pas. Parce qu'en écoutant leurs problèmes, leurs secrets et un petit bout de leur vie, j'en oublie ma propre histoire.


Suzy Bess.
  

dimanche 17 novembre 2019

PAL +2




... +2 !

Cette semaine, deux jolis ouvrages ont intégrés la pile à lire.

* Masse Critique Babelio *

* Contes Héroïques de Filles Intrépides, collectif.
Résumé: Il était une fois... des filles courageuses et déterminées, qui utilisaient leur intelligence et leur volonté pour se sortir de situations périlleuses ou même sauver le monde. Dans ces contes traditionnels venus des quatre coins du monde, retrouvez (ou découvrez) six héroïnes intemporelles: Gretel (Gretel et Hansel), Tamasha (Tamasha et le troll), Tokoyo (Tokoyo et le serpent de mer), Chandra (Chandra et les éléphants), Ondine (Ondine et sa clé d'or) et Gerda (La reine des neiges). Un livre parfait pour l'heure du coucher, afin de montrer aux enfants que les filles sont depuis toujours des héroïnes !

J'ai repéré ce joli livre de contes lors de la dernière Masse Critique proposée par Babelio. Je suis ravie d'avoir été sélectionnée pour découvrir cet ouvrage, les contes étant l'un des genres littéraires que je préfère lorsque la période hivernale approche.
  
* Gain Concours *

* La Vallée du Lotus Rose, Kate McAlistair.
Résumé: À 16 ans, Jezebel Tyler, orpheline issue de l'aristocratie anglaise, part aux Indes rejoindre son tuteur, un archéologue de renom. Ce dernier compte la marier au baron von Rosenheim, qui financera en échange ses recherches liées à une cité disparue. À bord du luxueux paquebot qui la mène à Calcutta, Jezebel se lie avec Olga Obolenski, duchesse russe fantasque, qui lui enseigne les usages du monde, tout en l'encourageant à prendre en main sa destinée. Durant la traversée, elle fait aussi la connaissance de Jan Lukas, un aventurier dont le charme la subjugue. Au Bengale, elle découvre, prise au piège, que son futur époux est un trafiquant d'opium notoire, au caractère tyrannique. Et malgré la délicatesse du prince Charu, qui la courtise, elle ne parvient pas à oublier Jan... Des jardins de Darjeeling aux mangroves des Sundarbans, ce premier volume de la trilogie du Lotus Rose met en scène une héroïne attachante, déterminée à échapper au carcan de son éducation pour vivre sa vie.

Ce livre m'a été offert par La Chronique des Passions lors de son dernier concours. Je suis enchantée: j'ai entendu tellement de bien de ce roman. Je suis d'ailleurs surprise par son épaisseur. Un marque-page du blog La Chronique des Passions accompagnait l'ouvrage.


Et vous, des nouveautés ?

Suzy Bess.
    

vendredi 15 novembre 2019

"The Promised Neverland, vol. 3", Kaiu Shirai, Posuka Demizu


The Promised Neverland,
volume 3: En Éclats
Titre original: "Yakusoku No Neverland"
Scénario: Kaiu Shirai
Dessin: Posuka Demizu
Éditeur: Kazé
Traduit du japonais par: Sylvain Chollet
Nombre de pages: 200

* Quatrième de Couverture *

L'étau se resserre autour d'Emma, Norman et Ray. Don et Gilda ont de sérieux doutes sur ce qu'ils leur ont révélé, sœur Krone continue à fouiner et la redoutable Isabella passe à l'action ! La détermination et la perspicacité des trois héros suffiront-elles pour sortir de cette situation désespérée ?!
 
* Mon Avis *

La tension monte !

Les enfants continuent les préparatifs de leur évasion avec des actes de plus en plus concrets, mais ils vont se rendre compte, à leurs dépens, qu'ils ont largement sous-estimé Maman/Isabella. Cette dernière passe enfin à l'action, craignant pour sa vie et l'équilibre de son institution, et va se révéler une excellente stratège en compromettant tout ce que Norman, Ray et Emma avaient jusque là planifié.

