mardi 26 septembre 2017

Le Roi Lear


Le Roi Lear
Titre original: "King Lear"
Auteur: William Shakespeare
Editeur: RBA France, Collection Le Monde
Traduit de l'anglais par: François-Victor Hugo
Nombre de pages: 263

* Résumé *

Méditation sans pareille sur le pouvoir, l'orgueil et la décadence, "Le Roi Lear" est une des grandes tragédies de la maturité de William Shakespeare. Cette pièce dont Victor Hugo vantait la "construction inouïe" est une oeuvre d'une rare densité, mettant en scène un personnage mythique, souvent offert en récompense aux plus grands interprètes et inspiré de la figure légendaire de Leir, roi de la Bretagne antique.
Outre l'introduction de François-Victor Hugo, vous trouverez dans ce neuvième volume des oeuvres complètes de Shakespeare, une préface de Pierre Iselin, professeur de littérature élisabéthaine à l'université Paris-Sorbonne.
 
* Mon Avis *

Drame familial de grande envergure, cette pièce est absolument captivante !

Sentant la vieillesse le gagner, le roi Lear souhaite abdiquer de ses droits et de ses terres en faveur de ses trois filles, Goneril, Régane et Cordélia. Mais pour effectuer le partage, il leur demande à quel point elles l'aiment. Usant de flatteries à l'excès, les deux premières gagnent le coeur orgueilleux du roi, mais Cordélia, la plus sincère des trois soeurs, use de mots trop simples pour déclarer son amour pourtant profond à son père, qui décide de la répudier et de la congédier aussitôt, sans lui laisser la moindre fortune autre que les vêtements qu'elle porte sur elle. Emu par la beauté, la gentillesse et l'amour dont fait preuve la jeune femme, le roi de France l'épouse alors. Tout à son fastueux train de vie, Lear, désormais logé par Goneril, va être trahi par ses deux filles aînées qui ne veulent plus l'avoir à charge. Le roi, se retrouvant misérable, va alors espérer chercher l'aide de l'honnête Cordélia, accompagné du fidèle comte de Kent et de son Fou perspicace; mais la tromperie qu'il a subi lui fait perdre la raison. Etroitement lié à cette histoire, le comte de Glocester va lui aussi subir la trahison d'un de ses fils avide de titre et de richesse.

"Le Roi Lear" est une histoire fascinante dont la valeur historique n'est pas tout à fait déterminée, mais considérée par une majorité comme réelle, d'où son côté mythique. Mythe ou vérité, il n'en reste pas moins que William Shakespeare s'est inspiré de plusieurs textes relatant la plupart des faits que l'on suit; François-Victor Hugo nous permet d'ailleurs dans cette édition, en "Appendices", de découvrir les récits originaux dont se serait donc basé le dramaturge: un extrait traduit du latin de la "Chronique Bretonne" de Geoffroy de Monmouth; l'un du "Roman de Brut", de Wace, en langue d'oïl; et enfin un extrait de "L'Arcadie", de Philipp Sydney. L'auteur fut longtemps calomnié pour avoir écrit une fin différente de celle présentée dans les précédentes versions, mais je suis de l'avis de ceux qui trouvent celle-ci parfaitement logique - je n'en dirai pas plus...
Exposant l'amour filial, les trahisons, la jalousie, la quête de pouvoir et la folie avec justesse, Shakespeare apporte à cette pièce beaucoup de matière et le rendu est prenant ! Les personnages principaux n'ont pas le monopole de la réussite: le Fou du roi, par exemple, ressort sensiblement même si on le voit peu; il est un protagoniste secondaire fascinant par les vérités qu'il dénonce avec tant de naïveté dû à son statut. Et le simple fait que Shakespeare ait osé mettre en scène en présence du roi Jacques Ier d'Angleterre cette pièce exhibant un souverain - être de droiture, de fierté, respectable - atteint de folie est remarquable, et incroyablement culotté !

C'est un récit complet, qui nous surprend par son côté romanesque et ses retournements de situations. J'ai vraiment pris plaisir à découvrir cette histoire, aussi sombre et terrible soit-elle. Il est dit que ce personnage est souvent offert en récompense aux interprètes, et il s'avère que je serais vraiment curieuse et enchantée de découvrir cette oeuvre sur scène, le spectacle doit être subjuguant !



Citations:

* Lear - N'être pas ce qu'il y a de pire, c'est encore être au niveau d'un éloge.

* Lear - La nécessité à l'art étrange de rendre précieuses les plus viles choses.



Suzy B.

  

4 commentaires:

  1. Je ne connais pas du tout cette piéce mais j'ai entendu parler de certaines de ses adaptations (notamment celle de Godard et de Kurosawa, pour les plus originales).

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    1. Il serait intéressant de la voir sur la scène d'un théâtre !

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  2. Je dois dire que Shakespeare me tente depuis longtemps. Mis à part, Roméo et Juliette, je n'ai lu aucune de ses pièces. Ton avis sur celle-ci me tente bien mais je suis un peu "allergique" aux pièces de théâtre. Est-ce que Shakespeare saurait me réconcilier avec ce genre?

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    1. Ah, s'il existe un dramaturge pouvant te réconcilier avec les pièces de théâtre, ce sera sans conteste Shakespeare ! :D Je te souhaite d'apprécier un jour ce genre en tout cas !

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