lundi 31 juillet 2017

Dolores Claiborne


Dolores Claiborne
Titre original: "Dolores Claiborne"
Auteur: Stephen King
Editeur: Pocket
Traduit de l'américain par: Dominique Dill
Nombre de pages: 330

* Quatrième de Couverture *

Il est temps pour Dolores Claiborne de parler. De se livrer. Et, enfin, de soulager sa conscience. Les secrets auraient pu rester enfouis, dissimulés au fond du puits dans lequel son mari est tombé, trente ans plus tôt. Mais Vera Donovan, la riche maîtresse que Dolores a servie avec dévouement durant des décennies, a été retrouvée morte. Et pour la seconde fois, Dolores est soupçonnée de meurtre.
* Mon Avis *

Quelle captivante histoire nous livre l'auteur !

Dolores Claiborne, veuve de Joe Saint-George et mère de trois enfants, travaille pour l'exigeante Vera Donovan depuis toujours. Mais voilà que la vieille dame meurt dans des circonstances étranges et que Dolores est soupçonnée de l'avoir assassinée. Alors, durant son interrogatoire, elle raconte tout aux trois personnes qui l'écoutent: comment elle en est arrivée à être également soupçonnée d'avoir tué son mari, des années plus tôt, et les circonstances de "l'accident" qui ont plongé celui-ci au fond d'un puits; sa relation avec cet homme violent qui aimait l'alcool; le travail qu'elle effectuait auprès de Mme Donovan, qui savait être particulièrement odieuse et cachait ses propres secrets, et les rapports qu'elles entretenaient ensemble.

J'ai récemment lu que Stephen King et féminisme ne pouvaient pas s'accorder... Non mais quelle idée ! L'auteur met en scène dans cet ouvrage une femme forte et décidée qui ose affronter la peur et la misère et qui, par ce long monologue qu'est ce roman, livre non seulement sa vie mais aussi de nombreuses réflexions pertinentes sur la place de la femme dans la société.
Dolores est une mère qui se bat au quotidien, travaille sans compter et supporte une patronne parfois intraitable. Sa relation avec cette dernière est fascinante à lire, on les suit à diverses époques de leurs vies et c'est vraiment captivant.
Dès les premières lignes, j'ai adoré la narration: l'héroïne est franche dans ses propos, directe, percutante... je me suis très, très vite attachée à elle. Quasiment instantanément, en fait. L'auteur soigne les détails et, s'il n'y a pas de scène d'horreur et une infime part de fantastique, Stephen King sait nous plonger dans des instants très stressants. J'aime aussi beaucoup le fait que ce roman ait un lien avec "Jessie"; je m'étais posé quelques questions lorsque j'avais lu ce dernier et j'ai eu les réponses ici.

"Dolores Claiborne" est le deuxième roman que je lis de l'écrivain, et je suis toujours séduite par cette plume intelligente.
 
* Parlons Couverture *

A nouveau, nous remarquons que le nom de l'auteur a plus d'importance que le titre du roman. J'aime bien ce côté mat et noir de la couverture, mais le visage - je n'arrive pas à déterminer si c'est une expression horrifiée - que l'on aperçoit me ferait presque froid dans le dos.



Citations:

* Il n'existe pas de pouvoir sur terre ni au ciel qui peut empêcher les gens de penser le pire quand ils le veulent.

* C'est drôle, les petites choses qui poussent finalement les gens à se décider, qui les font passer de "c'est possible" à "je pourrais" et à "je vais le faire".

* [...] tout ce que j'ai fait, je l'ai fait par amour... l'amour qu'une mère ressent pour ses enfants. C'est l'amour le plus fort qu'il y a dans ce monde, et c'est le plus terrible. Y a pas de pire garce sur terre qu'une mère qui a peur pour ses gosses.



Suzy B.

