vendredi 18 mai 2018

Un Jour


Un Jour
Titre original: "One Day"
Auteur: David Nicholls
Editeur: Editions 10/18
Traduit de l'anglais par: Karine Reignier
Nombre de pages: 624

* Quatrième de Couverture *

15 Juillet 1988. Emma et Dexter se rencontrent pour la première fois. Tout les oppose, pourtant ce jour marque le début d'une relation hors du commun. Pendant vingt ans, chaque année, ils vont se croiser, se séparer et s'attendre, dans les remous étourdissants de leur existence.
Un conte des temps modernes où la splendeur d'aimer a fait chavirer le monde entier.
 
* Mon Avis *

Dramatique, ce roman singulièrement poignant est déstabilisant et émouvant.

Emma et Dexter se rencontrent le soir de leur remise de diplôme, au moment où leur vie d'adulte leur ouvre les bras, où les possibilités d'avenir sont les plus vastes et ne demandent qu'à être concrétisées. Ce 15 Juillet 1988 est aussi le jour où le destin va curieusement les séparer. Passant la nuit ensemble sans aller plus loin qu'un flirt passionné, les deux jeunes gens vont devenir des amis très proches et se retrouver année après année entre les pérégrinations de leur vie. Se cherchant dans leur travail, leur vie privée, dans le regard et la pensée de l'autre, ils vont vivre leur amitié - la supporter même parfois - sans oser s'avouer leur amour. Près d'une vingtaine d'années vont s'écouler avec ce besoin qu'auront Emma et Dexter l'un de l'autre, et cette satisfaction et cette frustration d'être là l'un pour l'autre les accompagneront dans les meilleurs comme dans les pires moments.

Quelle difficulté de parler de ce roman ! J'ai contemplé ma chronique pendant une demi-heure en me demandant comment j'allais pouvoir y décrire mon ressenti... et après l'avoir terminée (vous comprenez donc que j'ajoute cette phrase post-écriture), je me suis demandée - pendant plusieurs jours - si j'étais vraiment certaine de mes mots. Ce qui est certain, c'est que cette histoire est belle. Terriblement, tristement, cruellement belle. Je connaissais les romans historiques dits "torturés" - "Les Hauts de Hurle-Vent" en est l'un des plus bel exemple, "Tess d'Urberville" aussi... -, "Un Jour" est ce que j'appellerais la "version contemporaine du genre torturé".
Cette histoire est une non-romance, une histoire d'amour qui ne se vit pas (ou trop peu) - je ne sais s'il existe un terme spécifique... - et c'est là toute la beauté de l'oeuvre: le romantisme est sous-jacent, il n'est pas présent dans ce que nous lisons mais dans ce que nous imaginons. En effet, grâce à sa superbe construction - chaque chapitre est le 15 Juillet d'une année différente -, David Nicholls frustre le lecteur, volontairement, en détaillant une journée en particulier mais en résumant tout ce qui a pu se passer durant l'année écoulée; on est parfois surpris, souvent déçus et c'est là, à cet instant précis, lorsque la déception pointe, que l'on se dit: "Et si... ? Et si tel évènement s'était déroulé autrement ? Et si telle personne avait osé prononcer tels mots ?". La romance entre Emma et Dexter se déroule donc d'une manière absolument sublime... dans notre imagination. Mais sur le papier, dans les lignes de l'auteur, c'est plutôt le chaos.
J'ai eu bien du mal à rentrer dans cette histoire: les cent premières pages m'ont profondément ennuyée, le reste est particulièrement déprimant, mais il y a des instants fugaces dans le récit qui m'ont captivée et émue. On m'a conseillé de m'accrocher, et oui, il le faut ! Car même si ce que l'on ressent durant notre lecture n'est pas toujours agréable, une certaine puissance ressort de cette histoire.
Je ne parlerai pas de réel attachement envers les héros mais, à un moment du récit j'ai compris que j'avais fini par éprouver de l'intérêt pour eux, pour ce qu'ils vivaient ou ne vivaient pas, ce qui fait que j'ai terminé ma lecture bien plus vite que je ne m'y attendais.

Dans le roman, Emma souhaite écrire un grand livre sur la vie; je crois que c'est ce que David Nicholls a voulu faire ici, et je crois qu'il a réussi. A notre époque, on parle fréquemment des chefs-d'oeuvre de la littérature, terme couramment utilisé pour désigner d'anciens écrits, nettement moins ceux des dernières années... et en quelles circonstances, d'ailleurs, une personne peut-elle se permettre de tant honorer un récit ? Je ne saurais répondre, mais vu que je le pense sincèrement, je vais oser affirmer la chose suivante: ce roman est un chef-d'oeuvre ! Il est du genre de ces "Madame Bovary", "Bel-Ami" et autres récits gravés aujourd'hui dans la mémoire collective; du genre a être étudié dans les salles de classe dans une centaine d'années. Je n'ai pas un avis catégorique concernant cette lecture, je n'ai pas tout apprécié et il n'est ni tout blanc ni tout noir, mais je lui reconnais une force indéniable, d'un tragique éblouissant, je suis heureuse de l'avoir lu et recommande sa lecture qui s'avère très intéressante à analyser.

* Parlons Couverture *

La couverture de cette édition 10/18 représente l'affiche du film, qui est très jolie mais peut se révéler tout autant trompeuse. En effet, qui ne penserait pas en la voyant que l'on a affaire à une comédie romantique ? Ce côté sentimental ne correspond pas à l'histoire et je n'ai compris l'action représentée qu'en toute fin de lecture. Pas le meilleur choix, donc, mais cette image est tout de même si belle !



Citations:

* "La réalité ? Personnellement, je trouve ça très surfait."

* Il appartenait à cette catégorie d'hommes si séduisants qu'on remarque la forme des os qui courent sous leur peau, comme si même leur crâne était charmant.

* [...] ils étaient heureux de ne pas être trop heureux.



Suzy Bess.

  

2 commentaires:

  1. Et bien voilà qui donne sacrément envie de le lire ! Je pense que je vais le noter dans un coin. En espérant que le film te plaise aussi !

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    1. Oui, lis-le, ton avis m'intéresserait !

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