lundi 16 avril 2018

Impératrice de Chine


Impératrice de Chine
Titre original: "Imperial Woman"
Auteure: Pearl Buck
Editeur: Archipoche
Traduit de l'anglais par: Lola Tranec
Nombre de pages: 437

Je remercie les éditions de l'Archipel pour cette lecture !

* Quatrième de Couverture *

Issue d'une famille pauvre, Yehonala devient à 17 ans l'une des centaines de concubines de l'Empereur, au sein de la Cité interdite. Mais sa beauté et ses dons pour la manipulation lui permettent vite de devenir l'une des favorites du souverain. Jusqu'au jour où, accouchant d'un héritier, elle est nommée... impératrice !
L'accession au pouvoir de cette femme redoutée au sein de la cour, mais adulée par les masses, témoigne aussi de la transformation de la Chine archaïque. Jusqu'où, à force de volonté et de ruse, ne montera-t-elle pas ?

Pearl Buck fait revivre les traditions sacrées, les rites et les moeurs de la Chine impériale. Elle retrace le destin prodigieux et la vie intime de Tseu-hi, l'impératrice qui tint sous sa coupe, pendant un demi-siècle, la plus grande nation du monde.
 
* Mon Avis *

Retraçant un incroyable destin de femme, "Impératrice de Chine" est un roman conséquent et passionnant.

Orchidée, Yehonala, Tseu-hi, Vieux Bouddha... durant son existence, l'impératrice qui régna sur la Chine de la seconde moitié du XIXe siècle au début du XXe, pendant près de cinquante ans, connu de nombreux noms et surnoms (et je vous épargne son nom complet). Descendante d'une famille mandchoue, elle parvint à se faire remarquer par l'Empereur Hsien Feng qui la fit concubine; elle en devint vite la favorite avant de passer au statut de princesse consort lorsqu'elle donna naissance à un fils, l'héritier du trône. Devenue impératrice douairière, Tseu-hi mena, après la mort de l'empereur, le pays d'une main de fer. Mais derrière la force brute qui émanait d'elle se cachait une femme amoureuse qui dû renoncer à ses désirs.

Où commence la fiction, où la réalité ? voilà qui est difficile à déterminer dans ce beau roman de Pearl Buck consacré à l'une des grandes dames de ce monde. L'auteure raconte un destin hors-norme avec une plume plutôt discrète, mais elle nous démontre qu'elle connaît parfaitement son sujet en détaillant avec minutie les conditions de vie du peuple, de ses dirigeants, et des favorisés; mais aussi les traditions, les conflits, les états d'âme, les paysages... pour finir par dépeindre le caractère des personnages avec réussite.
Cette histoire est autant celle d'une femme amoureuse que d'une âme ambitieuse: fiancée à son cousin Jung Lu, capitaine des gardes de la Cité interdite, elle ne cessa d'osciller entre son amour pour lui et son devoir envers le trône du Dragon. Mais oubliez la romance, le pouvoir passa toujours en premier, bien que Tseu-hi n'oublia jamais Jung Lu. Durant son règne controversé, elle s'efforça de maintenir une paix précaire en n'hésitant pas à faire disparaître les personnes indésirables (parfois en les poussant au suicide) - la torture, les poisons étaient monnaie courante, héritage de vieilles traditions -, et dû se faire une raison: en effet, nous découvrons une impératrice traditionaliste qui vit son pays se remplir d'étrangers qu'elle haïssait, ainsi que d'une nouvelle religion qui lui fut impossible d'éradiquer. Et quand elle changea d'opinion, ses actes allèrent dans le même sens, ne faisant jamais les choses à moitié. On découvre également une femme qui se cultivait énormément, apprenant tout ce qu'elle pouvait et ayant ainsi une meilleure connaissance du monde, afin de mieux gérer sa nation. Sous les drames luttait une femme qui souhaitait le meilleur pour sa patrie.

Cette histoire majoritairement politique et culturelle m'a captivée et appris l'histoire d'un pays que je connaissais mal; ce roman ne fait pas l'éloge de Tseu-hi, il l'a dépeint sous toutes les coutures, de ses qualités à ses défauts, sans rien omettre. J'ai beaucoup aimé !
 