  

dimanche 30 juillet 2017

Juvénilia


Juvénilia

Titres originaux: "Love and Friendship"; "The Three Sisters"; "Jack and Alice"
Auteure: Jane Austen
Editeur: Editions Charleston
Traduit de l'anglais par: Laura Bourgeois
Nombre de pages: 125

* Quatrième de Couverture *

L'auteur d'Orgueil et Préjugés a écrit ses premiers romans vers l'âge de 12 ans. Trois de ses textes vous sont proposés ici, mettant en scène les principales thématiques de Jane Austen: l'humour, les relations familiales, les mariages arrangés et les différences sociales.
- Amour et Amitié
- Les Trois Soeurs
- Jack et Alice
 
* Mon Avis *

Quand j'ai appris que les éditions Charleston offraient ce livre pour l'achat de deux romans en format poche, je n'ai pas pu résister (et ce fut aussi une excellente excuse pour acheter deux ouvrages qui me faisaient envie depuis un moment... ^^).

Dans "Amour et Amitié", récit épistolaire, Laura raconte à la fille d'une amie les nombreux déboires qui ont jalonnés sa vie, en commençant par son mariage précipité, mais voulu, avec le jeune et séduisant Edward qui n'a qu'une chose en tête: désobéir à son père. De là, les malheurs vont s'abattre sur l'existence de la jeune femme.
"Les Trois Soeurs", nouvel échange épistolaire, nous dévoile la prise de décision de Mary Stanhope, à qui Mr Watts a demandé de l'épouser. Si la demoiselle déteste au plus haut point son prétendant, qui ne possède ni charme, ni amabilité, elle le sait cependant riche et il lui est inconcevable que ses deux jeunes soeurs ainsi que ses voisines se marient avant elle...
Enfin, le court récit "Jack et Alice" (ce titre est trompeur, Jack n'apparaît que très furtivement) nous présente les habitants de Pammydiddle, chapelet de personnages aux caractères différents et aux ambitions bien définies.

A travers ces trois oeuvres, c'est une explosion d'humour que l'on découvre ! La jeune Jane Austen possédait déjà une dérision - presque impertinente - à toute épreuve. Mais plus encore, il est fascinant de noter la précision de ses écrits: ils se déroulent très rapidement, mais on se fait facilement une idée du caractère de chaque personnage grâce à leur description. Jane Austen rit de ses héros, les ridiculise (que ce soit dans leur comportement ou leurs aspirations) et nous montre pas là même la justesse de sa vision de la vie, alors qu'elle était encore une si jeune fille ! La romance n'a pas vraiment sa place ici, ou alors elle est vite tournée en moquerie, et ça tombe bien: je n'en attendais pas et ai été totalement séduite - s'il m'est possible de l'être encore plus que je ne le suis déjà par les oeuvres de l'auteure. On reconnait tout de suite sa signature, cette manière si vivante et caustique qu'elle a d'exposer ses histoires.
Alors, forcément, ces trois petites oeuvres sont bien courtes à lire, j'aurai préféré que Charleston en fournisse un peu plus dans son édition... Mais je sais désormais que je peux me procurer les yeux fermés un volume plus fourni de "Juvénilia" et que je n'en serai pas déçue.

A lire quand on connaît déjà les oeuvres de la romancière et que l'on veut en découvrir toujours plus sur elle.
 
* Parlons Couverture *

"Stone Bench" est une sublime photographie de Joana Kruse, prise dans les jardins d'un manoir victorien (je n'ai malheureusement pas pu déterminer lequel). Outre la beauté des lieux, qui me donne envie d'y être, l'endroit correspond tout à fait au style de Jane Austen. C'est donc un très joli choix de couverture !



Suzy B.

  

PAL +3


Pile A Lire +3



Bonjour Vagabonds de la littérature !

Cette semaine, j'ai à nouveau reçu trois ouvrages très sympathiques !


* Prêt *

* Dolores Claiborne, de Stephen King.
Résumé: Il est temps pour Dolores Claiborne de parler. De se livrer. Et, enfin, soulager sa conscience. Les secrets auraient pu rester enfouis, dissimulés au fond du puits dans lequel son mari est tombé, trente ans plus tôt. Mais Vera Donovan, la riche maîtresse que Dolores a servie avec dévouement durant des décennies, a été retrouvée morte. Et pour la seconde fois, Dolores est soupçonnée de meurtre.

