dimanche 24 mars 2019

Récap' #12 - 2019


Récapitulatif
de la 12ème semaine de l'année !



Cette semaine, j'ai de nouveau peu publié (1 article... *part se cacher*), mais il y a du mouvement en externe, ne vous en faites pas, et les prochaines semaines risquent d'offrir un peu plus de matière ! ;)

* Pas de lecture en cours *

* Quoi d'autre ? *

J'ai enfin réussi à écrire sur papier mon avis concernant le premier tome de Grace and Fury, je le publierai ces prochains jours.
*
J'ai terminé le second volume de Guerre et Paix, passionnant !
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Mercredi nous avons fêté le printemps (et la météo a été généreuse avec nous) mais également une année de plus dans mon existence. Toutes les jolies choses que l'on m'a offerte sont à retrouver dans le *PAL +8*.
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Tout à l'heure, je vous ai dit sur la page Facebook du blog que je ferai cet article demain, finalement je suis motivée à le faire tout de suite. ^^
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D'ailleurs, en parlant des réseaux, cette semaine était consacrée aux citations sur la page. Il y a eu sondages et échanges autour du sujet, résultats: vous êtes une large (très large) majorité à aimer les citations, mais il y en a parmi vous qui n'y prêtent pas attention; aucune des personnes ayant commenté le post ne surligne de passages dans les livres (je vous aime !); et vous avez partagé de très belles citations et dévoilé les beaux carnets qui vous servent. J'ai trouvé nos échanges passionnants ! Merci à vous d'avoir participé !
Et pour celles et ceux qui voudraient voir à quoi ressemblent les carnets de citations que j'utilise actuellement:
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Une vidéo très sympa pour les personnes qui souhaiteraient se construire une bibliothèque maison: ici.
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Ce graphique du Parisien interpelle, ne trouvez-vous pas ?
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Emma, de Jane Austen, va se voir une nouvelle fois adapté. Je n'attendais pas forcément de nouvelle version, les adaptations existantes étant déjà tout à fait plaisantes selon moi, mais si vous voulez jeter un œil aux premières infos concernant le casting, c'est: ici !
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J'ai découvert une nouvelle page (!!!), et avec elle un projet séduisant: Orgueil, Préjugés et Sortilèges réunit deux des univers que j'aime le plus au monde - Orgueil et Préjugés, de Jane Austen, et Harry Potter - et a monté une campagne Ulule afin de créer un fan-film sur ces-dits univers. Plus d'infos: par là. Affaire à suivre mes Nomades...


Eh bien ! Comme quoi, j'ai finalement trouvé matière à communiquer pour ce Récap' ! ^^ 

A bientôt !

Suzy B. 

PAL +8



...+8 !

Bonjour les Nomades !

On se retrouve aujourd'hui pour un *PAL +* un peu spécial. En effet, cette semaine nous avons changé de saison et, en même temps que le printemps, s'est présenté mon anniversaire; j'ai été très gâtée, avec 8 livres et d'autres bien beaux cadeaux:

 
Un carnet absolument sublime (chaque page à l'intérieur est différente et a son thème précis) accompagné d'un stylo tout aussi superbe.

 *

Un bien joli porte-monnaie (et sa citation "monnaie, monnaie, monnaie, must be funny... ;)" - indémodable ABBA) et un marque-page magnifique.

 *
 
Le livre Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, de Celeste NG, une auteure que je connaissais pas du tout, ce sera donc une intéressante découverte.
Résumé: Lydia, seize ans, est morte. Mais sa famille l'ignore encore... Élève modèle, ses parents ont placé en elle tous leurs espoirs. Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de médecine qu'elle n'a pas pu accomplir. Son père, James, professeur d'université d'origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu'il a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus. Mais le corps de Lydia gît au fond d'un lac. Accident, meurtre ou suicide ? Lorsque l'adolescente est retrouvée, la famille Lee, en apparence si soudée, va devoir affronter ses secrets les mieux gardés.

*
 
Le coffret Blu-ray/DVD de Silent voice (l'adaptation du manga du même nom), comprenant en plus des disques un livret sur le film.