* Parlons Couverture *

Quoi de mieux que la Cité interdite pour illustrer un tel roman ? Un portrait de Tseu-hi n'aurait pas suffit, et j'aime le choix de la photo aux si jolies couleurs. Le nom de l'auteure, qui fut prix Nobel de la littérature, doit être vendeur vu sa taille, mais j'avoue (et j'ai l'impression que je devrais peut-être me sentir un peu honteuse, pour le coup...) que je ne la connaissais pas. Quoi qu'il en soit, ce fut une belle découverte !



Citation:

* - On dit parfois de Wang Wei qu'il est plus poète que peintre. Quant à moi, je trouve que ses poèmes sont des peintures, ses peintures des poèmes, et que là réside l'art. Peindre un état d'âme et non pas une réalité, c'est introduire l'idéal dans l'art.



Suzy Bess.

   

dimanche 15 avril 2018

PAL +2


Pile A Lire +2



Nouvelle semaine, nouveaux arrivages !

Bonjour tout le monde, cette semaine j'ai eu la joie de recevoir de jolies choses.

SP

* Daringham Hall, tome 2: Le Secret, de Kathryn Taylor.
Résumé: L'arrivée inopinée de Ben Sterling, jeune entrepreneur américain, au manoir de Daringham Hall, sur la côte Est de l'Angleterre, a fait souffler un vent de panique au sein de la famille Camden. Ben prétendait être le fils de Ralph, le patriarche du clan, ce qui signifiait qu'outre sa part d'héritage il aurait droit, après le décès de son père, au titre de baronnet. A l'exception de Ralph, tous les membres de la famille le rejettent et, surtout, méprisent cet intrus qu'ils jugent indigne de leur condition. Mais le secret lié à la naissance de Ben n'est pas le seul qui se cache derrière les murs de Daringham Hall. D'autres vont bientôt resurgir...

J'avais eu le plaisir d'être sélectionnée pour chroniquer le premier tome de la saga de Kathryn Taylor, cette semaine les éditions de l'Archipel/Archipoche m'ont envoyé le second tome ! J'ai hâte de découvrir cette suite.

Gains Concours

* Les Croz, tome 2: Le Collier Ensorcelé, de Linda Saint Jalmes.
Résumé: Tandis que Kalaan, comte de Croz, jette l'ancre de sa frégate l'Ar Sorserez près des côtes est des Highlands, Isabelle, sa jeune soeur, se réveille brutalement dans un endroit plongé dans les ténèbres, un épais nuage de sable fin l'étouffant. Désorientée, elle ne comprend pas ce qui lui arrive: un instant auparavant, dans sa chambre, elle attachait autour de son cou un somptueux et très antique collier égyptien; le moment suivant, elle se retrouve à tousser et à suffoquer, comme d'autres personnes à ce qu'elle peut entendre, mais sans parvenir à les apercevoir. Bon sang ! Où est-elle ? Et qui sont ces "autres personnes" ?

Linda Saint Jalmes a organisé un joli concours offrant son nouveau roman ainsi qu'un collier - non ensorcelé. ^^ J'ai eu la chance de remporter un exemplaire numérique de son livre, second tome d'une saga que je ne connais pas encore, ainsi que ce magnifique collier, accompagné d'une carte:
Il est superbe, je suis ravie et remercie à nouveau l'auteure !


Et vous, du nouveau ?


Suzy Bess.

  

mardi 10 avril 2018

Les Affinités


 Les Affinités
Titre original: "The Affinities"
Auteur: Robert Charles Wilson
Editeur: Folio SF
Traduit de l'américain par: Gilles Goullet
Nombre de pages: 393

Je remercie Babelio et les éditions Folio SF pour cette lecture,
lue dans le cadre de la Masse Critique. 

* Quatrième de Couverture *

Adam Fisk s'est installé à Toronto pour suivre des études de graphisme que lui finance sa grand-mère. Là, il s'est inscrit à un programme payant pour déterminer à laquelle des vingt-deux Affinités il appartient. Adam est un Tau, une des cinq plus importantes de ces nouvelles familles sociales théorisées par le chercheur Meir Klein. Quand la grand-mère d'Adam, diminuée par une attaque, est placée dans une maison de retraite, le jeune homme n'a plus les moyens de suivre ses études. Mais être un Tau confère des avantages qu'il va vite découvrir: travail rémunérateur, opportunités sexuelles, vie sociale pleine et satisfaisante. Tout est trop beau, trop facile. Tout va très vite pour Adam... et il en est de même pour le reste du monde, car le modèle social des Affinités est en train de s'imposer. Malheureusement, dans l'histoire de l'humanité, aucun changement radical ne s'est fait sans violence.
Robert Charles Wilson offre avec Les Affinités un roman sans temps mort qui imagine - pour le meilleur et pour le pire... - le futur des réseaux sociaux.
 