David, du blog Music is so Nice, m'initie au King ! Après "Jessie", il me fait désormais lire ce roman (qui n'est pas sans avoir un petit lien avec le premier...). Je l'ai déjà commencé, et je peux vous dire que, pour le moment, j'adore !
 
Gains de Concours

 * Six of Crows, tomes 1 et 2, de Leigh Bardugo.
Résumé: Ketterdam - Quartier du Barrel: une ville grouillante de malfrats où tout s'achète si on y met le prix. Ce principe, personne ne l'a fait autant sien que Kaz Bekker, dit "les Mains Sales". Quand le voleur se voit offrir une mission impossible mais qui le rendra riche, il réunit son équipe: un soldat assoiffé de vengeance, un tireur d'élite accro au jeu, un jeune fugueur des beaux quartiers, une espionne défiant les lois de la gravité, et une Grisha aux puissants pouvoirs magiques. Six dangereux hors-la-loi seuls capables de changer le monde - s'ils ne s'entretuent pas avant...

Merci à April, the Seven, chez qui j'ai gagné ce joli lot il y a deux mois, et aux Editions Milan pour l'envoi ! Je suis bien contente de les avoir reçus, moi qui voulait tant les lire !



Et vous, du nouveau ?



Suzy B.

 

samedi 29 juillet 2017

Les Ecureuils de Central Park sont Tristes le Lundi


Les Ecureuils de Central Park sont Tristes le Lundi
Auteure: Katherine Pancol
Editeur: Le Livre de Poche
Nombre de pages: 945

* Quatrième de Couverture *

Souvent la vie s'amuse. Elle nous offre un diamant, caché sous un ticket de métro ou le tombé d'un rideau. Embusqué dans un mot, un regard, un sourire un peu nigaud. Il faut faire attention aux détails. Ils sèment notre vie de petits cailloux et nous guident. Les gens brutaux, les gens pressés ignorent les détails. Ils veulent du lourd, du clinquant, ils ne veulent pas perdre une minute à se baisser pour un sou, une paille, la main d'un homme tremblant. Mais si on se penche, si on arrête le temps, on découvre des diamants dans une main tendue... Et la vie n'est plus jamais triste. Ni le samedi, ni le dimanche, ni le lundi...
 
* Mon Avis *

Toujours très plaisantes, les aventures que nous conte l'auteure nous font passer d'agréables moments.

La vie de Joséphine suit son cours: après avoir passé son HDR (Habilitation à Diriger des Recherches, plus haute qualification universitaire en France), elle doit maintenant songer sérieusement à écrire un deuxième livre - ou tenter de trouver une idée potable -, tout en se penchant enfin, sans prendre peur, sur ses amours... Lourd programme pour la frêle Joséphine qui n'a jamais eu confiance en elle. Pourtant, au grand étonnement de son entourage, elle va se mettre à changer. Les proches de Joséphine ont, eux aussi, beaucoup d'évènements à gérer dans leur vie: Zoé est amoureuse; Hortense ne parvient pas à choisir entre son prestigieux avenir professionnel et Gary; ce dernier se pose beaucoup de questions sur son père inconnu, tandis que sa mère Shirley découvre que l'amour n'est pas de tout repos; la famille Grobz qui pensait filer une existence parfaite a bien du mal à s'apaiser; et les autres pensent, divaguent, stagnent...

Plus que de simples histoires d'amour, ce sont des tranches de vies qui gravitent et s'emmêlent dans ce roman. Comme pour les deux volumes précédents, nous suivons les différents personnages - auxquels on est habitués désormais - et c'est un plaisir de les retrouver. Katherine Pancol arrive à maintenir notre curiosité pour les récits qu'elle raconte et nous donne envie d'aller toujours plus loin. Toujours très détaillés et renseignés, les sujets secondaires sont intéressants à lire.
Ce joli pavé, sans chapitres, offre une lecture complète grâce à ses nombreux protagonistes, venus de tous horizons et de milieux sociaux différents.