*

L'écume des jours, le roman de Boris Vian, ainsi que le coffret Blu-ray/DVD de son adaptation.
Résumé: Un titre léger et lumineux qui annonce une histoire d'amour drôle ou grinçante, tendre ou grave, fascinante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans. C'est un conte de l'époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, féerique et déchirant.

Et le coffret cache un joli pop-up:

* 

Skeleton Creek, tome 2: engrenages, de Patrick Carman.
Résumé: Voilà ce qui arrive quand on est trop curieux. Sarah et moi avons voulu percer les mystères de notre ville. A tout prix. Et nous nous sommes fait piéger. Car les secrets enfouis dans Skeleton Creek sont plus sombres qu'ils ne le paraissaient au premier abord. Pièce après pièce, je tente de reconstituer le puzzle du passé. Sarah, elle, prend de plus en plus de risques. Caméra à l'épaule, elle s'introduit partout; elle n'ignore pourtant pas que quelqu'un - vivant ou mort - nous observe. Chacun de ses films est plus terrifiant que le précédent. Mais, nous le savons tous les deux, rien ne nous fera renoncer à découvrir ce que cachent les habitants de Skeleton Creek.

*

Cranford, d'Elizabeth Gaskell.
Résumé: Au XIXe siècle, le petit village anglais de Cranford vit au rythme des discussions autour du thé et des entorses aux convenances. Au fil des saisons, Mary Smith rend visite à ses amies et connaissances. Elle est ainsi témoin de tous les grands et petits évènements qui bouleversent la société de Cranford: deuils, scandales amoureux mais aussi manque d'argent. Car ces dames de bonnes familles se doivent de dissimuler leur pauvreté sous le vernis de l'élégance.

*
 
Mary Barton, d'Elizabeth Gaskell, encore.
Résumé: Angleterre, 1839. Les ouvriers des filatures de Manchester, durement éprouvés par la misère et la maladie, se mettent en grève. La jeune et jolie Mary Barton, apprentie couturière, vit seule avec son père, syndicaliste aux positions radicales. Courtisée à la fois par Jem Wilson, le fils de l'ami de son père, et par Harry Carson, le fils du patron des filatures, elle va devoir choisir.

*

Les confessions de Mr Harrison, d'Elizabeth Gaskell, toujours.
Résumé: L'arrivée à Duncombe de Mr Harrison, jeune médecin londonien célibataire, met la gente féminine en émoi. Les jeunes filles revêtent leurs plus belles tenues, leurs mères organisent moult thés, bals et rencontres inopinées. Le village commente chaque fait et geste de ce beau parti qui tente de ne pas commettre d'impair, car le vent tourne vite à Duncombe, l'état de grâce ne dure jamais longtemps...

*

La dame du manoir de Wildfell Hall, d'Anne Brontë, la seule des sœurs Brontë dont je n'ai pas encore lu la plume !
Résumé: L'arrivée de Mrs Helen Graham, la nouvelle locataire du manoir de Wildfell, bouleverse la vie de Gilbert Markham, jeune cultivateur. Qui est cette mystérieuse artiste, qui se dit veuve et vit seule avec son jeune fils ? Quel lourd secret cache-t-elle ? Sa venue alimente les rumeurs des villageois et ne laisse pas Gilbert insensible. Cependant, la famille de ce dernier désapprouve leur union et lui-même commence à douter de Mrs Graham... Quel drame s'obstine-t-elle à lui cacher ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ?

*

Vingt-mille lieues sous les mers, de Jules Verne, dans l'édition de la collection Le Monde.
Résumé: Le professeur Aronnax, son domestique Conseil et le harponneur Ned Land, qui cherchaient à capturer un fantastique monstre marin, se retrouvent prisonniers du capitaine Némo, à bord de son sous-marin le Nautilus. Quel lourd secret cache Némo pour vouloir les retenir ainsi à jamais ? C'est alors que parallèlement au fabuleux périple maritime qu'ils entament, s'engage une lutte psychologique et culturelle entre Aronnax et Némo.

*

Et de jolies petites cartes d'anniversaire:


Ce fut donc bien rempli et je remercie chaleureusement ces personnes qui, en plus de me montrer leur amour et leur amitié à chaque instant, m'ont offert tant de belles choses !


