samedi 30 septembre 2017

Lovely Hair #1


Lovely Hair, volume 1
Titre original: "Kamikami Kaeshi, vol. 1"
Mangaka: Ema Toyama
Editeur: Pika Edition
Traduit du japonais par: Soizic Schoonbroodt
Nombre de pages: 160

* Quatrième de Couverture *

Quand les dieux s'en mêlent...

Dans la religion shintoïste, un rituel permet d'accueillir les dieux éreintés dans la chevelure de certains élus. C'est le rôle qu'assume la petite Mashiro, confinée dans une pièce par sa tante qui la déteste et surveillée de près par Hayate, un beau ténébreux. Mais un jour, un dieu s'échappe de ses cheveux tandis qu'elle se transforme en une ravissante jeune fille...
C'est le début d'une aventure peuplée de créatures divinement belles !
  
* Mon Avis *

Petit manga sympathique, ce "Lovely Hair" nous permet de découvrir de jolies légendes et/ou croyances qui font la culture japonaise.

Depuis treize ans, Mashiro vit enfermée dans une pièce minuscule avec pour seule vue sur le monde une petite ouverture dans un mur et son imagination. Ne pouvant se développer normalement, la jeune fille de seize ans ressemble alors à une enfant. L'explication d'un tel enfermement est dû à ses immenses cheveux; en effet, lorsqu'elle avait trois ans, un rituel à permis à des dieux épuisés de trouver pour quelques temps le repos dans sa chevelure, en conséquence de quoi il lui est impossible de les couper. Mais c'est une autre fillette qui était normalement destinée à accueillir les dieux... La tante de Mashiro, furieuse, la garde désormais prisonnière par pure vengeance. Jusqu'au jour où Hinokagu, dieu du feu, parvient à s'échapper et libérer par la même occasion la jeune fille. Accompagnés de Hayate, ami d'enfance de Mashiro et charger de veiller sur elle autant que d'empêcher les dieux de sortir des longs cheveux, ils vont tenter de trouver un abri.

Ce premier volume (sur les huit que compte la série) est agréable à lire, je ne connaissais pas cette histoire - des dieux se reposant dans des cheveux - de la mythologie japonaise, c'est original et poétique. 
Ema Toyama possède un joli trait, mais j'ai parfois dû m'y reprendre à plusieurs fois pour lire certaines scènes où les actions et/ou dialogues n'étaient pas clairement définis, cela peut apporter un côté un peu brouillon à la lecture.
Néanmoins, j'ai bien aimé découvrir la naïve Mashiro qui est vraiment mignonne comme tout. Il arrive au fil du récit qu'elle passe de l'état de petite fille à celui de jeune femme, son corps se transformant soudainement. Je n'ai pas vraiment adhéré à cette évolution instantanée mais j'imagine très bien que cela va pouvoir permettre des quiproquos intéressants dans la suite des aventures. D'ailleurs, les relations entre les personnages sont déjà pleines de sous-entendus plutôt polissons, cela m'a beaucoup fait rire; surtout que Hayate semble préférer Mashiro lorsqu'elle a l'apparence d'une petite fille, ce que le dieu Hinokagu (qui à libéré la demoiselle) ne manque pas de lui faire remarquer, en le traitant par exemple de "lolicon" (mot défini dans le manga comme la contraction de "Lolita" - du roman de Vladimir Nabokov, racontant l'histoire d'un homme mûr amoureux d'une fillette - et de "complex" qui, en anglais, désigne l'attirance sexuelle pour une petite fille). Il n'y a rien d'érotique dans ce manga, mais j'ai adoré cet humour un peu grivois sur les bords.

Je ne suis pas forcément curieuse de connaître l'évolution de l'intrigue - d'ailleurs on ne sait rien des motivations de Hinokagu, il n'y a pas vraiment de direction de prise - mais il y a tout de même une raison bien particulière au fait que je découvrirai le tome 2 avec plaisir: je suis tombée sous le charme d'un personnage très chevaleresque à la fin du manga, et je veux absolument savoir ce qu'il va devenir ! ^^ Ah... superficialité, quand tu nous tiens !
 
* Parlons Couverture *

Les couvertures de manga représentent quasiment toujours les héros de l'histoire, et c'est bien le cas ici. Nous voyons donc Mashiro (à l'état de jeune femme) et derrière elle Hinokagu. Les cheveux de notre héroïne sont blancs, le reflet rose ici doit donc être voulu...



Suzy B.