La tension du troisième volume de la série est intense et nous laisse peu de répit. Alors qu'après la réflexion arrivent les actes, tout semble ébranlé, en quelques minutes seulement, par la stratégie offensive de Maman qui paraît plus inquiétante que jamais; nous découvrons d'ailleurs certains éléments de son passé nous permettant, si ce n'est d'accepter, du moins de comprendre une partie de son vécu et de sa situation actuelle. Mais ça ne nous la rend pas plus sympathique pour autant, au contraire: elle semble plus insaisissable que jamais. Quelques faits concernant le fonctionnement des orphelinats sont également dévoilés. L'intelligence des orphelins m'éblouit toujours, mais ce tome a la bonne idée de nous rappeler que les héros ne restent que des enfants face à des adultes aux motivations et aux vécus sombres leur donnant la force de remédier à toute incartade.

Je redoute les évènements à venir, surtout avec le final déstabilisant qui nous est offert, mais il me tarde de découvrir cela !
 
* Parlons Couverture *

Vous l'aurez compris: ce tome est sombre. Et cette ambiance est fidèlement représentée avec cette couverture tout en action. La peur et la colère transparaissent bien sur les visages des héros. Ce que cache la jaquette est également intrigant !


Mon avis sur le tome 1 "Grace Field House"
Mon avis sur le tome 2 "Sous Contrôle"


Suzy Bess.
   

jeudi 14 novembre 2019

"Le blanc va aux sorcières", Helen Oyeyemi


Le Blanc Va aux Sorcières
Titre original: "White is for Witching"
Auteure: Helen Oyeyemi
Éditeur: Galaade éditions
Traduit de l'anglais par: Guillaume Villeneuve
Nombre de pages: 329

* Quatrième de Couverture *

"Le blanc va aux sorcières, une couleur à porter de manière à ce que toutes les autres couleurs puissent vous pénétrer, que vous puissiez les utiliser."

C'est une mystérieuse maison d'hôtes, sur les falaises, près de Douvres. Une maison vivante, magique, plus grande qu'on ne le croit, avec ses fenêtres comme de drôles d'yeux carrés, fatigués, son ascenseur déglingué, ses corridors, son escalier qui aboutit toujours dans la cuisine au clair de lune. Avec malignité, elle déploie ses charmes pour chasser ses habitants: Luc, le père et maître de maison depuis la disparition en Haïti de son épouse, la belle Lily Silver, plus précieuse que l'or; la Grand Abba à la chevelure très blanche qui dévalait en masse sur ses épaules; Sade, l'étrange gouvernante, gardienne des voix du passé; la teinte invariable des yeux gris de Miranda qui entretient un lien si fragile avec la réalité et son jumeau Eliot; enfin la belle et sensuelle Ore qui fait éclore le désir.

Entre modernité et héritage classique, dans les pas des sœurs Brontë, d'Henry James ou d'Edgar Poe, Helen Oyeyemi, jeune auteur prodige, récompensée par le prix Somerset Maugham, nous offre avec Le blanc va aux sorcières un conte gothique et hypnotique, à la Tim Burton, et renouvelle le récit de la maison hantée, inscrivant les frissons qu'il provoque au cœur même de notre époque.
 
* Mon Avis *

Wouah ! Ce roman est fascinant.

Les Silver ne parviennent pas à faire leur deuil de Lily, la mère de famille récemment disparue. Miranda, la fille, est malade, atteinte de pica - ce trouble alimentaire poussant ses victimes à avoir faim de tout sauf de nourriture comestible: craie, plastique, roche... - et perd peu à peu contact avec la réalité; Eliot, son frère jumeau, ne sait plus comment l'aider; quant au père, il se consacre à la maison d'hôtes dans laquelle ils vivent en tentant de trouver de nouvelles recettes de cuisine qui mettraient en appétit sa fille. Si chacun essaie tant bien que mal d'avancer, l'âme de la maison pourrait bien leur causer des inquiétudes supplémentaires: Miranda et Sade, la gouvernante, semblent voir, entendre et ressentir des choses incompréhensibles et néfastes pour tous.

Ce récit est indescriptible ! La plume d'Helen Oyeyemi est envoûtante, je n'ai jamais rien connu de tel au cours de mes précédentes lectures, et bien que l'histoire se déroule dans un monde contemporain, un effet gothique et historique se fait clairement sentir, habite chaque page. Les descriptions assez évasives des personnages leur apportent une certaine poésie, tout autant qu'une aura mystérieuse et ténébreuse; tout le récit semble d'ailleurs hanté par une même atmosphère énigmatique. "Hanté" est vraiment le bon mot puisque c'est le sujet principal de cette histoire (et non pas les sorcières, comme pourrait le laisser penser le titre; quoique d'un certain point de vue on pourrait y affilier une certaine vision), l'histoire donc d'une maison possédée par un (ou plusieurs) esprit malin qui compte bien influencer ses victimes à sa guise; celle également de la hantise d'une pensée obsessionnelle qui peut tout détruire - comme Miranda qui se rend coupable de la mort de sa mère. Les différentes narrations se succédant de manière tout à fait aléatoire et sans construction précise ajoutent à cette ambiance ésotérique.