* Mon Avis *

Ce roman d'anticipation développe une idée intéressante !

Dans un futur plus ou moins proche, une entreprise nommée InterAlia met au point, avec l'aide du socionome Meir Klein, un test permettant de découvrir si l'on peut faire partie d'une des vingt-deux Affinités mises en place, des groupes crées afin de rapprocher des personnes de même tempérament. Adam Fisk, vivant à Toronto le temps de ses études, passe le test et découvre qu'il est Tau, une des Affinités les plus importantes; il va intégrer une communauté qui va bouleverser sa vision du monde. Mais ce qui devait n'être qu'une sorte de nouveau réseau social physique va rapidement évoluer vers une pensée de nouvelle société, et certaines Affinités, dont Tau et Het, souhaitant être reconnues comme ethnies à part entière, vont travailler à leur indépendance.

Robert Charles Wilson nous présente un univers qui pourrait être le nôtre, à l'heure actuelle, avec pour cadre de fond un conflit opposant l'Inde au Pakistan. Par la voix du héros, Adam Fisk, nous prenons connaissance de l'existence de ce nouveau système des Affinités, volonté d'un nouveau genre de réseau social où les membres reçus (car il est possible de ne faire partie d'aucune Affinité) ont la possibilité de se rencontrer, de vivre ensemble même. Adam, un Tau, va être invité à rejoindre les autres membres de son Affinité et découvrir bien plus qu'un simple rassemblement de personnes de même nature, mais une véritable communauté soudée, des gens qu'il va pouvoir considérer comme une vraie famille - et qu'il va d'ailleurs estimer bien mieux que ses proches -, qui s'entraident sans se juger, et avec qui la communication va quasiment se faire de manière instinctive, puisqu'ils partagent le même mode de pensée.
L'idée avancée par l'auteur est vraiment intéressante, et encore plus dans le déroulé des évènements: lorsque les Affinités se développent de telle manière qu'elles souhaitent former un nouveau modèle de société et prendre leur indépendance, avec leurs propres réseaux de travail, de commerce, d'allocations. Tout ceci pourrait paraître complexe mais Robert Charles Wilson parle de la socionomie avec efficacité et se fait comprendre avec facilité, à tel point que les quelques répétitions qu'il insert dans son récit ne m'ont pas parues nécessaires à la clarté de l'intrigue.
Bien que j'ai aimé le récit, j'aurai apprécié une histoire plus étendue - le phénomène des Affinités prend des propensions mondiales, mais nous sommes cantonnés au Canada et à une partie des Etats-Unis sans que plus de détails nous soient donnés concernant le reste de la population - et la finalité du roman m'a vraiment laissée sur ma faim, malgré le fait qu'elle me paraisse assez logique. 

"Les Affinités" n'est pas une lecture que je jugerais de transcendante, mais le sujet reste très attrayant, et même pertinent car il fait réfléchir sur notre manière de vivre présentement et sur les possibilités que le futur offre; je parviens tout à fait à imaginer qu'un test d'Affinités pourrait être concevable un de ces jours. Les amateurs et amatrices de science fiction se laisseront certainement séduire.
 
* Parlons Couverture *

J'aime beaucoup ces images satellite de nuit représentant les villes pleines de lumières et ces espaces sombres où rien ne semble vivre. Aussi, cette illustration d'Aurélien Police m'a tout de suite particulièrement plu ! Le phénomène des Affinités prend une grande ampleur et cette image le représente bien.



Citations:

* Nous sommes l'espèce la plus coopérative de la planète... possédez-vous un seul objet que vous ayez entièrement fabriqué de vos mains avec des matériaux extraits par vos soins de la nature ? Et sans ce réseau de collaboration, nous sommes aussi vulnérables que des antilopes à trois pattes au milieu du territoire des lions. Mais en même temps, quel talent nous avons pour la cupidité, pour l'indifférence morale, pour des guerres de conquêtes à tous niveaux, du jardin d'enfants jusqu'aux Nations Unies. Qui n'a pas souhaité pouvoir sortir de ce piège ?