Captivant, j'ai beaucoup aimé ce troisième opus des aventures de Joséphine et de ses famille et amis. La saga s'est désormais agrandie avec la parution des "Muchachas" (olé !) qui intègrent de nouveaux personnages en plus de ceux que l'on connaît déjà, mais la fin des "Ecureuils de Central Park..." me plaisant telle quelle, je ne lirai pas les suites.
 
* Parlons Couverture *

Les couvertures des versions poches de la saga sont juste à croquer ! Colorée, pétillante, cette image nous donne envie de découvrir les lignes du roman, et ces écureuils de Central Park ne sont, d'un coup, plus tristes du tout ! J'adore, tout simplement.



Citations:

* Il existe toutes sortes de nuisibles.
Le nuisible d'occasion, le nuisible par distraction, le nuisible oisif, le nuisible persistant, le nuisible arrogant, le nuisible repenti qui mord puis se jette à vos pieds en implorant votre clémence... Il ne faut jamais sous-estimer le nuisible. Ne jamais croire que l'on s'en défait d'un revers de manche ou d'un coup de torchon.
Le nuisible se révèle dangereux car le nuisible est comme le cafard: indestructible.

* Les gens timides, les pauvres, les méconnus ont toujours des milliers d'histoires dans la tête parce qu'ils sont sensibles, que tout les froisse, tout les blesse, et de ces froissements, de ces blessures, ils font des émotions, des personnages, des situations...

* Vouloir oublier quelqu'un, c'est y penser tout le temps.

* A quoi ça sert de vivre, alors..., se demanda-t-il, si on ne vit pour rien ? Si vivre, c'est simplement ajouter un jour à l'autre et se dire comme tant de gens qu'on ne voit pas le temps passer...

* Le mental intuitif est un don sacré et le mental rationnel, un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et a oublié le don... Rares sont ceux qui regardent avec leurs propres yeux et qui éprouvent avec leur propre sensibilité.

* On maudit une épreuve, mais on ne sait pas, quand elle nous arrive, qu'elle va nous faire grandir et nous emmener ailleurs. On ne veut pas le savoir. La douleur est trop forte pour qu'on lui reconnaisse une vertu. C'est quand la douleur est passée, qu'on se retourne et qu'on considère, ébahi, le long chemin qu'elle nous a fait parcourir.



Suzy B.

  

Le Journal d'une Grosse Nouille #6


Le Journal d'une Grosse Nouille,
tome 6: Une Soirée Sucrée-Salée
Titre original: "Dork Diaries 6 - Tales from a NOT-SO-Happy Heartbreaker"
Auteure, illustratrice: Rachel Renée Russell
Editeur: Milan
Traduit de l'américain par: Virgine Cantin
Nombre de pages: 349

* Quatrième de Couverture *

- Il m'aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie... pas du tout ! Oh non ! Bon, je recommence...
- Nikki, on dirait que tu vas bientôt manquer de fleurs !

Comment Nikki peut savoir que son amoureux secret est amoureux d'elle ? Facile: il ira à la soirée de la Saint-Valentin avec elle. Bon, d'accord, mais il faudrait peut-être:
1. qu'elle ait le courage de l'inviter
2. qu'il accepte !
3. qu'il n'y aille pas avec Mackenzie !!
 
* Mon Avis *

Quelques longueurs pour ce tome qui reste aussi sympathique que le reste de la série.

Nikki ne l'a jamais caché dans son journal: elle est amoureuse de Brandon. Et alors que la Saint-Valentin approche, le bal des amoureux organisé par l'école est l'occasion idéale pour elle de savoir si ses sentiments sont partagés. Surtout que cette année ce sont aux filles d'inviter le garçon de leur choix. Mais forcément, Mackenzie a aussi envie d'inviter Brandon, et Nikki, qui n'a jamais confiance en elle, va se mettre à douter.