Ce style si particulier n'est pas simple à lire (et à vrai dire, je ne suis moi-même pas certaine d'avoir tout compris), il demande un détachement, une envie de découverte et un esprit ouvert qui, s'ils sont réunis, vous permettront d'être ensorcelés par ces lignes. Pour ma part, j'ai adoré cet envoûtement !
 
* Parlons Couverture *

Cette illustration sombre et énigmatique de Lisa Kimberly est jolie, c'est un choix intéressant qui convient plutôt bien à l'étrange plume de l'auteure. Je reste cependant sous le charme complet de l'édition originale et sa couverture mettant en avant la maison d'hôtes autour de laquelle presque tout le récit se déroule.


Citations:

* Pourquoi les gens vont-ils dans ces endroits, ces endroits qui ne leur sont pas destinés ?

* [...] ces années d'adolescence qui étaient le royaume des émotions baroques.

* Ses pensées étaient comme de gros glaçons, et elle devint trop grosse pour eux - elle ne pouvait bouger de pensée en pensée sans les casser.

* les professeurs n'avaient pas de traits, ils étaient du savoir costumé en personnes et blotti sur des fauteuils.

* Je suis là, à lire avec vous. Je lis cela par-dessus votre épaule. Je fais de votre maison un chez soi, je suis le braille de votre papier peint, lisible par vos seuls doigts - je vous dis où vous êtes. Ne vous retournez pas pour me regarder. Je ne suis tangible que lorsque vous ne regardez pas.

* Elles n'avaient pas de paupières car des choses vous échappent quand elles battent.

* La bibliothèque de l'université est une bouche hermétiquement close, dont chaque dent est un livre, chaque livre pousse par-dessus, par-dessous et derrière un autre. Les pupitres sont placés devant les rayonnage, certains entre deux bibliothèques de telle sorte que quiconque y est assis éprouve le sentiment de quelque chose de poussiéreux, d'intangible et d'indiciblement puissant, quelque chose d'analogue à Dieu, qui l'observe par les minuscules interstices des étagères.

* Je dactylographie tout, et si c'est impossible, j'écris en capitales, si rassurée par les espaces parfaits formés à l'intérieur de mes O, de mes P, de mes Q, que je pourrais entrer à l'intérieur d'une lettre en la faisant dans comme un cerceau.

* Je m'asseyais sur le sol, dos contre le lit, ordinateur sur les genoux, à essayer d'envoyer des mots à Miri, mon problème, ma plume fragile, à qui je ne pouvais écrire "Je t'aime" parce que je l'entendais avec colère et qu'elle s'en rendrait compte.


Suzy Bess.
 

"Skeleton Creek, livre 2: Engrenages", Patrick Carman


Skeleton Creek,
livre 2: Engrenages
Titre original: "Ghost in the Machine - Ryan's Journal"
Auteur: Patrick Carman
Illustrations de: Joshua Pease
Éditeur: Bayard Jeunesse
Traduit de l'anglais (US) par: Marie-Hélène Delval
Nombre de pages: 211

* Quatrième de Couverture *

Voilà ce qui arrive quand on est trop curieux.

Sarah et moi avons voulu percer les mystères de notre ville. À tout prix. Et nous nous sommes fait piéger. Car les secrets enfouis dans Skeleton Creek sont plus sombres qu'ils ne le paraissaient au premier abord.

Pièce après pièce, je tente de reconstituer le puzzle du passé. Il y a la drague, le fantôme de Joe Bush, il y a une société secrète, l'alchimiste, mon père...
Tout est lié. Tout est dangereux.
Tout est écrit dans mon journal.

Sarah, elle, prend de plus en plus de risques. Caméra à l'épaule, elle s'introduit partout; elle n'ignore pourtant pas que quelqu'un - vivant ou mort - nous observe.
Chacun de ses films est plus terrifiant que le précédent.

Mais, nous le savons tous les deux, rien ne nous fera renoncer à découvrir ce que cachent les habitants de Skeleton Creek.

