mercredi 23 août 2017

Carrie


Carrie
Titre original: "Carrie"
Auteur: Stephen King
Editeur: Le Livre de Poche
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par: Henri Robillot
Nombre de pages: 282

* Quatrième de Couverture *

Carrie White, dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, vit un calvaire: elle est victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu'elle le maîtrise encore avec difficulté... Un jour, cependant, la chance paraît lui sourire. Tommy Ross, le seul garçon qui semble la comprendre et l'aimer, l'invite au bal de printemps de l'école. Une marque d'attention qu'elle n'aurait jamais espérée, et peut-être même le signe d'un renouveau ! Loin d'être la souillonne que tous fustigent, elle resplendit et se sent renaître à la vie. Mais c'est compter sans la mesquinerie des autres élèves. Cette invitation, trop belle pour être vraie, ne cache-t-elle pas un piège plus cruel encore que les autres ?
 
* Mon Avis *

Pour son premier roman, Stephen King effectue un joli travail avec cette histoire fascinante.

Carrie est une adolescente qui a toujours subie les moqueries des autres à l'école, à cause de son physique, de son comportement parfois, et de sa mère aussi. Cette dernière est une fanatique du culte religieux, vivant pour Dieu et luttant contre le démon qui, pour elle, habite le corps de sa fille, qu'elle pousse à prier des heures durant enfermée dans un placard. Il faut dire que depuis sa naissance, Carrie est environnée d'évènements inexplicables - biberon en lévitation, meubles qui bougent sans qu'on ne les touche, soudaine pluie de glace et de pierres, battes de baseball qui s'effondrent au sol... - et pour cause: la jeune fille est douée d'un pouvoir de télékinésie. Plus le temps passe et plus les capacités exceptionnelles de Carrie se développent. Quand la moquerie de trop, l'humiliation de trop survient, cela ne peut tourner que au drame.

L'on connaît (presque) tous la scène mythique de ce roman: Carrie recouverte de la tête aux pieds de sang, dans sa jolie robe de bal (et c'est d'ailleurs la seule chose que je connaissais de l'histoire avant de la lire). Dès les premières pages, l'on comprend justement que c'est à une histoire sanglante que nous avons affaire, mais ce n'est pas pour autant horrifique, loin de là. Nous découvrons un récit qui mêle le fantastique à une histoire profondément triste. La jeune Carrie est un personnage auquel je me suis tout de suite attachée; le fait qu'elle soit victime d'une mère autoritaire et extrémiste, et de harcèlement scolaire, du dégoût et du rire des autres à son encontre, nous pousse vraiment à la plaindre. Quand une éclaircie apparaît dans cette noirceur qu'est son existence, elle l'accueille avec un plaisir qu'elle n'a jamais connu jusque là, et c'est ce qui rend sa chute d'autant plus rude.

Le harcèlement est un thème qui m'intéresse toujours dans la littérature. Ici, Carrie fait l'objet d'une véritable haine, pour la seule raison qu'un jour on s'est moqué d'elle et que cela lui est resté collé à la peau. Par habitude, par une naïve cruauté adolescente, les élèves continuent de rire d'elle et trouvent toujours des raisons de le faire. Certains se laissent entraîner pour être bien vus, d'autres se laissent porter par les rires et font de même, et cette terrible réalité est fidèlement retranscrite.

Rapidement, l'auteur nous révèle ce qui doit se passer à la fin de l'histoire, et les détails nous sont ensuite apportés au fur et à mesure: l'enfance de Carrie, les scènes marquantes de sa vie, les déplacements et pensées des personnages secondaires, ou encore des rapports d'enquêtes et témoignages concernant la catastrophe finale du roman, entrecoupent donc le déroulement des faits. Et j'ai beaucoup aimé que l'on sache donc tout de suite ce qui nous attends, en comprenant le pourquoi mais pas le comment.
Ce livre, divisé en trois parties, n'est pas chapitré. Souvent, cela me gêne un peu, mais pas avec Stephen King ! Cet auteur arrive toujours à me captiver, et les différents paragraphes ont, pour moi, lieu de chapitrage.

En dernier point se pose une question très intéressante concernant les personnes dotées du gène TK, qui est à l'origine des capacités télékinésiques, et s'il faut les contrôler et dans quelles mesures. La peur, instinct primaire de l'être humain, est alors bien décrite et laisse présager à quelle affreuse nouvelle "chasse aux sorcières" cela pourrait aboutir.

Ce roman m'a beaucoup plu, son thème fort et le côté fantastique m'ont fascinée.
 
* Parlons Couverture *

Cette photographie fait assez film d'horreur à la "Exorciste" je trouve et, comme je l'ai écrit plus haut: ce n'est pas un roman d'horreur (ou, du moins, pas comme moi je l'entends, en tout cas). Et en même temps je trouve que ça correspond quand même plutôt bien à "Carrie" (contradictoire, moi ? Toujours !). J'aime beaucoup l'ambiance qui ressort de cette couverture et la coloration apportées grâce aux lumières.



Citation:

* Le temps passait. Quelle importance ? Macbeth a tué le sommeil et Carrie a tué le temps.



Suzy B.

   

2 commentaires:

  1. La fameuse scéne du bal, magnifiquement traité dans le De Palma. D'ailleurs, Carrie est décrite comme n'étant pas trés jolie... ce qui dessert beaucoup la derniére adaptation ou elle est interprété par Chloë Grace Moretz (dans le genre vilain petit canard... on a vu meilleur choix). Sissy Spacek y était excellente, Angela Betis pas mal aussi, même si elle avait 30 ans au moment du tournage du téléfilm.

    Même si ce n'est pas le roman de King qui m'a le plus marqué, il faut reconnaitre qu'il reste excellent et qu'il maitrisait déjà sacrément l'écriture^^.

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    1. En même temps, il n'est pas très facile de trouver une actrice "moche". Tu aurais imaginé qui dans le rôle pour la dernière adaptation ?

      Ah oui, c'est ce qui fait d'ailleurs la force de ce roman: Stephen King impose déjà son style et son talent, même s'il a longtemps été décrié par certains.

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