lundi 25 septembre 2017

Une Autre Idée du Bonheur


Une Autre Idée du Bonheur
Auteur: Marc Levy
Editeur: Pocket
Nombre de pages: 352

* Quatrième de Couverture *

Il y a des rêves et des amours qui ne s'éteignent jamais.

Philadelphie, printemps 2010: Agatha s'évade de prison. Elle était pourtant tout près du terme de sa peine. Alors pourquoi ? Dans une station-service proche du campus, elle s'invite à bord de la voiture de Milly. C'est le début d'une cavale de cinq jours à travers l'Amérique avec le FBI à leurs trousses. Une course contre la montre pour découvrir un secret qui va changer leurs vies.
  
* Mon Avis *

Marc Levy est, pour moi, une valeur sûre; même si cela peut arriver, je suis rarement déçue par ses romans. Ce road-trip m'a embarquée à pleine vitesse, j'ai adoré !

Milly vit dans une routine exagérément ponctuelle, mais un jour, alors qu'elle s'arrête comme d'habitude à la station-essence pour faire le plein de sa Oldsmobile, une femme s'installe et, la menaçant d'une arme à feu, lui enjoint de rouler. Au fil des kilomètres, la jeune femme apprend à connaître la mystérieuse Agatha, qui lui laisse croire être revenue d'une île déserte, ce qui explique qu'elle ait beaucoup de mal à se faire la modernité. Ce que cette dernière ne lui dit pas, c'est qu'elle vient en fait de s'évader de prison, après trente ans d'enfermement et alors qu'il lui restait cinq années d'emprisonnement. Les motivations d'Agatha sont floues, mais ce qui est certain, c'est qu'elle est à la recherche d'une chose précise.

Difficile de parler en détails de ce roman, car les mystères concernant le personnage principal qu'est Agatha, et qui nous sont révélés au fil des pages, font toute la richesse de l'intrigue.
Les deux héroïnes sont sympathiques, et sans que leur psychologie soit vraiment recherchée, on s'attache rapidement à elles. Agatha est donc la pièce centrale du roman, découvrir son passé au fur et à mesure, ainsi que ses idées politiques - adolescente, elle luttait avec hargne contre la discrimination raciale (sujet largement évoqué au cours du récit, avec intelligence et justesse) et faisait partie des mouvements étudiants des années 60/70 restés dans les annales - est très enrichissant. Elle est une femme que l'on admire. Mon ressenti envers Milly est un peu plus complexe, elle m'a parfois un peu rappelé Mélina Flores, du roman "La Mort Devant Soi", d'Ophélie Curado. Milly s'est enfermée dans une routine qu'elle croit apprécier, dans l'attente que le destin se présente à elle... et c'est ce qui finit par arriver. Son caractère n'est pas vraiment approfondi et elle n'est pas le genre de personnages que je parviens habituellement à apprécier, mais la plume de Levy a changé cet état de fait; j'ai finalement aimé cette jeune femme, entre deux de ses colères, et ai surtout ressenti beaucoup de tendresse à son égard.
Les deux femmes sont poursuivies par un marshall dont on comprend rapidement qu'il est lié d'une certaine manière à l'évadée, sans toutefois saisir la mesure de leur connaissance. Ce poursuivant, Tom Bradley (le même nom de héros que celui du roman "Rendez-Vous avec ma Star", d'Alexandra Lanoix), apporte le rythme dont a besoin le récit.

Cette histoire est une quête de vérité, et comme le précise son titre, la recherche d'une autre idée du bonheur. C'est une lecture paisible et touchante.
"Une Autre Idée du Bonheur" est un roman captivant et agréable à lire, un road-trip prévisible, car on peut facilement deviner comment les évènements vont tourner et les relations qui relient certains protagonistes entre eux, mais dont on découvre le sens petit-à-petit et qui nous fait passer un bon moment.
 
* Parlons Couverture *

Cette photo en noir et blanc de Milan Cvetanovic est jolie et j'aime le contraste choisi avec les couleurs, mais je dois avouer qu'elle n'a vraiment rien à voir avec le récit ! Je me demande vraiment pourquoi la photo de l'édition Robert Laffont/Versilio, bien plus pertinente avec cette voiture rouge (voyez ci-dessous), n'a pas été conservée...






Citations:

* Drôle de chose que les souvenirs [...]. Certaines personnes s'en nourrissent comme si leur existence était retenue par un fil qui les tient éloignées de la mort; d'autres les effacent pour éclaircir le temps qu'il leur reste.

* - Lorsque l'on rompt les amarres et que l'on tourne le dos à ce qu'on a été, c'est soi-même qu'on oublie.

* - On ne partage pas sa vie avec quelqu'un parce qu'il est gentil, mais parce qu'il vous fait vibrer, rire, parce qu'il vous emporte sans vous retenir, parce qu'il vous manque même quand il est dans la pièce à-côté, parce que ses silences vous parlent autant que ses conversations, parce qu'il aime vos défauts autant que vos qualités, parce que lorsque le soir en s'endormant on a peur de la mort, la seule chose qui vous apaise est d'imaginer son regard, la chaleur de ses mains. Voilà pourquoi on construit sa vie avec quelqu'un, et si ce quelqu'un est gentil, alors tant mieux, c'est un plus, mais seulement un plus !

* - Il suffit parfois d'une étincelle pour embraser une vie.

* - Au collège, l'un de ses professeurs avait fait une remarque raciste en cours, je ne sais plus laquelle, une plaisanterie d'aussi mauvais goût qu'il était lâche. Nous vivions dans un patelin du Sud et il n'y avait aucun élève noir dans notre école, le prof ne courrait pas beaucoup de risques. Ma soeur n'en fichait pas une, mais elle était douée et avait donc sa place au premier rang. Le lendemain, elle s'était présentée en classe coiffée d'une perruque afro et vêtue d'un tee-shirt où elle avait dessiné le visage de Martin Luther King. Tu imagines la tête du prof quand il est entré dans la salle. Et comme si cela ne suffisait pas, elle s'est mise à fredonner "Summertime". Ma soeur était une garce, mais une garce géniale.

* - J'ai accepté la vie pour ce qu'elle m'offrait au lieu de la détester pour ce qu'elle n'avait pas voulu me donner.

* - La liberté n'est pas un jeu, c'est une nécessité, il faut en avoir été privé pour comprendre ce qu'elle représente.



Suzy B.

 

2 commentaires:

  1. je n'ai pas lu le roman (je ne sais pas pourquoi mais j'ai du mal avec Marc Levy) mais je confime que la seconde couverture est nettement plus réussis...

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