* Nous tombons.
Tout ce qui est constitué de matière est en train de tomber. On appelle ça l'entropie. La matière se décompose. Les étoiles finissent par cesser de briller, les planètes refroidissent ou sont réduites en cendres qui elles-mêmes refroidissent. La matière tombe et finit tôt ou tard par toucher le fond.
La vie participe de ce processus. La vie est entropique. Nous dissipons l'énergie du soleil. La vie est une chute en cours.

* Dans l'histoire de notre espèce, les buts vers lesquels nous nous sommes projetés ont très longtemps été simples. De la nourriture pour nous-mêmes, nos familles et nos tribus. Un abri pour nous-mêmes, nos familles et nos tribus. Les impératifs de l'amour et de la reproduction.
Mais dans le monde moderne, pour une grande partie des êtres humains, ces besoins essentiels sont satisfaits, ne serait-ce que de manière incomplète, inadéquate et injuste. Que signifie se projeter, dans de telles circonstances ?



Suzy Bess.

  

samedi 7 avril 2018

Bilan Mars 2018


Bilan du mois de Mars 2018



Nous sommes le 07 avril...

... il est plus que temps que je vous montre mon bilan du mois dernier !
Avec, heureusement, plus de lectures qu'en février puisque j'ai (re)découvert 7 romans; je reprends enfin un rythme qui me convient.

* Mes Lectures *

* Rien de Plus Grand, de Malin Persson Giolito.
Un young adult sombre et psychologique, captivant et intéressant.

* CHERUB, Mission 15: Black Friday, de Robert Muchamore.
Il s'agit d'une relecture car c'est avec ce roman que j'ai découvert la saga. Pas très logique, je sais, mais il m'a donné envie de lire le reste et j'ai adoré me replonger dedans.

* CHERUB, Mission 16: Hors-la-loi, de Robert Muchamore.
Une suite qui m'a captivée, et l'avant-dernier tome de la saga.

* The Enfithing, de Matthieu Elhacoumo.
Un récit au potentiel vraiment intéressant mais que j'ai trouvé sous-exploité, on en redemande cependant.

* Une Bonne Âme, d'Audrey Perri.
J'avais hâte de lire ce roman basé sur des faits réels et je n'en suis pas déçue, il est sombre et captivant.

* Madame Bovary, de Gustave Flaubert.
Voici le tirage de février pour le challenge "Un an avec ma BookJar". Un récit long mais j'ai été charmée par la plume de Flaubert.

* Le Monde selon Britt-Marie, de Fredrik Backman.
Quelle joie de terminer avec ce roman feel-good ! J'ai passé d'excellents moments de rires, et aussi d'émotions.
 
* Evolution de ma Pile A Lire *

Le 20 mars était jour de printemps, mais aussi de mon anniversaire. J'ai donc reçu des petits imprévus. ^^

Cadeaux: "Emmett Llewelyn, tome 1: la révélation des enchanteurs", d'Angeline Sirba, offert par l'auteure lors d'une opération spéciale; la trilogie "Indécent", de Colleen Hoover; "Le Prestige", de Christopher Priest; et "Skeleton Creek, tome 1: Psychose", de Patrick Carman.

Prêt: "Dead Zone", de Stephen King.

SP: "The Enfithing", de Matthieu Elhacoumo, proposé par l'auteur et lu dans le mois; et "Impératrice de Chine", de Pearl Buck, envoyé par les éditions de l'Archipel/Archipoche.

Masse Critique Babelio: "Le Monde selon Britt-Marie", de Fredrik Backman, lu dans le mois; et "Les Affinités", de Robert Charles Wilson.

Achats: "Victoria Hall, tome 2", de Lhattie Haniel.

J'ai donc reçu 12 ouvrages. Ce qui devait arriver arriva: ma PAL qui n'avait pas augmenté depuis le début de l'année prend enfin un peu d'embonpoint. ^^ 
Avec mes 7 livres lus, dont 1 relecture, ma pile à lire se retrouve désormais gorgée de 93 titres.
 