Lisez mon journal. Regardez les vidéos. Menez l'enquête.

www.sarahfincher.fr
www.enqueteaskeletoncreek.fr
 
* Mon Avis *

Ce second tome est encore plus prenant que son prédécesseur.

À Skeleton Creek, Ryan et Sarah, qui n'ont officiellement plus le droit de se fréquenter, continuent néanmoins les investigations sur la drague abandonnée dans la forêt de leur ville. Et ce qu'ils s'apprêtent à trouver risque bien de bouleverser leur quotidien. Mais les adolescents sont surveillés de près, bien plus près que ce qu'ils peuvent imaginer.

Décidément, je trouve le concept de cet ouvrage vraiment passionnant. On continue sur la lancée du premier volume en découvrant l'histoire écrite de nos deux attachants héros couplée à des vidéos sur Internet toujours aussi angoissantes; s'il me suffit, certes, de peu pour ressentir les frissons attendus, il faut tout de même noter que les vidéos sont d'une bien jolie qualité - avec des effets aussi bien pensés que réussis - et l’interprète de Sarah (Amber Larsen) est excellente dans son rôle ! Ce mélange entre le littéraire et le numérique fonctionne donc une fois de plus à merveille !
Cette suite nous offre (déjà !) les révélations que nous attendions et m'a donc particulièrement captivée. Un intérêt poussé grâce aux superbes illustrations de Joshua Pease parsemant les pages du carnet. Quant au duo Ryan/Sarah, il marche mieux que jamais tandis que les deux amis sont obligés de rester éloignés l'un de l'autre: leur complicité n'en ressort que plus nettement.

Je ne sais pas de quoi la suite pourra être faite, mais je continuerai la série avec un plaisir certain !
 
* Parlons Couverture *

On reste dans la lignée du premier tome: un carnet ligné à la couverture tâchée par endroits et au look "crânes" qui convient parfaitement à l'adolescent auquel il appartient. Seule la couleur change, le bleu étant remplacé ici par un rouge sombre. J'adore !


Citation:

* C'est curieux comme on peut passer devant une chose presque quotidiennement sans y attacher d'importance. Puis, un jour, on la regarde d'un autre œil.


Suzy Bess. 

lundi 11 novembre 2019

PAL +7

... +7 !

Ces deux dernières semaines, plusieurs titres ont intégrés la pile à lire.

Service-Presse

* Valeria, tome 3: Les Hauts et les Bas de Valeria, Elísabet Benavent.
Sortie le 13/11/2019
Résumé: Valeria regrette de s'être emballée pour Victor. Certes, leurs ébats sont toujours aussi torrides. Mais à quoi tout cela rime-t-il ? Empêtrée dans les préparatifs d'un mariage bien plus pompeux que ce qu'elle aurait voulu, Carmen ne sait plus où donner de la tête. Quant à Nerea, elle a tout envoyé valser: son job et son petit ami au profil de gendre idéal... Adieu la Nerea sainte-Nitouche dont ses amies se moquaient ! Il est temps de s'éclater. Pourtant c'est Lola qui surprend son monde. Elle a rencontré Rai. Elle en est raid dingue. Léger problème: il est tout juste post-pubère, il n'a que 20 ans ! Pas si facile d'être une jeune trentenaire. Heureusement que les amies sont là...

C'est parti pour le troisième opus. Heureuse de retrouver les pétillantes espagnoles.
 
Gains concours

Je suis chanceuse ces temps-ci ! Et je remercie Temps de mots et Les instants volés à la vie chez qui j'ai remporté ces lots.

* Une Arme dans la Tête, Claire Mazard.
Résumé: Un jeune adolescent africain vit dans un foyer en région parisienne. Ancien enfant soldat drogué et manipulé par un groupe militaire dans son pays, il tente aujourd'hui d'oublier ces années de violence et de reconstruire sa vie.

J'ai remporté ce livre chez Temps de Mots, que je remercie vivement. Il s'agissait d'une enveloppe surprise, je ne savais donc pas du tout quel titre j'allais découvrir. L'enveloppe était d'ailleurs fournie, avec de nombreux marque-pages, des badges et un calepin de feuilles fleuries.

