jeudi 7 septembre 2017

Max et la Grande Illusion


Max et la Grande Illusion
Titre original: "Der Trick"
Auteur: Emanuel Bergmann
Editeur: Belfond
Traduit de l'allemand par: Mathilde Sobottke
Nombre de pages: 340

Je remercie les éditions Belfond et Babelio pour cette lecture.

* Quatrième de Couverture *

Audacieux et original, un premier roman qui nous entraîne dans un voyage rocambolesque, du Prague des années trente au Los Angeles de nos jours. Histoire d'une amitié improbable entre un enfant à la tête remplie de rêve et un vieil homme perdu, une oeuvre lumineuse, pleine d'émotion, de drôlerie et d'une irrésistible tendresse.

Avant d'être un vieillard cynique et désabusé, Mosche, fils du rabbin Goldenhirsch, était le Grand Zabbatini, un illusionniste de génie. Ah, ça, il fallait le voir envoûter les foules sur les plus prestigieuses scènes européennes ! Les grands de ce monde comme les petites gens, tous, même le chancelier Hitler, se pressaient à ses spectacles. Et puis il y eut la guerre, les camps, la honte, la fuite, l'oubli. Et Mosche coule désormais des jours mornes dans une maison de retraite miteuse à Los Angeles. Ce qu'il ignore, c'est que quelqu'un le cherche. Depuis que ses parents lui ont annoncé leur intention de divorcer, Max, dix ans, a le coeur brisé. L'espoir renaît le jour où il tombe sur un vieux vinyle. Sur la pochette, un drôle de personnage et un titre intrigant, le Sortilège de l'amour éternel. La voilà, la solution ! S'il parvient à reproduire le tour, ses parents se réconcilieront. Max n'a bientôt plus qu'une idée en tête: retrouver ce magicien, le Grand Zabbatini...
 
* Mon Avis *

Oscillant entre instants fantasques et évènements sérieux, "Max et la Grande Illusion" est un roman tout à fait charmant.

A Prague, à la fin de son adolescence, Mosche Goldenhirsch décide de quitter sa vie, son père, son nom et son statut de juif pour devenir le Grand Zabbatini, magicien-illusionniste de Perse qui va rapidement se faire un nom grâce à ses talents de mentaliste. Mais la seconde Guerre Mondiale va rattraper le jeune homme et lui faire vivre la folie du nazisme. Bien des années plus tard, à notre époque, le jeune Max Cohn, un enfant rêveur se sentant responsable de la séparation de ses parents, recherche activement le magicien à travers Los Angeles. Seul l'inventeur du "Sortilège de l'amour éternel" peut aider le garçon à réunir ses parents. Mais lorsqu'il le rencontre enfin, le Grand Zabbatini n'est pas du tout l'homme fantastique que Max imaginait: amer et aux pensées dépravées, il le sauve même d'une tentative de suicide.

Ce roman sympathique nous fait découvrir l'existence très différente de deux héros singulièrement attachants. D'un côté, Mosche, jeune homme en quête de liberté dans une Europe antisémite, que l'on connaîtra ensuite âgé, aigri et égoïste. De l'autre, Max, petit garçon qui ne semble pas prêt à quitter le cocon de son enfance. Ce sont deux héros que l'on est curieux de connaître. Max incarne avec perfection la naïveté infantile et l'égoïsme involontaire des plus jeunes, qui le rendent vrai et sincère. Même si je ne suis pas certaine que ses pensées parfois discriminatoires servent l'histoire, ce petit garçon reste attendrissant. Mosche est un homme qui a du vécu et cela se ressent; la construction du récit, alternant l'existence présente et la vie passée du magicien, nous permet de mieux le comprendre (même si l'origine de son obsession pour la volupté féminine reste assez mystérieuse...).

La partie historique du récit m'a vraiment charmée, et émue surtout. C'est ce que j'ai préféré dans ce roman. La narration douce de l'auteur est parfois bousculée par les faits durs qui sont contés, Emanuel Bergmann laisse parler l'instinct de ses personnages qui réagissent donc avec franchise.
Le côté moderne apporte son lot d'humour, qui vient alléger l'histoire, et un esprit assez rocambolesque - je dirais même presque caricatural -, notamment avec la présence des parents de Max qui adoptent souvent un comportement puéril.

Le rendu est un savant mélange entre originalité et gravité, qui nous donne un roman, somme toute, agréable à parcourir.
 
* Parlons Couverture *

Voilà une couverture qui attire l'oeil et intrigue ! L'univers du cirque, qui va forger Mosche, le héros principal, est fidèlement retransmis grâce à cette vieille photographie colorisée, ces étoiles et le rouge omniprésent. Très jolie !



Citations:

* Après des années d'apprentissage et d'enseignement, il avait une vague idée de la manière dont fonctionnait le monde; ou plutôt de la manière dont il aurait dû fonctionner. Car il semblait y avoir quelques discordances entre la splendeur lumineuse de la Création et le quotidien fâcheux et pluvieux qui est notre lot, à nous les hommes.

* Peu importait les épreuves de la vie, derrière le léger voile de la banalité existait une splendeur qui ne cessait de l'émerveiller.

* Une des dures leçons de la vie était que tout changeait. Spider-Man comme Batman avaient perdu des personnes qu'ils aimaient, et maintenant ils n'arrêtaient pas de sauter dans tout les sens dans leurs costumes en élasthanne et passaient leurs nuits à lutter contre le crime au lieu de regarder la télé comme les personnes normales.

* Le monde autour de lui était gris et monotone, son monde intérieur était splendide.

* Il avait toujours cru qu'avant sa naissance, dans la nuit des temps, le monde n'avait existé qu'en noir et blanc. Un vieux film qu'il avait vu à la télé lui avait donné cette idée. Jusqu'à ses six ans, il avait été persuadé que c'était sa naissance qui avait amené la couleur dans le monde. Avec la couleur, tout était tout de suite bien plus gai.



Suzy B.

  

4 commentaires:

  1. L'univers de la magie me plait tout particuliérement. Donc même s'il ne sert que de fond, ça pourrait me plaire^^.

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