* Quoi d'Autre ? *

J'ai reçu la génialissime Wootbox "Discovery" de mars; ai réalisé un rêve en goûtant les dragées surprises de Bertie Crochue (dont les goûts, bien réalistes, sont parfois horribles); écoute souvent le CD du film "La Belle et la Bête" reçu à mon anniversaire; le blog est devenu partenaire des Editions Heartless, qui ouvriront bientôt leurs portes; me suis confectionné une succulente tarte au citron meringuée; et j'ai vu plusieurs films au cinéma et à la télé dont: "Le Labyrinthe: Le Remède Mortel", "La Planète des Singes: L'Affrontement", "Le Nouveau Stagiaire", "Seul sur Mars" et ai revu "Le Labyrinthe: La Terre Brûlée" et "Les Nouveaux Héros" que j'adore.


L'image du mois:

 Bah oui, parce qu'elle était tout de même très bonne ! ^^




Que s'est-il passé de votre côté ? Racontez-moi tout ! ;)



Suzy Bess.

    

mercredi 4 avril 2018

Le Monde Selon Britt-Marie


Le Monde Selon Britt-Marie
Titre original: "Britt-Marie Var Här" (Traduction: "Britt-Marie était ici")
Auteur: Fredrik Backman
Editeur: Mazarine
Traduit du suédois par: Laurence Mennerich
Nombre de pages: 397

Je remercie Babelio et Mazarine pour cette lecture,
lue dans le cadre de la Masse Critique Babelio. 

* Quatrième de Couverture *

Britt-Marie, soixante-trois ans, n'est absolument pas passive-agressive. C'est juste que la crasse et les couverts rangés n'importe comment la font hurler intérieurement. Après quarante ans de mariage et une vie de femme au foyer, elle a besoin de trouver un emploi au plus vite. Le seul poste qu'on lui propose la conduit à Borg, un village frappé par la crise qui s'étire le long d'une route où tout est fermé, à l'exception d'une pizzeria qui empeste la bière. Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'à Borg le ballon rond est roi - et s'il y a une chose que Britt-Marie déteste plus que le désordre, c'est le football. Alors, quand les enfants du village ont si désespérément besoin d'un entraîneur que la commune est prête à confier le boulot au premier venu, peu importe qu'elle n'y connaisse rien ! Pas du genre à se laisser démonter, Britt-Marie, avec sa nouvelle casquette de coach, entreprend de faire un grand ménage à Borg, qui a, comme elle, besoin d'un renouveau et d'une seconde chance.

"Le Monde Selon Britt-Marie" est l'histoire d'une femme qui a attendu toute sa vie que la sienne commence enfin. Un plaidoyer chaleureux pour tous les marginaux qui peuplent nos vies sans qu'on leur prête attention - alors que leur vision du monde peut transformer le nôtre.
  
* Mon Avis *

Véritable feel-good, ce roman m'a fait passer de bons moments.

C'est en apprenant la crise cardiaque de Kent, son mari, que la vie de Britt-Marie change. En l'apprenant par la maîtresse de celui-ci. Après avoir harcelé une conseillère de l'agence pour l'emploi de sa ville, Britt-Marie se retrouve à Borg - une localité au bord de la faillite -, sous-payée pour garder la MJC du village qui doit fermer ses portes d'ici trois semaines. Très vite, elle fait la connaissance, à contrecoeur, des autres habitants: la tenancière d'une pizzeria douteuse, qui a plus d'un tour dans son sac; des enfants adorant le football mais y jouant, sur un parking, d'une manière déplorable; un policier charmant, mais dont la timidité et la peur de s'imposer semblent contrecarrer son statut de force de l'ordre; des jeunes désoeuvrés qui ont tout l'air de délinquants, une malvoyante hargneuse n'hésitant pas à jouer de sa canne... tout un chapelet de personnes qui vont autant horrifier Britt-Marie que lui permettre, petit à petit, de se transformer. Entre deux sessions intensives de ménage, sa passion.