***

* Les Faucons de Raverra, tome 1: La Sorcière Captive, Melissa Caruso.
Résumé: La magie est peu fréquente dans l'Empire raverrain, et ceux qui naissent avec ce pouvoir sont étroitement contrôlés: repérés dès l'enfance, ils se retrouvent enrôlés de force dans le régiment des Faucons. Zaira a évité ce sort; elle a grandi dans les rues en volant pour survivre et en dissimulant sa nature. Mais elle cache une magie rare et dangereuse, une magie qui pourrait menacer l'Empire tout entier. Amalia Cornaro n'était pas destinée à devenir Fauconnière. Héritière d'une puissante famille, érudite, elle vit dans le monde dangereux des machinations politiques. Mais le sort va réunir l'héritière et la sorcière en une alliance improbable. Alors que la menace de la guerre se profile, il pourrait suffire d'une étincelle pour transformer leur cité en un brasier incandescent...

C'est chez Les Instants Volés à la Vie que j'ai gagné ce roman. Je souhaitais le lire depuis un moment, alors je suis plus que ravie et remercie chaleureusement Djihane !
 
Achat 

* Marie-Antoinette, Carnet Secret d'une Reine, Benjamin Lacombe.
Résumé: Qui n'a jamais rêvé de s'immerger dans l'intimité de Marie-Antoinette, archiduchesse d'Autriche, dernière reine de France et de Navarre, femme célèbre et controversée devenue un véritable mythe ? Sous la forme d'une édition à la fabrication extrêmement soignée, nous vous proposons de découvrir son journal intime. Porté par Benjamin Lacombe, accompagné par le regard de Cécile Berly, historienne, spécialiste de Marie-Antoinette, ce carnet d'une richesse graphique inouïe mêle certaines des lettres authentiques de Marie-Antoinette, à celles, fictives, du comte Fersen avec lequel elle entretenait une relation privilégiée.
 
Ce mois-ci, il me fallait effectuer mon achat France Loisirs de la saison, et j'avais justement 100 points à utiliser, ce qui équivaut à un livre gratuit. Mon choix s'est donc porté avec plaisir sur ce bel ouvrage.
 
Boîte à livres

* Jeux de Glaces, Agatha Christie.
Résumé: Le sort de Carrie-Louise inspire de vagues inquiétudes à son entourage. À sa soeur Ruth, d'abord, et à son fils. Et aussi à son troisième mari, Lewis Serrocold. En effet, Carrie-Louise a une fille et en a adopté une autre, et a été mariée trios fois avec des hommes eux-mêmes divorcés - ce qui fait toute une tribu de beaux-fils, de belles-filles et de petits-enfants... Tout ce beau monde vit dans un institut pour jeunes délinquants. Une maison de fous, dit l'infirmière qui soigne Carrie-Louise avec dévouement. Car Carrie-Louise souffre d'une étrange maladie qui présente quelques analogies avec un empoisonnement à l'arsenic. Le drame finira par éclater. Mais la victime n'est pas celle qu'on pense...

Nouvel ouvrage de l'auteure dans ma pal !

***

* L'Arrache-Coeur, Boris Vian.
Résumé: Voilà un coin de campagne où l'on a de drôles de façons... La foire aux vieux, par exemple. Curieuse institution ! On sait bien aussi que tous les enfants peuvent voler comme des oiseaux dès qu'ils étendent leurs bras - mais est-ce une raison suffisante pour les enfermer derrière des murs de plus en plus hauts, de plus en plus clos ? Le psychiatre Jacquemort se le demande - puis ne se le demande plus, car il a trop à faire avec la honte des autres, qui s'écoule dans un bien sale ruisseau. Mais nous, qui restons sur la rive, nous voyons que Boris Vian décrit simplement notre monde. En prenant chacun de nos mots habituels au pied de la lettre, il nous révèle le monstrueux pays qui nous entoure, celui de nos désirs les plus implacables, où chaque amour cache une haine, où les hommes rêvent de navires, et les femmes de murailles.

Après avoir découvert L'Ecume des Jours, j'étais curieuse de découvrir les autres œuvres de l'auteur. Je suis donc ravie d'avoir trouvé ce titre.

***

* Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand.
Résumé: Le nez de Cyrano s'est mis en travers de son cœur. La belle Roxane aime ailleurs, en l'espèce un cadet sans esprit mais de belle apparence, Christian de Neuvillette. La pièce de Rostand met en scène la tragique complicité entre deux moitiés d'homme, et s'achève sur une évidence en forme d'espérance: sous les traits de Christian, ce n'était pas moins que l'âme de Cyrano qu'aimait Roxanne.

Un classique lu il y a bien longtemps, je vais me faire un plaisir de le redécouvrir !


Et vous, du nouveau ?

Suzy Bess.