Suzy. 

dimanche 17 mars 2019

Récap' #11


Récapitulatif de la 11ème semaine de l'année

Peu de mouvement sur le blog cette semaine.

Je n'ai toujours pas réussi à écrire mon avis sur le premier tome de Grace and Fury, espérons que la semaine qui vient m'inspirera plus.

* Lecture en cours *

* Guerre et Paix, tome 2, de Tolstoï.
J'arrive à la fin mais je traîne un peu. ^^

* Quoi d'autre ? *

Deux livres (un SP et un cadeau) et un colis mystérieux reçus, à retrouver dans le *PAL +2*.
*
 La couverture du quatrième tome de la saga Harry Potter en version illustrée par Jim Kay à été dévoilée !
*
J'ai vu de jolis films adaptés de livres:
* Alita: Battle Angel, d'après le manga Gunnm, de Yukito Kishiro.
* A l'Est d'Eden, adapté du roman éponyme de John Steinbeck.
* Pique-Nique à Hanging Rock, d'après le roman du même nom de Joan Lindsay.
Trois films aux ambiances très différentes et particulières, j'ai beaucoup aimé.
*
Rien d'autre à dire, des évènements ont fait que j'ai été peu présente ces derniers jours.


Bonne semaine les Nomades !


Suzy B. 

PAL +2


Pile A Lire +2



Bonjour tout le monde,

Cette semaine, deux nouvelles lectures ont intégré ma bibliothèque.

Service-Presse

* Streets of San Francisco, l'histoire du rock dans la Bay Area, de Arnaud Devillard et Olivier Bousquet.

Résumé: Dans ce nouveau guide thématique, les deux auteurs partagent leur curiosité pour la ville du peace and love, des fleurs dans les cheveux et des acid tests au LSD. C'est là, au mitan des années soixante, que surgit une musique folle jouée par des groupes aux noms étranges. Les voilà partis sur les traces de Janis Joplin qui lance sa carrière en chantant dans une ancienne caserne de pompier. Un crochet par le manoir du Jefferson Airplane qui existe toujours en face du Golden Gate Park puis par un stade au bord de la baie où les Beatles livrent leur dernier concert officiel, en souvenir de Geroge Harrison, traumatisé par sa visite de Haight-Ashbury. Plus loin, U2 fait scandale avec un concert inopiné dans le Financial District, et si on pousse parmi les anciens coffeehouses de l'époque beat et des clubs de strip-tease de North Beach, on découvre le quartier de San Francisco qui a vu renaître le punk avec entre autres Dead Kennedy. Rancid et Green Day suivront. Une balade dans une des capitales culturelles du monde où chaque rue déborde d'histoire.

Je remercie les éditions Le Mot et Le Reste pour cet envoi (avec le marque-page), ainsi que Babelio pour sa Masse Critique. Je suis très curieuse de découvrir ce livre, que j'accompagnerai d'une excellente playlist.
 
***
 
Cadeau

* Voyage au Centre de la Terre, de Jules Verne.
Résumé: Ce livre raconte l'histoire d'un scientifique, le Professeur Lidenbrock, et de son neveu Axel, qui découvrent le mystérieux parchemin d'un certain Arne Saknussemme. Dans ce parchemin, ils découvriront qu'il est maintenant possible d'aller au centre de la Terre. Alors ils décideront de se lancer dans cette aventure, avec leur guide. Là-bas ils découvriront un monde aussi époustouflant que terrifiant...

Avez-vous entendu parler de la nouvelle collection proposée par Le Monde ? On m'a offert ce premier livre, un grand classique de l'auteur, qui est bien beau.

***
 
Autre chose...

Music is so Nice m'a envoyé un joli colis (merci David !). Mais je ne pourrai pas l'ouvrir avant mercredi prochain, le mystère reste donc entier. ;)


Et vous, des nouveautés ?


Suzy B. 

dimanche 10 mars 2019

Récap #10 - 2019


Récapitulatif de la 10ème semaine de l'année



Gros programme ce mois-ci.