Tout en humour et sarcasme, ce récit nous présente une femme de soixante-trois ans vraiment atypique, et dont l'ignorance de certaines choses de la vie est parfois ahurissante.
La plume de l'auteur est très agréable: il raconte, à la troisième personne, l'existence de Britt-Marie par des descriptions qui veulent souvent dire leur contraire. Exemple avec la première phrase de la quatrième de couverture, nous indiquant que l'héroïne "n'est absolument pas passive-agressive", alors qu'elle l'est. Britt-Marie n'a donc aucun préjugés, n'est jamais sur la défensive, ne juge personne, n'est certainement pas une geignarde, ne manque pas d'imagination, expire toujours avec bienveillance car, non, ce ne sont pas des soupirs impatients... Et, évidemment, il faut comprendre le contraire ! Cette manière de dire les choses m'a beaucoup amusée et nous aide à comprendre en même temps, que l'héroïne est une femme rigide, qui a des idées arrêtées et beaucoup de mal à penser autrement, qu'elle est un peu l'archétype, en fait, de ces personnes âgées qui se pensent trop vieilles pour évoluer. Mais tout ça, chaque détail de son caractère, et chacun de ses défauts la rendent terriblement attachante. Ceci dit, Fredrik Backman pousse encore plus loin en faisant de sa protagoniste une véritable ignorante: ce n'est pas qu'elle déteste le football (quoiqu'en dise le résumé), elle n'y connait juste absolument rien de rien (le jeu en équipes, le principe de base, les supporters...), et n'en voit pas l'intérêt; l'humour est presque un mot qui lui est étranger (lorsque des personnes rient autour d'elle, elle pense que ce sont des moqueries à son encontre); utiliser une machine à café moderne n'est pas envisageable, et se servir d'un téléphone portable ou remplir sa voiture de carburant sont des nouveautés pour elle. Certaines situations m'ont tout de même fait lever les yeux au ciel, les exagérations sont parfois exaspérantes.
Mais l'ensemble est tout à fait sympathique et j'ai adoré: les astuces de ménage, transmises tout au long du récit (vive le bicarbonate !), que l'un des personnages soit nommé "Quelqu'un" durant toute l'histoire, ou que l'on puisse apprécier ce roman même si nous n'aimons pas le football - en effet, c'est l'un des sujets porteurs mais il n'est pas intrusif.

Ce roman est aussi drôle que touchant, je le relirai à l'avenir avec plaisir, il recèle des passages poétiques, émouvants, une belle note d'espoir, et démontre qu'il n'y a pas d'âge pour apprendre à vivre et surtout que nous ne devons pas subir notre existence. J'aime beaucoup la phrase du résumé: "Le Monde Selon Britt-Marie" est l'histoire d'une femme qui a attendu toute sa vie que la sienne commence enfin. Ca résume parfaitement ce roman.
 
* Parlons Couverture *

Aïe, aïe, aïe... Je vais être franche: je n'aime pas du tout cette couverture. Pourtant elle réunit les ingrédients principaux - accessoires de ménage, ballon de football - et j'aime le fait que le titre soit, en partie, écrit sur le seau. Mais... comment dire ? Je ne trouve tout simplement pas cette composition esthétique: les couleurs ne m'attirent pas - ce fond gris-bleuté et ce vert, ajoutés à l'orange de la vignette... - et je trouve la phrase d'accroche passable: "La vie a parfois besoin d'un second coup d'envoi". Si je croisais ce roman dans une librairie, je ne voudrais pas l'acheter et, à vrai dire, je crois que je ne le remarquerais même pas. Pour le coup, je préfère la version anglaise, ci-dessous.





Citations:

* Britt-Marie trouve qu'être en vie exige un nombre incroyable de formalités, de nos jours. Une quantité absurde de paperasse pour faire partie de la société.

* Quand il n'y a plus un bruit, on n'a aucune garantie que quelqu'un sait qu'on existe.

* Le froid isole les gens, il frappe le monde de mutisme.

* "On aime le football parce que c'est instinctif. Quand un ballon roule vers nous dans la rue, on tape dedans. On l'aime pour la même raison qu'on tombe amoureux. Parce qu'on ne peut pas s'en empêcher."

* Chaque relation a ses mauvais côtés, car les gens ont tous des faiblesses. Quand on vit avec quelqu'un, on apprend à composer avec ses défauts de différentes façons. On peut, par exemple, les considérer comme des meubles très lourds: on s'habitue simplement à faire le ménage autour d'eux. A entretenir l'illusion. Bien sûr, on sait que la poussière s'accumule en-dessous, mais on apprend à ignorer ce détail tant qu'il reste invisible aux invités. Mais un beau jour, quelqu'un déplace le meuble sans autorisation et tout éclate au grand jour. La poussière et les griffures. La teinte du parquet longtemps privé de lumière. A ce moment-là, il est trop tard.

* Les villages ont beaucoup en commun avec les gens. Tant qu'on ne pose pas trop de questions et qu'on ne déplace pas les meubles, on n'a pas à affronter leurs pires côtés.