  

vendredi 29 septembre 2017

L'Accusé du Ross-Shire


L'Accusé du Ross-Shire
Documents Relatifs à l'Affaire Roderick Macrae
Titre original: "His Bloody Project, Documents relating to the Case of Roderick Macrae"
Auteur: Graeme Macrae Burnet
Editeur: Sonatine Editions
Traduit de l'anglais par: Julie Sibony
Nombre de pages: 333
A paraître le 12 Octobre 2017

Je remercie Sonatine éditions et Babelio pour cette lecture,
lue dans le cadre d'une Masse Critique.

* Quatrième de Couverture *

Finaliste du Booker Prize, un formidable puzzle aussi divertissant qu'intelligent.

Alors qu'il fait des recherches sur ses ancêtres écossais, Graeme Macrae Burnet découvre des archives relatives à une étrange affaire. En 1869, Roderick Macrae, dix-sept ans, a été arrêté après un triple assassinat dans un village isolé des Highlands. Dans un document écrit, le jeune homme relate sa vie et ses meurtres, sans jamais donner le moindre détail sur ses mobiles. Hormis ce récit, aucune preuve tangible de sa culpabilité n'a été trouvée. Etait-il tout simplement fou ?
Graeme Macrae Burnet nous livre toutes les pièces du procès: témoignages, articles de journaux, rapports des médecins. Peu à peu, le doute s'installe. La solution semble se trouver dans la vie de cette petite communauté repliée sur elle-même, où chacun doit rester à sa place, sous peine de connaître les pires ennuis.

Finaliste du Booker Prize 2016, ce thriller hors norme nous propose un voyage entre réalité et fiction d'une rare intelligence. Alors que peu à peu les pièces du puzzle se mettent en place dans un suspense omniprésent, l'auteur, servi par une écriture remarquable, fait revivre toute une époque, ses moeurs, sa psychiatrie, son appareil judiciaire, son système de classe, et pose des questions qui restent d'une actualité brûlante. Quelle autre solution que la violence dans un monde qui ne vous laisse aucun avenir ? Qui pour défendre les intérêts de ceux qui ne représentent rien ? Comment échapper à ses origines ? Rares sont les romans qui conjuguent de la sorte sens de l'intrigue, plaisir et réflexion. Un coup de maître.
  
* Mon Avis *

Avant d'écrire cet avis, il m'a fallu effectuer des recherches et vérifications afin de mieux comprendre ma lecture. En effet, la quatrième de couverture ainsi que la préface de l'auteur m'ont désorientée et ont pu altéré mon jugement envers les lignes de ce roman, qui est pourtant très intéressant.

Roderick Macrae est un jeune homme solitaire et taciturne. Dans son village des Highlands, à Culduie, lui et les membres de sa famille sont quelque peu mis à part à cause de leur réserve. Lachlan Mackenzie, dit "le Large", semble nourrir à leur encontre une haine inexplicable et, lorsqu'il est élu Constable du village (ayant alors pour rôle de régir la loi auprès des habitants), se met à persécuter la famille de manière ingénieuse, sans jamais sortir des limites de la loi et qu'on puisse lui reprocher quoi que ce soit. Quelques temps après, le jeune Roderick l'assassine lui et deux autres membres de sa famille, avouant par la suite ouvertement les faits sans paraître ressentir le moindre remords. Nous assistons au procès.

Ce roman est intelligemment pensé ! L'auteur fait croire aux lecteurs que l'histoire qui nous est contée est vraie, et qu'il l'a découverte en faisant des recherches sur ses aïeux. Présentant le récit principal comme écrit par l'accusé lui-même alors qu'il était en prison, Graeme Macrae Burnet va jusqu'à avancer subtilement dans sa préface que l'écriture romancée du récit (qui ne semble alors pas vraiment d'époque, les habitués/ées des oeuvres historiques ne s'y tromperont pas) pourrait être dû aux infimes changements qu'il a apporté au texte pour une meilleure compréhension. On se fait avoir ou pas, moi j'ai passé toute la durée de ma lecture à douter; et ne pas être certaine du bien-fondé de ces lignes m'a curieusement beaucoup dérangé, je n'ai pas pu savourer ce roman comme je l'aurai alors souhaité. En vérité, donc, cette histoire n'est que pure fiction, même si l'auteur s'est approché au plus près de la réalité historique concernant la vie en Ecosse en 1869 grâce à des recherches bien menées. Pas de doute que j'ai été embarquée sur place à cette époque, les descriptions sont des plus réussies !

J'ai grandement apprécié le contexte de l'histoire: l'accusé du titre (Roddy est un curieux jeune homme, auquel on s'attache sans y prendre garde), attendant son procès, rédige à la demande de son avocat (assez naïf mais attachant également grâce à ce trait de sa personnalité) une sorte de mémoires, c'est par ce biais que nous découvrons sa vie. Puis nous assistons au procès méticuleusement détaillé après avoir pu lire des dépositions de témoins et comptes-rendus de médecins, tout en suivant l'avis de certains journalistes. En somme, cet ouvrage m'a paru comme un petit ovni très intéressant car il est abondamment fourni et qu'il nous laisse nous faire notre propre opinion concernant l'affaire.

