vendredi 10 août 2018

Ophelia


Ophelia
Auteure: Ophélie Curado
Editeur: Auto-éditée
Nombre de pages: 300

* Quatrième de Couverture *

Ophelia est une communauté non-constituée en société, dans le comté de Northumberland, dans l'Etat de Virginie. Autrement dit, ici tout est différent.
Jack Anderson, quarantenaire et commercial itinérant dans la vente de brosses à dents l'apprendra à ses dépens. Alors qu'il cherchait son chemin, il se retrouve par hasard - rien n'est dû au hasard, tout n'est que l'oeuvre du Destin - dans la charmante petite communauté d'Ophelia. Très vite, il se laissera ensorceler par une prostituée qui aura tout de la créature à laquelle il est impossible de résister. Et pourtant, Ophelia est jalouse comme une femme et tout ce qu'elle prend, elle ne le rend jamais...
Joyce Sullivan est une jeune journaliste passionnée par son métier. Menacée de perdre son travail par un patron exigeant, elle est à la recherche du prochain gros titre qui pourra sauver sa carrière. Fouineuse et imprudente, elle arrivera à Ophelia où elle commencera à mener sa petite enquête. Joyce apprendra alors à ses dépens, qu'ici, de noirs secrets n'ont pas fini de faire couler autant d'encre, que de sang...
Dans la spectrale ville d'Ophelia, les apparences sont trompeuses et ceux qui en savent trop ne sont plus là pour en parler. Dans cette communauté, rien ne fonctionne comme il faut. Mais c'est ce qu'on essaye de nous faire passer pour normal, qui est le plus effrayant...
 
* Mon Avis *

Mystérieuse et entraînante, cette histoire m'a beaucoup plu.

Vendeur itinérant désabusé, Jack se perd un soir d'orage et finit par arriver dans la petite ville d'Ophelia. Il va vite se rendre compte qu'il éprouve, sans se l'expliquer, une vive répulsion pour la localité, et sa première rencontre avec l'un de ses habitants - un shérif au comportement étrange - va amplifier son malaise. N'ayant d'autre choix que de passer la nuit sur place, il prend une chambre au motel où il rencontre Chloey, une jeune prostituée avec laquelle il va passer la nuit et qui va lui faire des révélations incroyables. Quelques temps plus tard, c'est Joyce qui pénètre à Ophelia. Journaliste, elle vient enquêter sur un meurtre ayant eu lieu dans un motel de la ville voisine et dont la victime serait originaire d'Ophelia. La jeune femme a tout lieu de penser que l'accusé croupissant en prison est innocent et qu'il s'agit, en fait, d'un suicide. Neil, l'adjoint du sombre shérif, va alors lui apprendre la sordide légende entourant cette frissonnante bourgade qu'est Ophelia; mais pire encore, il va lui révéler que toutes ces choses qui paraissent si insensées sont pourtant bel et bien réelles.

Ophélie Curado nous offre un récit mêlant fantastique et angoisse, séparé en deux nouvelles (bien qu'il puisse très bien aussi être considéré comme un roman divisé en deux points de vue). Le style de l'auteure est toujours particulier: en s'épanchant en descriptions détaillées, elle peut apporter quelques longueurs et répétitions, tout comme son langage cru peut rapidement devenir dérangeant à qui n'est pas averti; mais ces caractéristiques font l'essence même de sa plume, et une fois qu'on y est habitué on prend un réel plaisir à suivre l'histoire ! Par exemple, quand j'ai mis un peu de temps à me faire au style d'Ophélie Curado en lisant son premier roman ("La Mort Devant Soi, tome 1"), j'ai ici tout de suite accroché. D'autant plus que les chapitres étant courts et composés de nombreux paragraphes, nous sommes face à un page turner - j'ai lu ces quelques 300 pages en deux jours.
Si j'ai, en général, toujours un peu de mal avec les relations formées très rapidement entre personnages, j'ai bien aimé suivre nos protagonistes. Et le sujet est intrigant: une ville semblant avoir une emprise sur ses habitants, dotée peut-être même d'une certaine conscience... on se pose de nombreuses questions au cours de la lecture; et la partie concernant la création d'Ophelia et les révélations faites concernant son influence sur les gens m'ont beaucoup plu.

Jolie découverte, donc, on en redemanderais presque (bien que ce récit puisse se suffire à lui-même, je me demande si une suite a été envisagée... je ne serais pas contre en tout cas) ! "Ophelia" (le livre ? la ville ? les deux ?) est plein d'une sauvagerie brute que j'ai trouvée intéressante.
 
* Parlons Couverture *

Habituée à l'ancienne couverture mise en place lors de la parution du livre, j'ai eu du mal à m'habituer à celle-ci. Et pourtant, il ne saurait y avoir mieux ! Désormais, plus je la regarde, plus je l'aime; c'est une composition vraiment sympa qui va très bien au récit.



Citations:

* Evidemment, il était facile de croire que tout ceci était dû au hasard, mais le hasard n'existait pas. Il n'y avait que des décisions que nous prenions, des choix que nous faisions, des directions que nous empruntions.

* La gentillesse, ça n'existe plus, ça se perd dans les rues. Ca tombe sur les trottoirs, ça coule, emporté par le torrent de la pluie jusqu'au caniveau et nous avons beau la chercher partout, elle est broyée dans le tourbillon des eaux usées; dans le tourbillon de la vie.



Suzy Bess.

    

2 commentaires:

  1. Mais c'est trés tentant tout cela. Je le note dans ma liste et un jour, surement qu'il se matérialisera. Mais alors quand...^^

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