* Il est difficile de ne pas vouloir retourner à sa vie normale quand on a compris la force que cela exige, d'en commencer une nouvelle.

* Il y a un âge auquel presque toutes les questions qu'une personne peut se poser tournent autour d'un seul sujet: comment vivre sa vie ?

* La passion est enfantine. Banale et naïve. Elle n'est pas acquise, mais instinctive, nous submerge. Nous renverse. Nous entraîne. Les autres sentiments appartiennent à la terre, mais la passion relève de l'univers. C'est pour cela qu'elle en vaut la peine. Pas pour ce qu'elle nous apporte, mais pour ce qu'elle nous demande de risquer.

* C'est étonnant, le pouvoir que peut avoir un endroit où on n'est jamais allé.

* La mort est l'ultime état d'impuissance. L'impuissance est les plus extrême état de désespoir.



Suzy Bess.

  

mardi 3 avril 2018

Madame Bovary


Madame Bovary
Auteur: Gustave Flaubert
Editeur: Librairie Gründ (édition de 1939)
Nombre de pages: 320
 
 
* Résumé (trouvé sur Babelio) *
 
C'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise. C'est, aussi, l'histoire du roman français. Rien, dans ce tableau, n'avait de quoi choquer la société du Second Empire. Mais, inexorable comme un tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie, le livre s'était donné une arme redoutable: le style. Pour ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle.
Aucun roman n'est innocent: celui-là moins qu'un autre. Lire "Madame Bovary" au XXIe siècle, c'est affronter le scandale que représente une oeuvre aussi sincère qu'impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne: c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise.
  
* Mon Avis*

Ce roman est long, mais ce roman est fascinant.

La joie qu'éprouve Emma lors de son mariage avec Charles Bovary cède rapidement la place à l'ennui: elle n'éprouve pas d'amour passionnel envers son époux, ne pratique aucune activité lui permettant de vraiment se changer les idées, et voudrait que sa vie ressemble à ce qu'elle lit dans les romans. La dépression a tôt fait d'arriver; aussi, Charles, qui est médecin, estime qu'un déménagement ne sera que bénéfique à la femme qu'il aime tant, il espère sincèrement lui redonner goût à la vie. Mais à Yonville, ce sont des amants que va trouver Emma Bovary, et un endroit où elle va, également cumuler les dettes et les désillusions.

Comment parler de ce roman quand il apporte des ressentis si contradictoires ? Ma lecture m'a parue longue, mais longue ! Pourtant, le roman n'est pas si épais et la plume de Gustave Flaubert, que j'ai découverte ici, m'a séduite: j'ai été charmée par ses longues descriptions détaillées des paysages de la Normandie, des situations, du caractère des personnages... Alors, certes, c'est ce qui apporte la lourdeur du récit telle que je l'ai ressentie, mais c'est aussi ce qui m'a plu. D'où la contradiction.
Emma Bovary n'est pas une héroïne attachante, elle est égoïste, et à la fois naïve et pleinement consciente de ses actes, de son comportement. Mais j'en suis parfois venue à la plaindre - pas à la comprendre, mais à souhaiter qu'elle trouve la paix.
Mentionnerai-je le fait que l'auteur fut poursuivi pour l'écriture de ce livre ? Evidemment ! Je pense qu'il est difficile de faire autrement puisque l'épisode houleux de sa publication - le procès pour "atteinte aux bonnes moeurs" fut retentissant - donne également un cachet à cet ouvrage. Ce qui est intéressant, c'est que par la présence de personnages quasiment caricaturés, souvent absurdes, grotesques, Gustave Flaubert s'est posé en critique de la société et de la religion. Et le dicton le dit bien: "la vérité fait mal". Avec une ironie qui dénote le sérieux de sa démarche, il a osé et n'en est que plus admirable.

Ce récit, que de nombreuses personnes ont décrit, décrivent et décriront comme ennuyeux m'a, en fait, plutôt fascinée. L'ambiance en est assez indescriptible; je ne savais absolument pas à quoi m'attendre en le lisant, mais certainement plus à une romance qu'au côté dramatique omniprésent. "Madame Bovary" intrigue, questionne et sensibilise; le rythme de lecture est parfois fastidieux, mais ce roman est intéressant et vaut le coup d'oeil.



Suzy Bess.