Reste le fait que la manière de faire de l'auteur m'a laissée un goût amer. Ne nous y trompons pas: je suis tout à fait partante pour que l'on me fasse croire qu'un récit fictif est vrai (Nicholas Meyer m'avait fait vivre un épisode semblable et j'avais adoré ça !), mais ici... ah, je ne sais pas comment exprimer cela... Je crois bien que c'est le fait que l'auteur ait été jusqu'à écrire une fausse préface qui m'a gênée. Ces parties des livres sont importantes pour moi, je les prends toujours avec sérieux car c'est l'instant où l'écrivain est censé se confier avec sincérité sur la conception de son ouvrage et ses motivations. Je lui ai fait confiance tandis qu'il jouait le jeu de sa création, résultat: je me suis tout simplement sentie flouée.
C'est bien la première fois que j'écris l'un de mes avis en ressentant un peu de rancoeur envers le romancier, mais le fait est que c'est ce qui se passe. J'ai conscience de surtout juger la manière de faire, et j'en suis désolée, ça peut paraître puéril, mais c'est vraiment un sentiment persistant qui m'est resté après ma lecture: je me devais d'en parler et de détailler ce ressenti.

L'auteur a donc pris le parti de jouer totalement son jeu et c'est une réussite, il peut en tout point être fier de lui: même un journaliste du Times a présenté ce roman comme une affaire véritable ! Personnellement je trouve cela dommage (mais d'autre trouveront le procédé absolument brillant, et je comprends ce point de vue), car l'histoire en elle-même est vraiment captivante ! En tout honnêteté, je ne peux QUE vous conseiller de découvrir ce livre, il est intrigant, pertinent et élaboré ! Ne vous fiez donc surtout pas à mon jugement somme toute très personnel, et n'hésitez pas à tenter: ce roman est très bien !

Petit plus à l'usage des renifleuses et renifleurs: le livre sent rudement bon !
 
* Parlons Couverture *

Félicitations à Rémi Pépin qui nous livre une composition superbe ! Cette couverture est vraiment très belle et chaque élément est parfaitement placé. Les feuilles jaunies nous rappellent que l'histoire se déroule au XIXe siècle, et les tâches de sang font références au macabre de l'affaire. Le trombone, quant à lui, cache judicieusement le nom de la maison d'éditions et laisse donc à penser que les documents sont ressortis des placards pour être examinés à l'ère moderne. Rien à redire, j'adore !



Suzy B.

  

jeudi 28 septembre 2017

Le Journal d'une Grosse Nouille #7


Le Journal d'une Grosse Nouille,
tome 7: Une Starlette au Coeur Fondant
Titre original: "Dork Diairies 7 - Tales from a NOT-SO-Glam TV Star"
Auteure: Rachel Renée Russell
Editeur: Milan
Traduit de l'américain par: Virginie Cantin
Nombre de pages: 342

* Quatrième de Couverture *

- Ne m'en veux pas, Nikki, mais je vais devenir vedette d'un show télé !
On parlera de ma vie, de mes talents, de ma beauté, de ma générosité !
- Alors ce show sera une fiction ? J'ai hâte de voir ça, MacKenzie !

Nikki la star ! Nikki la gloire ! Nikki prépare un disque avec ses MAV et devient vedette de télé-réalité !
Au programme: tournages, enregistrements, leçons de chant, leçons de danse... Waouh !
Mais... et Brandon dans tout ça ?
  
* Mon Avis *

Septième tome très sympathique pour la série de Rachel Renée Russell, et certainement celui que les fans de Nikki attendent le plus !

Il y a quelques mois (dans le tome 3), Nikki et ses amis/es créaient un groupe de musique et une chanson les représentant qui n'étaient pas passés inaperçus auprès d'un célèbre producteur. L'heure est venue pour ces jeunes gens d'enregistrer leur disque. Dans le même temps, il est proposé à Nikki d'avoir sa propre émission de télé-réalité suivant ses débuts de "Princesse de la Pop". Mais comme d'habitude, à trop vouloir en faire, notre héroïne se laisse vite submerger par ses obligations: devoirs pour l'école, enregistrements de leur chanson, cours de chant et de danse, et ces caméras qui lui volent son intimité... la jeune fille ne sait plus où donner de la tête et n'arrive plus à passer du temps avec Brandon qui rencontre, de son côté, quelques problèmes avec sa bourse d'études.