Ce sixième opus m'a moins séduite que ses prédécesseurs car j'ai trouvé qu'il traînait en longueur. Les non-dits sont le fruit de nombreux quiproquos, et si c'est amusant au début, la répétition des mêmes erreurs par les personnages a fini par m'ennuyer. En fait, je n'ai pas grand chose à dire car j'ai été assez indifférente à cette aventure, alors même que c'est l'un des sujets les plus attendus de la saga: à savoir l'évolution de la relation entre Nikki et Brandon.
Je n'ai donc pas été très captivée mais j'ai bien aimé la fin, qui ne se dévoile pas tout à fait (et nous pousse donc à lire le tome suivant ^^). Ce tome marque un tournant certain dans la saga, il me tarde de connaître le développement de la suite.
 
* Parlons Couverture *

Jolie couverture qui annonce clairement la couleur: de l'amour ! Bon, on n'en a pas tant que ça, finalement, mais tout de même un peu ! Et puis, le doute et les questionnements font aussi partie de ce beau sentiment.



Suzy B.

  

mercredi 26 juillet 2017

Salutem


Salutem
Auteur: Vincent Robert
Editeur: Auto-édité avec Librinova
Nombre de pages: 547

Je remercie Librinova pour cette lecture !

* Résumé *

Le germe de la réponse se niche toujours au coeur de la question.
Quel est donc cet ouvrage anonyme, bien réel et tant controversé ? Que peuvent bien contenir ses pages enluminées qui défraient la chronique depuis le XVème siècle ? En toute bonne foi, nul ne le sait ! Hormis l'encre et la salive qu'il fait couler, ce manuscrit écrit sur parchemin demeure une énigme, un mystère !
Pour dissiper les brumes ? Un seul recours !
Un jeune Curé atypique, expert en extrême-onction, véritable virtuose des derniers Sacrements, grand mécène pourvoyeur en âmes fraîches, docteur ès sciences en châtaignes variées et fin connaisseur en requiem pour les gisants, oeuvrant sous l'égide d'un Pape peu orthodoxe et d'un cardinal encore plus étrange. D'aucuns diraient... pas très Catholique...
Un faible lumignon fiché dans sa main d'ancien mercenaire ayant reçu l'illumination, le Prêtre se lance sur les traces d'une organisation séculaire dont les membres se sont jurés la perte du genre Humain. Le chef, le gourou de cette cohorte de démons n'est autre que le fils d'un célèbre alchimiste dont le nom à lui seul évoque encore le soufre et l'alambic. Au fil de son enquête mouvementée, le Père Jonas Gabriel pourra compter sur l'aide indéfectible de Soeur Angélina; religieuse au passé tumultueux nantie d'une rare beauté, ainsi que sur deux agents du Mossad venus leur prêter main forte pour démêler l'écheveau.
A croire qu'il existe des domaines, des circonstances, où l'ignorant est plus sage que l'érudit...
 
* Mon Avis *
*** Coup de Coeur ***

Franchement excellent, ce "Salutem" nous fait vivre une incroyable épopée.

Père Jonas Gabriel n'est pas un Prêtre comme les autres. Dévoué à l'Eglise, il officie moins dans les bâtiments religieux qu'en enquêtant à travers le monde sur de sombres conspirations. Et dans son viseur se profile une menace plus dangereuse que toute autre s'étant présentée au monde jusqu'à présent: les membres d'une organisation terroriste, sorte de secte démoniaque nommée Aube Noire aux volontés radicales, semblent bien décidés à répandre le mal sur Terre par tous les moyens possibles. Secondé par Soeur Angelina aux multiples talents, d'un duo venu du Mossad, et appuyé dans ses actions par un Cardinal passionné et le Saint-Père lui-même - le Pape Augustin Premier -, Jonas se lance à la poursuite d'un mystérieux N et va devoir décoder un ouvrage indéchiffrable...

