samedi 13 janvier 2018

La Belle et la Bête


La Belle et la Bête
Auteure: Gabrielle-Suzanne de Villeneuve - dite Mme de Villeneuve
Editeur: Folio
 Edition établie et présentée par: Martine Reid
Nombre de pages: 144

* Quatrième de Couverture *

Le monstre se fit entendre. Un bruit effroyable, causé par le poids énorme de son corps, par le cliquetis terrible de ses écailles et par des hurlements affreux, annonça son arrivée. En voyant approcher la Bête, qu'elle ne put envisager sans frémir en elle-même, la Belle avança d'un pas ferme, et d'un air modeste salua fort respectueusement la Bête. Cette démarche plus au monstre et, se retournant vers la Belle, il lui dit "Bonsoir, la Belle."

* Mon Avis *

La lecture de ce conte original est très intéressante, mais elle ne m'a pas fascinée.

Père d'une famille nombreuse (six garçons et six filles), un opulent marchand perd toutes ses richesses du jour au lendemain et se retrouve obligé d'aller vivre à la campagne. Lorsqu'un nouvel espoir se présente et qu'il doit retourner seul en ville, ses filles lui demandent de leur rapporter bijoux, robes et autres biens luxueux quand la Belle, plus humble, jolie et préférée des filles du marchand - jalousée par ses soeurs de surcroît - ne demande qu'une simple rose. Trompé par ses espoirs, le père rentre de la ville bredouille mais se retrouve déporté, lors d'une tempête, vers un château inconnu; c'est en y cueillant une rose qu'il rencontre une horrible Bête l'obligeant à revenir avec l'une de ses filles, pleinement consentante, ou il mourra. La Belle, navrée que la vie de son père soit menacée par sa faute, se dévoue. Au fil de son enfermement dans le fabuleux château emplit de nombreuses richesses, la jeune femme s'attache imperceptiblement à cette Bête mais est aussi sous le charme du séduisant inconnu qu'elle voit en rêve chaque nuit et qui insiste pour lui dire qu'elle ne doit pas se fier aux apparences. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que toute cette histoire est la conséquence et le dénouement d'une querelle entre de puissantes fées.

Quand on a grandi en regardant le si culte dessin-animé de Disney, le film de Cocteau ou, tout récemment, redécouvert la version Disney en live, il ne peut être que passionnant de découvrir l'histoire originale - bien que les adaptations soient plus inspirées de la version de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. Ici, "La Belle et la Bête" fait normalement partie d'un recueil de plusieurs contes; cette histoire nous fait découvrir une héroïne parfaite qui subit de terribles déconvenues. Si la perfidie humaine est bien retransmise - la jalousie de soeurs, l'inconstance de prétendants, la position d'une famille remise en cause au motif de son manque de richesse... -, j'ai trouvé que la morale de l'histoire laissait vraiment à désirer. Je ne peux malheureusement pas en dire plus sans révéler une partie du dénouement de l'intrigue. J'ai, par contre, apprécié la manière de nous faire connaître la psychologie du monstre grâce aux rêves faits par la Belle - car ce n'est pas sous sa forme de Bête qu'elle paraît le plus intelligente, vu qu'elle se borne alors à la question "Voulez-vous que je couche avec vous ?", qui pourrait peut-être choquer... Ah, c'est une façon de faire plus franche, dirons-nous !
Divisé en deux parties, le conte nous relate dans la seconde les origines de la situation de la Belle et de la Bête, par la voix d'une fée. C'est tout aussi intéressant que le reste, nous y distinguons une hiérarchie de fées qui n'ont pas le droit d'aimer, mais le discours reste long à lire. Je regrette que "pour des raisons de calibrage du volume", ait été supprimé le récit intitulé "Histoire de la Bête" qui n'est que trop brièvement résumé.

Cette version originale m'a tout de même bien plu; comme je le dis plus haut, c'est une lecture intéressante.
 
* Parlons Couverture *

Ah, une rose... Tout commence pour notre Belle avec une rose, alors quelle logique que cette photographie de Valentino Sani ! Jolie, en plus, avec ces pétales à moitié fanés et cette couleur passée, par-dessus.



Suzy B.

   

2 commentaires:

  1. Il y a aussi la version de Christopher Gans qui vaut le détour. Avec Vincent Cassel en bête. Pour ce qui est de l'histoire original, j'avoue n'avoir jamais été tenté de la lire.

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    1. Je ne suis pas trop fan de Léa Seydoux... mais à l'occasion je le regarderai.

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