On le sait, Nikki est un peu déraisonnable, passionnée, stressée, superficielle, bref: Nikki est vraiment une nouille (et pas si grosse que ça, soit dit en passant). Mais les aventures qu'elle vit peuvent parfois vraiment être délicieuses ! A nouveau, l'auteure nous offre un égayant vaudeville qui m'a aussi bien fait lever les yeux au ciel que rire sans retenue. Et comme souvent dans cette saga, Rachel Renée Russell traite de sujets actuels tout en restant toujours légère mais percutante; ici, les reality shows sont donc moqués, mais je ne suis pas certaine que la subtilité du cynisme dont elle fait preuve soit remarquée par chaque enfant qui lira ces pages et leur fera passer l'envie de se planter des heures durant devant la télé... mais l'effort est là et il est à saluer !

Quoi qu'il en soit, on passe de bons moments et la romantique en moi est totalement satisfaite de ce qu'elle a vu ! Sur ce point, cependant, je n'en dirai pas plus...
 
* Parlons Couverture *

Brillante, clinquante, cette couverture annonce la couleur ! Il y a de la starlette dans ces pages. Quand je l'ai vue, c'est l'enfant en moi qui a réagit avec des étoiles dans les yeux, alors imaginez la réaction des fillettes (à qui est premièrement destinée cette saga, je dois le rappeler), si ce livre atterri entre leurs mains !



Suzy B.

  

mercredi 27 septembre 2017

Six of Crows


Six of Crows
Titre original: "Six of Crows"
Auteure: Leigh Bardugo
Editeur: Milan
Traduit de l'américain par: Anath Riveline
Nombre de pages: 565

* Quatrième de Couverture *

KAZ BREKKER, dit "Dirtyhands", est le chef des "Six of Crows", une équipe de malfrats aux talents exceptionnels: INEJ, espionne défiant les lois de la gravité; MATTHIAS, soldat assoiffé de vengeance; NINA, Grisha aux puissants pouvoirs magiques; WYLAN, fugueur des beaux quartiers, expert en démolition, et enfin JESPER, tireur d'élite accro au jeu.

Ensemble, ils peuvent sauver leur monde de la destruction... s'ils ne s'entretuent pas avant !
  
* Mon Avis *

Excellente aventure que nous offre une auteure à l'imagination débordante et rigoureusement précise !

A Ketterdam, les malfrats font la loi. Kaz Brekker, lieutenant du gang redouté des Dreggs se voit proposer un contrat plus que fructueux, mais terriblement dangereux: libérer un savant du Palais de Glace, une prison imprenable. Ce physicien a créé une drogue redoutable permettant aux Grishas, des humains dotés de capacités magiques exceptionnelles, d'étendre leurs pouvoirs à l'infini. Eviter une guerre ou l'esclavagisme des Grishas n'est cependant pas ce qui va motiver le jeune homme à accepter, mais la récompense de plusieurs millions de kruge (leur monnaie) promise. Il forme alors une équipe de cinq autres talents en recrutant Inej, que l'on peut considérer comme sa seconde, espionne émérite surnommée le Spectre grâce au fait qu'elle sait recueillir les secrets comme personne, sans jamais se faire voir ni entendre; Jesper, un joueur endetté jusqu'au cou mais terriblement habile lorsqu'il s'agit de manier des armes à feu; Nina, une Grisha dont les pouvoirs ne pourront que se révéler utiles, mais qui est rongée par la culpabilité d'avoir fait emprisonner Matthias, ancien soldat et chasseur de Grisha que Kaz recrute à contrecoeur mais qui connaît parfaitement le Palais de Glace pour y avoir vécu et fait ses armes; et Wylan, jeune garçon doué dans la manipulation d'explosifs qui pourrait bien se révéler plus utile qu'il n'y paraît à premier vue... A eux six, ils vont former les Six of Crows.

Leigh Bardugo tente un pari risqué en nous présentant un univers nouveau, au lexique riche et aux personnages nombreux. Mais la romancière n'en est pas à son coup d'essai puisqu'elle est déjà l'auteure de la saga à succès "Grisha", qui semble proposer un univers tout aussi étendu que celui de "Six of Crows"; le rendu est donc une réussite.