Ce roman est sans conteste l'une de mes meilleures lectures de l'année et mon premier Coup de Coeur de 2017 ! Enchantée par le style de l'auteur, entraînant, drôle et détaillé, j'ai immédiatement été embarquée dans l'univers qui nous est proposé, réunissant de nombreux éléments me plaisant: de l'action et de l'humour à forte dose, mais aussi du mystère, une part de fantastique et des décors si bien décrits que l'on s'y croirait. Et quand j'ai compris que l'ouvrage anonyme évoqué dans le résumé n'était autre que le manuscrit de Voynich (qu'en grande curieuse des énigmes que je suis j'ai étudié il y a quelques années) et que Vincent Robert y associait un certain Nicolas Flamel, mon plaisir n'en a été que décuplé ! L'auteur avance une hypothèse qui a déjà été abordée par quelques personnes ayant tenté de percer le mystère du manuscrit, et il la développe habilement.
Nous plonger au coeur des services secrets du Vatican est étonnant et captivant à la fois, j'adhère totalement à l'idée de ces enquêteurs que l'on ne soupçonne pas; les personnages sont vraiment atypiques et l'humour mordant emplissant chaque parcelle de ce récit atteint son paroxysme en présence de certaines hautes figures - notamment provenant de l'armée américaine -, des caricatures qui m'ont bien fait rire.
Le seul petit reproche que je peux avoir à faire concerne l'absence de traduction de quelques phrases au début du roman; j'ai compris celles en italien mais ce ne sera pas le cas de chaque lecteur et lectrice, et je ne parle pas encore l'ukrainien (à moins que ce n'ait été de l'allemand...).

Ce roman a tout pour plaire: des personnages aux caractères affirmés (autant masculins que féminins), un chien qui a une place (presque) royale, une ambiance débridée, une absence de chapitrage qui n'est absolument pas gênante (moi qui aime tant les chapitres, pourtant, d'habitude), et beaucoup de matière mais tellement addictive que ça passe trop vite.

Bravo à l'auteur pour son travail de recherches variées et ses descriptions, et merci pour ce délice de lecture !
 
* Parlons Couverture *

La couleur ne m'attire pas forcément, mais j'aime beaucoup les silhouettes de dos que l'on aperçoit et que l'on s'imagine aisément être les héros du roman (et n'oublions pas: l'habit ne fait pas le moine...). Nous pouvons aussi voir les lieux emblématiques du roman (Venise et le Vatican), un avion qui nous laisse présager les voyages que vont faire les personnages et, bien entendu, un certain alphabet inconnu qui n'est autre que celui que l'on retrouve dans le manuscrit de Voynich. Une couverture avec beaucoup d'informations, donc, mais logique.



Citations:

* Le regard ! Une véritable science. Une forme de maîtrise absolue qui confinait à l'invisibilité. Faire en sorte que vos yeux n'attirent pas l'attention d'autrui. Devenir une toile cirée sur laquelle tout glisse demandait beaucoup de travail, de pratique, et un peu de talent. Trop de stress, de tension, faisait de votre regard un véritable hameçon, un aimant qui verrouillait sur vous, ce que vous cherchiez à éviter.

* Il savait par expérience que, coïncidence plus coïncidence égalait à une certitude.

* Le mal, quand il est absolu, se prive volontiers de motivations.



Suzy B.

   

lundi 24 juillet 2017

Lettres et Carnets


Lettres et Carnets

Auteurs: Hans et Sophie Scholl
Editeur: Tallandier Editions
Traduit de l'allemand, préfacé et annoté par: Pierre-Emmanuel Dauzat
Edition établie par: Inge Jens
Nombre de pages: 368

* Quatrième de Couverture *

"Je viens juste de passer le quintette La Truite sur le Gramophone. Ecouter l'adantino, ça me donne envie d'être une truite. Dans ce morceau de Schubert, on sent et on respire vraiment les brises et les senteurs, on entend crier de joie les oiseaux et la création tout entière. Et la répétition du thème au piano, telle l'eau fraîche, pure, étincelante, oh, quel enchantement." 17 Février 1943.