Ayant de gros pavés à lire en mars, j'essaie de me plonger un peu plus longtemps que d'habitude dans l’activité littéraire, ce qui fait que j'ai déjà enchaîné trois lectures et qu'une quatrième est en cours !

* Chroniques *

Deux excellentes lectures chroniquées sur le blog:
 
* Réparer les Vivants, de Maylis de Kerangal.


* Guan-Gong Dit Oui, de Charlotte Pollet.

  
* Lecture terminée *

Terminé il y a plusieurs jours, je n'ai toujours pas écrit mon avis sur papier concernant ce roman lu dans le cadre du challenge "mars au féminin"; j'ai beaucoup de mal à définir mon ressenti...

* Grace and Fury, tome 1, de Tracy Banghart.
  
* Lecture en cours *

Je me replonge avec délice dans le chef-d’œuvre russe:

* Guerre et Paix, tome 2, de Tolstoï.
 
* Quoi d'autre ? *

Pas de publication particulière sur le blog, par contre les réseaux nous ont appris cette semaine que:

* Who is this girl? se lance dans un projet de café associatif mêlant livres et autres arts et divertissements. Des votes sont ouverts pour lui trouver un nom: ici !

* Il existe une explication chimique quant au fait que nous aimions l'odeur des livres.

* Un tome 3 de "Poldark", de Winston Graham, est sorti aux éditions de l'Archipel.
***

Et voilà, c'est tout pour ce soir.
A bientôt !


Suzy B.
 

Guan-gong dit oui


Guan-Gong Dit Oui
Auteure: Charlotte Pollet
Éditeur: L'Asiathèque
Nombre de pages: 160

Je remercie L'Asiathèque et Pascaline pour cette lecture !

* Quatrième de Couverture *

La seule véritable aventure, c'est de tout laisser. Un aller sans retour et sans savoir où l'on va. Lâcher prise, se laisser porter, abandonner toute détermination,et le plus difficile, s'y complaire. Déposer les armes devant l'angoisse des lendemains, comme un ultime combat contre soi-même. Voilà, c'est ça, vaincre en déposant les armes. C'est dans cet état d'esprit que j'ai débarqué à Taiwan avec l'idée saugrenue de faire des mathématiques en chinois.
 
* Mon Avis *

Quelle incroyable tranche de vie !

Après avoir enseigné la philosophie, Charlotte Pollet se rend soudain compte de la lassitude du métier qui l'a gagnée. Sans objectif clair, elle s'engage alors à aller suivre des études de mathématiques à Taiwan. Elle va rapidement comprendre s'être embarquée dans une entreprise hasardeuse, et les nombreuses épreuves qu'elle va devoir affronter afin de passer son diplôme vont se révéler aussi éprouvantes physiquement qu'une bataille.

Ce récit est excellent ! L'auteure, à la plume naturelle, pétillante et accessible, y décrit des situations aberrantes et stressantes avec un humour délicieux. En changeant de pays en même temps que d'orientation professionnelle, elle se confronte à l'incompréhension, de tous et de tout; d'une nation à l'autre, d'un continent à l'autre même, ce ne sont pas seulement les traditions qui diffèrent, mais la manière même de vivre et de voir cette vie, de l'appréhender, tout comme, dans le cas présent, la manière d'étudier et d'éduquer. Dans ce genre de contexte, parvenir à ses fins révèle vraiment d'un combat, non seulement contre les personnes l'entourant mais ne faisant pas grand chose pour lui venir en aide, alors même que l'on peut tout à fait comprendre sa détresse, mais aussi contre soi-même et l'idée si facile d'abandonner. Férue d'apprendre, éprise de nouvelles expériences, Charlotte Pollet, cette femme intelligente qui semble aimer les sensation fortes, en a eu pour son compte - et plus encore ! Quitter son emploi confortable, se lancer dans une nouvelle aventure, portée par le destin, se dire que "faire des mathématiques en chinois... pourquoi pas ?", puis se rendre compte qu'il faut totalement réapprendre la langue qu'elle pensait maîtriser, étudier des éléments incompréhensibles, défier le temps, les éléments, les situations... Son histoire est juste fascinante, la personne qu'elle est tout autant. On se réjouit autant qu'on s'inquiète à ses côtés; et comment ne pas applaudir sa démarche et son courage ? J'ai vraiment adoré cette lecture et j'espère que l'auteure nous donnera l'occasion de la lire à nouveau prochainement !
 