L'histoire, intrigante et rythmée, devient vite une addiction: c'est toute la chronologie d'une ville, d'un pays et de ses voisins, que nous découvrons. Les consonances clairement néerlandaises nous plongent dans une atmosphère, à l'ambiance fin XIXe siècle, toute particulière que j'ai adoré savourer.
Les personnages ont tous des allures d'anti-héros intéressantes, je me suis rapidement attachée à certains d'entre eux, quand une réserve à l'encontre d'autres ne m'a pas lâchée jusqu'au bout.
Les héroïnes sont peu nombreuses, c'est peut-être ce qui m'a "poussée", si je puis dire, à me sentir immédiatement proche d'Inej et de Nina et à m'identifier à elles; j'ai découvert avec passion leur histoire, leurs douleurs, leur vécu, et voulais tout savoir à leur sujet.
Kaz, héros principal, possède sans conteste un charisme séduisant: il est le cerveau, la clé de chaque action du récit; son intelligence et sa manière de penser le rendent captivant.
J'avoue que je n'ai pas réussi à visualiser les protagonistes avec leur âge donné (ils ont en moyenne 17 ans), mais n'ai pu m'empêcher de les rapprocher du mien (25 ans), sauf concernant Wylan, le plus jeune... qui fait jeune. Cela ne m'a pas du tout dérangée cependant; on s'identifie tous d'une manière ou d'une autre aux personnages d'une histoire.

Il n'est pas forcément évident d'entrer dans l'univers de "Six of Crows", c'est complexe et les différents pays qui nous sont présentés possèdent leur propre Histoire, avec les guerres, épidémies et autres bouleversements qui vont avec... Pourtant, au bout de quelques pages, je suis aisément parvenue à m'infiltrer dans ce monde, acceptant que les faits que je ne comprenais pas me soient dévoilés au fur et à mesure du déroulement de l'intrigue; il faut se laisser porter. Les illustrations de Keith Thompson, en début d'ouvrage, nous aident également à nous situer dans l'espace.

L'action est le maître-mot des lignes de ce roman, et je m'en suis délecté sans modération ! Kaz ne dévoile jamais ses plans définitifs à ses acolytes, nous sommes donc souvent aussi surpris qu'eux de ce qui se passe; les retournements de situations sont parfois bluffants et durent jusqu'à la dernière page !

Ce roman est une lecture vraiment agréable, encore plus grâce à une certaine dose d'humour qui en parsème les pages. J'ai adoré le sentiment d'unité qui ressort peu à peu du groupe au fil des jours, tout comme leurs diverses personnalités. On ne s'ennuie à aucun moment et découvrir ce nouvel univers si intelligemment développé fut passionnant. Il me tarde désormais de lire la suite - qui m'inquiète déjà... - des aventures de mes nouveaux brigands préférés, et qui m'attend bien sagement dans ma bibliothèque.
 
* Parlons Couverture *

Thomas Walker nous offre une couverture sublime, qui garde l'esprit de celle d'origine (voir ci-dessous). Les six personnages principaux nous contemplent, derrière eux le corbeau représentant le gang des Dreggs (corneille ("crow") serait d'ailleurs plus exact ! mais c'est bien le corbeau ("raven") qui a été retenu dans la traduction...) et dont les ailes forment les contours des toits de Ketterdam. Le noir et blanc fait bien ressortir l'ambiance de l'intrigue et le brillant orange du titre. J'adore !

(couverture d'origine)



Citations:

* - La honte, ça a plus de valeur que les billets de banque.

* - Celui qui n'est pas né avec tous les privilèges apprend à saisir les opportunités.

* Quand on vous prend tout, vous trouvez un moyen de construire quelque chose à partir de rien.

* - Pas de sanglots, pas de tombeaux !



Suzy B.

   

mardi 26 septembre 2017

Le Roi Lear


Le Roi Lear
Titre original: "King Lear"
Auteur: William Shakespeare
Editeur: RBA France, Collection Le Monde
Traduit de l'anglais par: François-Victor Hugo
Nombre de pages: 263

* Résumé *

Méditation sans pareille sur le pouvoir, l'orgueil et la décadence, "Le Roi Lear" est une des grandes tragédies de la maturité de William Shakespeare. Cette pièce dont Victor Hugo vantait la "construction inouïe" est une oeuvre d'une rare densité, mettant en scène un personnage mythique, souvent offert en récompense aux plus grands interprètes et inspiré de la figure légendaire de Leir, roi de la Bretagne antique.
Outre l'introduction de François-Victor Hugo, vous trouverez dans ce neuvième volume des oeuvres complètes de Shakespeare, une préface de Pierre Iselin, professeur de littérature élisabéthaine à l'université Paris-Sorbonne.
 
* Mon Avis *

Drame familial de grande envergure, cette pièce est absolument captivante !