La veille d'écrire cette dernière lettre, Sophie Scholl, 21 ans, a distribué à l'université le sixième tract de la Rose Blanche, appel à la jeunesse allemande contre Hitler et ses partisans, "qui jettent aux pourceaux les valeurs les plus hautes d'une nation."
Elle est arrêtée le lendemain, jugée et décapitée quatre jours plus tard pour haute trahison, avec son frère Hans, 24 ans, et leur camarade Christoph Probst, 23 ans. Le mouvement d'étudiants de la Rose Blanche ne leur survivra que de quelques semaines.
Sacrifiés volontaires et figures muettes de l'héroïsme au quotidien, Hans et Sophie Scholl sont les premiers nouveaux allemands.
Jusqu'ici totalement inédites, leurs lettres constituent un document unique et bouleversant. On y lit les raisons différentes mais similaires d'un rejet, la montée progressive d'un refus et l'entrée en résistance de deux adolescents libres à en mourir.

"Auriez-vous tué Hitler, si vous en aviez eu la possibilité ?
- Oui, sur-le-champ !"
 
* Mon Avis *

Produits d'un sujet fort, ces intéressantes confidences ne m'ont pas moins parues parfois d'ordre trop privé.

Mais avant de revenir sur le contenu de cet ouvrage, il est important que j'évoque rapidement l'histoire des deux jeunes auteurs.
Hans Scholl et sa petite soeur Sophie ont activement milité, en intégrant la Rose Blanche - groupe de résistants -, contre le régime nazi en envoyant et déposant des milliers de tracts à travers la population, visant d'abord les têtes pensantes, philosophes, artistes et autres professeurs, puis élargissant leur quête aux étudiants puis à chaque habitant, espérant les faire réagir contre l'ignominie du pouvoir en place. Enfants d'un père pacifiste qui avait refusé de servir lors de la Grande Guerre et ne s'empêchera pas de critiquer ouvertement Hitler, ce qui lui valu un séjour en prison, ils déposèrent les derniers imprimés dans leur université et finirent par en lancer dans la foule depuis une balustrade. Rapidement dénoncés, rapidement jugés, ils seront exécutés quelques jours après. Guillotinés pour avoir écrit et partagé des textes contre les horreurs qui sévissaient alors durant cette guerre. Christoph Probst, Willi Graf, Alexander Schmorell et le Pr Huber, tous également membres de la Rose Blanche, vivrons le même destin funeste.

Cette composition regroupe de nombreuses lettres que Hans et Sophie ont envoyés à leurs amis et famille, ainsi que quelques passages de leurs journaux. Au travers de ces écrits, nous apprenons à les connaître, nous faisons une idée de leurs personnalités qui étaient bien différentes l'une de l'autre mais dans lesquelles nous ressentons pareillement leur amour pour leurs proches. Nous les suivons donc dans leurs pérégrinations à travers l'Allemagne, de chez eux, à Ulm, à Munich, en passant par leurs lieux de vacances, au camp de travail pour Sophie et même en Russie ou en France pour Hans. 

S'il est captivant de les suivre, ainsi que de constater l'évolution de leur mentalité, d'abord désinvolte puis peu à peu concernée, j'ai cependant ressenti de la gêne en lisant leurs propos. Je ne pensais pas que ce serait si intime, et cette impression de faire du voyeurisme, lire des confessions personnelles, m'a vraiment beaucoup perturbée. Si je comprend la volonté de l'éditrice de partager ce genre d'écrits pour une meilleure compréhension de ce que vivaient les jeunes en temps de guerre, je pense que certaines confidences auraient dû rester privées (encore plus lorsque l'on lit Sophie demandant expressément au/à la destinataire de la lettre de ne pas la garder !).

Leurs pensées profondes sont partagées dans ces écrits, leurs nombreuses lectures également, qui les aide à ouvrir un peu plus les yeux sur ce qui les entoure, leur quotidien durant leurs services militaire et leurs études nous sont révélés, et tout cela est intéressant. Mais jamais un mot n'est prononcé sur la Rose Blanche et sur leur implication dans le mouvement, seulement parfois sous-entendu (et encore je ne l'aurai pas compris si le traducteur ne l'avait pas spécifié dans ses annotations).