* Parlons Couverture *

J'aime le style épuré et sépia de L'Asiathèque. Il suffit parfois de peu !


Citations:

* Se sentir étrangère chez soi: c'est étrange. Quitte à avoir la tête ailleurs, il est alors légitime de partir. Il est plus naturel d'être étrangère à l'étranger.

* On a tous besoin d'un sommet à gravir au moins une fois dans sa vie.

* La seule véritable aventure, c'est de tout laisser. Un aller sans retour et sans savoir où l'on va. Lâcher prise, se laisser porter, abandonner toute détermination,et le plus difficile, s'y complaire. Déposer les armes devant l'angoisse des lendemains, comme un ultime combat contre soi-même. Voilà, c'est ça, vaincre en déposant les armes.

* Quand on a fait le tour de ce qui est qualifié d'utile, seul l'inutile prend sens. L'inutile est nécessaire.

* Fermer les possibles est la plus grande mise en danger que l'humanité ait connue.

* [...] la frontière entre possible et impossible n'est qu'une question de tournure d'esprit.

* C'est précisément par trop de conscience qu'on finit par suivre les chemins balisés.

* Alors je me lève et je vais rencontrer le monde. Son bruit, son fourmillement, ses conflits nécessaires. Être au monde, c'est se confronter. Il faut sortir pour ne pas pourrir.

* Existe-t-il une réalité extérieure aux humains ? Les hommes ne fabriquent-ils pas la vérité à leur usage ? Tout ce que les hommes font devient réel.

* Les erreurs sont encore trop souvent considérées comme des fautes dont on est coupable et non comme les moments nécessaires de l'apprentissage.

* Après tout, pourquoi se préoccuper d'une difficulté qui ne se présente pas encore ? Anticiper, c'est fabriquer un problème qui pourrait ne pas exister. Il y a un mur au bout de la route. Soit. Peut-être qu'il n'y en aura plus quand on arrivera. Et il faut d'abord le voir ce mur avant de s'interroger. Pas la peine de se prendre la tête avant. Un peu de stoïcisme appliqué à la façon Zen, ça ne peut pas faire de mal.

* Il ne suffit pas de lire pour comprendre. En fait, il faut comprendre pour lire. Sinon aucun sens n'apparaît à travers les mots. On comprend mal, on comprend ce qu'on veut ou ce qu'on peut comprendre. On ne lit que pour trouver une approbation, des mots sur ce qu'on sait et qu'on ne sait pas encore dire. Il faut donc être prêt à entendre avant de lire.

* Aussi génial ou doué que vous puissiez être, apprendre sans effort n'est pas apprendre. Il faut apprendre l'effort lui-même. Les erreurs ne viennent pas d'un manque de connaissance dont il faudrait avoir honte. Elles traduisent un moment de manque de compétences, qui ouvre sur une chance d'apprendre. Il n'y a pas d'apprentissage sans erreur. Sans effort, pas de nouvelles compétences. Celui qui ne s'est jamais trompé, celui qui ne sait pas dire "je ne sais pas" n'a jamais rien appris et n'apprendra jamais rien. La prochaine fois que vous vous trompez, criez hourra. En tout cas, tant qu'il n'y a pas mort d'homme.


Suzy Bess.

 
 

jeudi 7 mars 2019

Réparer les Vivants


Réparer les Vivants
Auteure: Maylis de Kerangal
Édition: France Loisirs
Nombre de pages: 281

* Quatrième de Couverture *

Dans l'insouciance de leurs dix-neuf ans, trois lycéens rentrent au Havre un matin de février après une session de surf au pied des falaises du pays de Caux. Mais quand leur van percute un poteau, Simon, qui roule sans ceinture de sécurité, vient percuter de plein fouet le pare-brise. Il sombre dans un coma dont il ne se réveillera pas. Son cœur, lui, bat encore. Il est attendu à Paris, où il doit sauver la vie de Claire, traductrice en attente de greffe. Du C.H.U. du Havre à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, l'aventure d'un cœur et des vies qui palpitent autour de lui.
 