Sentant la vieillesse le gagner, le roi Lear souhaite abdiquer de ses droits et de ses terres en faveur de ses trois filles, Goneril, Régane et Cordélia. Mais pour effectuer le partage, il leur demande à quel point elles l'aiment. Usant de flatteries à l'excès, les deux premières gagnent le coeur orgueilleux du roi, mais Cordélia, la plus sincère des trois soeurs, use de mots trop simples pour déclarer son amour pourtant profond à son père, qui décide de la répudier et de la congédier aussitôt, sans lui laisser la moindre fortune autre que les vêtements qu'elle porte sur elle. Emu par la beauté, la gentillesse et l'amour dont fait preuve la jeune femme, le roi de France l'épouse alors. Tout à son fastueux train de vie, Lear, désormais logé par Goneril, va être trahi par ses deux filles aînées qui ne veulent plus l'avoir à charge. Le roi, se retrouvant misérable, va alors espérer chercher l'aide de l'honnête Cordélia, accompagné du fidèle comte de Kent et de son Fou perspicace; mais la tromperie qu'il a subi lui fait perdre la raison. Etroitement lié à cette histoire, le comte de Glocester va lui aussi subir la trahison d'un de ses fils avide de titre et de richesse.

"Le Roi Lear" est une histoire fascinante dont la valeur historique n'est pas tout à fait déterminée, mais considérée par une majorité comme réelle, d'où son côté mythique. Mythe ou vérité, il n'en reste pas moins que William Shakespeare s'est inspiré de plusieurs textes relatant la plupart des faits que l'on suit; François-Victor Hugo nous permet d'ailleurs dans cette édition, en "Appendices", de découvrir les récits originaux dont se serait donc basé le dramaturge: un extrait traduit du latin de la "Chronique Bretonne" de Geoffroy de Monmouth; l'un du "Roman de Brut", de Wace, en langue d'oïl; et enfin un extrait de "L'Arcadie", de Philipp Sydney. L'auteur fut longtemps calomnié pour avoir écrit une fin différente de celle présentée dans les précédentes versions, mais je suis de l'avis de ceux qui trouvent celle-ci parfaitement logique - je n'en dirai pas plus...
Exposant l'amour filial, les trahisons, la jalousie, la quête de pouvoir et la folie avec justesse, Shakespeare apporte à cette pièce beaucoup de matière et le rendu est prenant ! Les personnages principaux n'ont pas le monopole de la réussite: le Fou du roi, par exemple, ressort sensiblement même si on le voit peu; il est un protagoniste secondaire fascinant par les vérités qu'il dénonce avec tant de naïveté dû à son statut. Et le simple fait que Shakespeare ait osé mettre en scène en présence du roi Jacques Ier d'Angleterre cette pièce exhibant un souverain - être de droiture, de fierté, respectable - atteint de folie est remarquable, et incroyablement culotté !

C'est un récit complet, qui nous surprend par son côté romanesque et ses retournements de situations. J'ai vraiment pris plaisir à découvrir cette histoire, aussi sombre et terrible soit-elle. Il est dit que ce personnage est souvent offert en récompense aux interprètes, et il s'avère que je serais vraiment curieuse et enchantée de découvrir cette oeuvre sur scène, le spectacle doit être subjuguant !



Citations:

* Lear - N'être pas ce qu'il y a de pire, c'est encore être au niveau d'un éloge.

* Lear - La nécessité à l'art étrange de rendre précieuses les plus viles choses.



Suzy B.

  

lundi 25 septembre 2017

Une Autre Idée du Bonheur


Une Autre Idée du Bonheur
Auteur: Marc Levy
Editeur: Pocket
Nombre de pages: 352

* Quatrième de Couverture *

Il y a des rêves et des amours qui ne s'éteignent jamais.

Philadelphie, printemps 2010: Agatha s'évade de prison. Elle était pourtant tout près du terme de sa peine. Alors pourquoi ? Dans une station-service proche du campus, elle s'invite à bord de la voiture de Milly. C'est le début d'une cavale de cinq jours à travers l'Amérique avec le FBI à leurs trousses. Une course contre la montre pour découvrir un secret qui va changer leurs vies.
  
* Mon Avis *

Marc Levy est, pour moi, une valeur sûre; même si cela peut arriver, je suis rarement déçue par ses romans. Ce road-trip m'a embarquée à pleine vitesse, j'ai adoré !

Milly vit dans une routine exagérément ponctuelle, mais un jour, alors qu'elle s'arrête comme d'habitude à la station-essence pour faire le plein de sa Oldsmobile, une femme s'installe et, la menaçant d'une arme à feu, lui enjoint de rouler. Au fil des kilomètres, la jeune femme apprend à connaître la mystérieuse Agatha, qui lui laisse croire être revenue d'une île déserte, ce qui explique qu'elle ait beaucoup de mal à se faire la modernité. Ce que cette dernière ne lui dit pas, c'est qu'elle vient en fait de s'évader de prison, après trente ans d'enfermement et alors qu'il lui restait cinq années d'emprisonnement. Les motivations d'Agatha sont floues, mais ce qui est certain, c'est qu'elle est à la recherche d'une chose précise.