Donc finalement, est-ce que la publication d'un tel ouvrage était nécessaire ? Oui, bien sûr, mais j'aurai préféré que ce soit moins intimiste. Quoi qu'il en soit, on referme cet ouvrage avec des larmes dans les yeux, dégoutés d'un tel verdict (un assassinat, disons-le clairement) envers des personnes qui revendiquaient seulement la liberté.
 
* Parlons Couverture *

Très jolie photo en noir et blanc de Sophie Scholl. Cette coupe de cheveux avantage la jeune fille, je trouve, qui fait nettement moins enfant que lorsqu'elle porte ses cheveux plus longs et sa barrette.

*****
 
Le groupe Mickey 3D a rendu un magnifique hommage au groupe de résistants dans sa chanson "La Rose Blanche", que je vous invite à découvrir ci-dessous:

 



Citations:

* Notre force intérieure est notre arme la plus puissante.

* C'est seulement quand on est obligé de se demander si la patrie signifie autant que par le passé - seulement quand on a perdu la foi dans les étendards et les discours parce que les idées qui ont cours sont devenues banales et sans valeurs - que s'affirme le véritable idéal.

* Comme nous avançons à 'tâtons vers l'avenir, la tendance générale est: vis tant que c'est possible !
Je ne vais pas me plaindre de notre génération, mais elle est vraiment mal partie.

* Si nombreux que puissent être les orages déchaînés au-dessus de nos âmes, nous retrouverons toujours l'équilibre de notre existence.



Suzy B.

  

dimanche 23 juillet 2017

PAL +3


Pile A Lire +3


Bonjour les Nomades !

Je suis dans un état de santé, depuis deux jours, assez pitoyable... Je vais donc revenir assez rapidement sur les livres que j'ai achetés cette semaine.
J'ai appris que les éditions Charleston faisaient une opération "deux romans achetés, un troisième offert". Le livre offert étant à choisir entre deux ouvrages précis, et l'un étant un petit livre de Jane Austen, je me suis laissée tentée.



Achats

* La Jeune Fille sur la Falaise, de Lucinda Riley.
Résumé: Pour échapper à une récente rupture, Grania Ryan quitte New York pour aller se ressourcer en Irlande auprès de sa famille. C'est là, au bord d'une falaise, qu'elle rencontre Aurora Lisle, une petite fille qui va changer sa vie. En trouvant de vieilles lettres datant de 1914, elle se rend compte du lien qui unit leurs deux familles. Les horreurs de la guerre, l'attrait irrésistible du ballet, le destin d'un enfant abandonné, ont fait naître un héritage de chagrin, qui a tour à tour marché chaque nouvelle génération.

* Je Peux Très Bien me Passer de Toi, de Marie Vareille.
Résumé: Chloé et Constance sont bonnes copines, bien qu'elles n'aient en commun que leurs vies sentimentales catastrophiques. Un soir, les deux jeunes femmes décident de prendre leur vie en main en concluant un pacte. Chloé, séductrice dans l'âme et Parisienne jusqu'au bout des ongles, devra s'exiler en pleine campagne avec l'interdiction d'approcher un homme pendant six mois. Constance, incorrigible romantique, s'engagera à coucher le premier soir avec un parfait inconnu. Des vignobles du Sauternais à Londres en passant par Paris, cet étrange pacte entraînera les deux amies bien plus loin que prévu...

Ces deux titres étaient dans ma liste d'envies depuis un moment, le second parce qu'on en m'a dit beaucoup de bien et qu'il semblerait que Jane Austen soit mentionnée au cours du récit... On ne se refait pas ! ;)

 
Cadeau

* Juvénilia, de Jane Austen.
Résumé: Cet ouvrage compile trois oeuvres sur les thèmes forts qui ont fait connaître Jane Austen et qu'elle a écrites durant son adolescence.

J'ai été un peu surprise que le livre offert soit si petit et contienne si peu des textes de jeunesse de la romancière... mais bon, je m'achèterai un ouvrage plus complet une autre fois. ;)



Suzy B.