* Mon Avis *

Renversant, ce roman m'a subjuguée.

Simon Limbres et ses deux amis, Johan et Chris, jeunes surfeurs du Havre de retour d'une session, ont un terrible accident de la route. Si les deux derniers s'en sortent avec de vilaines fractures, Simon, lui, se trouve en état de mort cérébrale. Les médecins doivent alors présenter à ses parents, Marianne et Sean, la possibilité d'un don d'organes. Aux quatre coins de la France, la réponse à cette proposition peut sauver des vies.

Avec un titre magnifique tiré d'une citation du "Platonov" d'Anton Tchekhov - "Enterrer les morts et réparer les vivants !" -, Maylis de Kerangal impose dès les premières lignes son style percutant fait de longues phrases (la première du livre s'étale sur deux pages), détaillant les impressions de chaque moment de la journée qui nous est relatée, afin d'évoquer avec justesse le sujet du don d'organe - la perte et le deuil que cela représente d'un côté, la joie partagée entre honte et doute ressentie de l'autre. Ainsi, le choc, la douleur incompréhensible des parents face à la nouvelle qui fait chavirer leur vie et la perception qu'ils en avaient jusque là, tout cela est retranscrit avec une telle authenticité que lire ces pages en devient oppressant; mais on ne peut, dans le même temps, qu'être fasciné par ce talent d'écrivaine. Traiter d'une situation exceptionnelle avec la mécanique de l'habitude, montrer que des évènements tragiques font partie du quotidien de certaines personnes - les médecins -, voilà aussi ce que nous propose l'auteure. En mettant en place l'intrigue sur un délai d'une journée, c'est un sentiment d'urgence qui s"installe; et Maylis de Kerangal use, tout en contraste, d'un ton à la fois impersonnel mais aussi terriblement intime, détaché et totalement concerné. Comme je le disais plus haut, le résultat est renversant, et nos sentiments s'emmêlent à la lecture de ce roman bouleversant.
 
* Parlons Couverture *

"The Place in Between", photographie de Narelle Autio, est magnifique et représentative: cet endroit entre deux, entre le fond et la surface, entre se noyer et respirer, entre la vie et la mort; cet air au dessus du corps qui rappelle qu'un grand plongeon a précédé. J'ai peu de choses à en dire, l'image et son nom parlent pour eux.


 Citations:

* Il faudrait un jour qu'elle sache dans quel sens s'écoule le temps, s'il est linéaire ou trace les cerceaux rapides d'un hula-hoop, s'il forme des boucles, s'enroule comme la nervure d'une coquille, s'il peut prendre la forme de ce tube qui replie la vague, aspire la mer et l'univers entier dans son revers sombre, oui il faudrait qu'elle comprenne de quoi est fait le temps qui passe.

* [...] ils se regardent une fraction de seconde, puis un pas et ils s'étreignent, une étreinte d'une force dingue, comme s'ils s'écrasaient l'un dans l'autre, têtes compressées à se fendre le crâne, épaules concassées sur la masse des thorax, bras douloureux à force de serrer, ils s'amalgament dans les écharpes, les vestes et les manteaux, le genre d'étreinte que l'on se donne pour faire rocher contre le cyclone, pour faire pierre avant de sauter dans le vide, un truc de fin du monde en tout cas quand, dans le même temps, dans le même temps exactement, c'est aussi un geste qui les reconnecte l'un à l'autre - leurs lèvres se touchent -, souligne et abolit leur distance, et quand ils se désincarcèrent, quand ils se relâchent enfin, ils sont comme des naufragés.

* Pour l'heure, ce qu'ils ressentent ne parvient pas à trouver de traduction possible mais les foudroie dans un langage qui précède le langage, un langage impartageable, d'avant les mots et d'avant la grammaire, qui est peut-être l'autre nom de la douleur, ils ne peuvent s'y soustraire, ils ne peuvent lui substituer aucune description, ils ne peuvent en reconstruire aucune image, ils sont à la fois coupés d'eux-mêmes et coupés du monde qui les entoure.


Suzy Bess.