Difficile de parler en détails de ce roman, car les mystères concernant le personnage principal qu'est Agatha, et qui nous sont révélés au fil des pages, font toute la richesse de l'intrigue.
Les deux héroïnes sont sympathiques, et sans que leur psychologie soit vraiment recherchée, on s'attache rapidement à elles. Agatha est donc la pièce centrale du roman, découvrir son passé au fur et à mesure, ainsi que ses idées politiques - adolescente, elle luttait avec hargne contre la discrimination raciale (sujet largement évoqué au cours du récit, avec intelligence et justesse) et faisait partie des mouvements étudiants des années 60/70 restés dans les annales - est très enrichissant. Elle est une femme que l'on admire. Mon ressenti envers Milly est un peu plus complexe, elle m'a parfois un peu rappelé Mélina Flores, du roman "La Mort Devant Soi", d'Ophélie Curado. Milly s'est enfermée dans une routine qu'elle croit apprécier, dans l'attente que le destin se présente à elle... et c'est ce qui finit par arriver. Son caractère n'est pas vraiment approfondi et elle n'est pas le genre de personnages que je parviens habituellement à apprécier, mais la plume de Levy a changé cet état de fait; j'ai finalement aimé cette jeune femme, entre deux de ses colères, et ai surtout ressenti beaucoup de tendresse à son égard.
Les deux femmes sont poursuivies par un marshall dont on comprend rapidement qu'il est lié d'une certaine manière à l'évadée, sans toutefois saisir la mesure de leur connaissance. Ce poursuivant, Tom Bradley (le même nom de héros que celui du roman "Rendez-Vous avec ma Star", d'Alexandra Lanoix), apporte le rythme dont a besoin le récit.

Cette histoire est une quête de vérité, et comme le précise son titre, la recherche d'une autre idée du bonheur. C'est une lecture paisible et touchante.
"Une Autre Idée du Bonheur" est un roman captivant et agréable à lire, un road-trip prévisible, car on peut facilement deviner comment les évènements vont tourner et les relations qui relient certains protagonistes entre eux, mais dont on découvre le sens petit-à-petit et qui nous fait passer un bon moment.
 
* Parlons Couverture *

Cette photo en noir et blanc de Milan Cvetanovic est jolie et j'aime le contraste choisi avec les couleurs, mais je dois avouer qu'elle n'a vraiment rien à voir avec le récit ! Je me demande vraiment pourquoi la photo de l'édition Robert Laffont/Versilio, bien plus pertinente avec cette voiture rouge (voyez ci-dessous), n'a pas été conservée...






Citations:

* Drôle de chose que les souvenirs [...]. Certaines personnes s'en nourrissent comme si leur existence était retenue par un fil qui les tient éloignées de la mort; d'autres les effacent pour éclaircir le temps qu'il leur reste.

* - Lorsque l'on rompt les amarres et que l'on tourne le dos à ce qu'on a été, c'est soi-même qu'on oublie.

* - On ne partage pas sa vie avec quelqu'un parce qu'il est gentil, mais parce qu'il vous fait vibrer, rire, parce qu'il vous emporte sans vous retenir, parce qu'il vous manque même quand il est dans la pièce à-côté, parce que ses silences vous parlent autant que ses conversations, parce qu'il aime vos défauts autant que vos qualités, parce que lorsque le soir en s'endormant on a peur de la mort, la seule chose qui vous apaise est d'imaginer son regard, la chaleur de ses mains. Voilà pourquoi on construit sa vie avec quelqu'un, et si ce quelqu'un est gentil, alors tant mieux, c'est un plus, mais seulement un plus !

* - Il suffit parfois d'une étincelle pour embraser une vie.

* - Au collège, l'un de ses professeurs avait fait une remarque raciste en cours, je ne sais plus laquelle, une plaisanterie d'aussi mauvais goût qu'il était lâche. Nous vivions dans un patelin du Sud et il n'y avait aucun élève noir dans notre école, le prof ne courrait pas beaucoup de risques. Ma soeur n'en fichait pas une, mais elle était douée et avait donc sa place au premier rang. Le lendemain, elle s'était présentée en classe coiffée d'une perruque afro et vêtue d'un tee-shirt où elle avait dessiné le visage de Martin Luther King. Tu imagines la tête du prof quand il est entré dans la salle. Et comme si cela ne suffisait pas, elle s'est mise à fredonner "Summertime". Ma soeur était une garce, mais une garce géniale.

* - J'ai accepté la vie pour ce qu'elle m'offrait au lieu de la détester pour ce qu'elle n'avait pas voulu me donner.

* - La liberté n'est pas un jeu, c'est une nécessité, il faut en avoir été privé pour comprendre ce qu'elle représente.



Suzy B.

 

dimanche 24 septembre 2017

PAL +3


Pile A Lire +3



Bonjour Vagabonds de la littérature !

Cette semaine, j'ai à nouveau reçu trois nouveautés.

 
Masse Critique

* L'Accusé du Ross-Shire, de Graeme Macrae Burnet.
A paraître le 12 Octobre 2017.
Résumé: Alors qu'il fait des recherches généalogiques sur ses ancêtres écossais, Graeme Macrae Burnet découvre des archives relatives à une étrange affaire. En 1869, Roderick Macrae, dix-sept ans, a été arrêté après un triple assassinat dans un village isolé des Highlands. Dans un document écrit, le jeune relate sa vie et ses meurtres, sans jamais donner le moindre détail sur ses mobiles. Hormis ce récit, aucune preuve tangible de sa culpabilité n'a été trouvée. Etait-il tout simplement fou ? Graeme Macrae Burnet nous livre toutes les pièces du procès: témoignages, articles de journaux, rapports des médecins. Peu à peu, le doute s'installe.

J'ai reçu cette proposition de lecture de la part de Babelio avec grand plaisir (je reçois toujours ce genre de propositions avec grand plaisir ^^): l'époque du roman, sa situation, le fait que la fiction se mêle à la réalité, l'histoire en elle-même et la couverture m'ont attirée (tout, en somme !). Je remercie Sonatines Editions pour cet envoi et espère que je serai autant séduite par ce que je vais découvrir dans ces pages.
  
  
Gain Concours

* La Vie est Trop Courte pour Être Triste, de Frédérique Hespel.
Résumé: Juliette a tout perdu: son chat, son mec, son logement, son boulot. Quand elle répond à une petite annonce de colocation, elle ne s'attend pas à devoir partager son appart avec Madeleine, une vieille dame de 96 ans ! Contre toute attente, c'est cette dernière qui va lui faire retrouver le sourire, avec sa fantaisie, son humour... et son voisin, Martin: yeux bleu profond, petite gueule d'amour... mais fiancé avec "Maguy la dragonne" ! Pourquoi le destin s'acharne-t-il contre Juliette ? Faudra-t-il un voyage au pôle Nord pour que sa vie reprenne un cours normal ? Peut-être que oui !

J'ai eu la chance de gagner ce roman sur la page même de l'auteure ! Je l'avais repéré à la dernière MC de Babelio et, le lendemain, j'ai eu la possibilité de participer à ce concours. Quelle joie, quelle chance j'ai eu d'être tirée au sort. J'ai hâte de lire ce roman qui, je le pressens, est du genre à faire beaucoup de bien.
 
Et je remercie l'auteure pour cette jolie dédicace et le marque-page !

  
Achat

* Orgueil et Préjugés, de Jane Austen avec la participation de Margaux Motin
Résumé: Mme Bennet a cinq filles et compte bien les marier toutes, ce qui n'est pas une tâche facile dans l'Angleterre du début du XIXe siècle. Non que les demoiselles Bennet soient laides, mais elles n'ont pas de fortune. Et cinq maris riches, ce n'est pas si facile à trouver. Surtout quand les filles en question s'en mêlent; elles qui ont des préjugés, éprouvent des sentiments, et n'agissent pas forcément toujours pour trouver "un bon parti".

Il y a deux mois, Tibert Editions a organisé une vente participative avec Ulule pour sa nouvelle sortie: Orgueil et Préjugés, le classique de Jane Austen, agrémenté de quelques illustrations de l'illustratrice moderne Margaux Motin, le tout avec des goodies exclusifs. Je n'ai, évidemment, pas pu résister (on parle d'une nouvelle édition d'Orgueil et Préjugés tout de même, non mais !) et ai participé avec plaisir. L'attente pour recevoir mon colis m'a paru terriblement longue, ce qui a décuplé mon plaisir de tenir entre les mains tous les goodies dont je rêvais ! Les voici en détails:

Le livre, un calendrier perpétuel, un carnet et le sublimissime tote-bag !

4 illustrations numérotées sur 1000 (je vais devoir m'acheter plein de jolis cadres).

D'autres illustrations, non numérotées (je suis amoureuse de celle du milieu)...

Et les deux marques-pages !



Je suis bien contente de ces nouveautés, ma PAL un peu moins mais elle s'en remettra ! ^^
Et vous, des nouveautés ?



Suzy B.