vendredi 7 septembre 2018

Cymbeline


Cymbeline
Titre original: "The Tragedy of Cymbeline, King of Britain"
Auteur: William Shakespeare
Editeur: RBA France; Collection Le Monde
Traduit de l'anglais et introduction par: François-Victor Hugo
 Préface de: Margaret Jones-Davies
Nombre de pages: 247

* Résumé *

Romance tardive, "Cymbeline" est une pièce fantastique inspirée du très ancien conte d'inspiration alchimique "Blanche Neige" et retraçant l'histoire de la guerre entre la Bretagne et Rome.
C'est la troisième pièce des oeuvres complètes rassemblées sous la division thématique "Les Jaloux".
Outre l'introduction de François-Victor Hugo, vous trouverez dans ce quatorzième volume des oeuvres complètes de Shakespeare, une préface de Maragaret Jones-Davies, maître de conférence honoraire à l'université Paris-Sorbonne.
 
* Mon Avis *

Oh, que cette pièce est excellente grâce à ses nombreux quiproquos !

Le roi Cymbeline est en colère: sa fille, Imogène, a épousé en secret Posthumus, un orphelin pauvre que le souverain avait pris sous sa protection, alors qu'il destinait la princesse à Cloten, le fils de sa nouvelle épouse, une reine autoritaire et prête à tout pour parvenir à ses fins. Posthumus est banni et la fidélité d'Imogène va être défiée; mais bien que sa loyauté soit exemplaire, le contraire va être certifié au mari démuni qui va alors, sous le coup d'une folle envie de vengeance, ordonner à son valet de la tuer. Mais Pisanio ne peut se résoudre à l'acte mandaté par son maître et préfère plutôt éloigner la jeune femme du château en la déguisant afin que personne ne la reconnaisse; au fil de son cheminement, Imogène va croiser la route de trois hommes qui vont lui venir en aide. Mais l'ignominie de la reine et de Cloten n'est jamais très loin et, alors qu'une guerre se déclare entre Rome et la Bretagne, les protagonistes de cette histoire vont connaître bien des bouleversements.

J'ai vraiment adoré cette pièce pleine de rebondissements et portée par une succession savamment orchestrée de confusions. L'histoire est captivante de bout en bout et se lit aussi rapidement que facilement. Si la partie fantastique, avec ses apparitions de spectres et du dieu Jupiter descendu sur Terre, ne m'a pas parue forcément nécessaire, chacune des scènes m'a intéressé.
 Margaret Jones-Davies évoque, dans sa préface, le conte de "Blanche-Neige" que François-Victor Hugo, toujours aussi passionné dans ses propos introductifs, a totalement omis - le traducteur se concentrant sur les origines françaises et italienne d'une partie de l'histoire, mettant en avant la jalousie, thématique sous laquelle est placée la pièce -; et il y a, en effet, quelques ressemblances: une méchante reine voulant la mort de quiconque l'empêcherait de régner, une princesse en fuite en pleine nature après qu'on ait demandé de la tuer avec preuve de son trépas, puis recueillie par de bienveillants héros, en passant par l'absorption d'un poison qui l'a laisse pour morte... mais si la maître de conférences n'avait pas relevé ce point, je n'y aurais pas pensé de moi-même, la construction du récit étant telle qu'on le comprend sans chercher à relever des similitudes. Par contre, on ressent tout à fait l'atmosphère de conte de fées, sans savoir si l'histoire va bien se terminer ou non.
Une fois de plus, Shakespeare met en scène des personnages développés qui ont tous leur importance; d'un Deuxième Seigneur qui raille Cloten dans son dos, à Posthumus, aussi aimable que peut être violente sa jalousie, en passant par Pisanio, simple serviteur prenant, en une simple lettre, tout l'autorité qu'il mérite, pour terminer par un Cymbeline influençable... ils possèdent tous une force, un impact.
Cette pièce aurait pu avoir d'innombrables noms, le choix de "Cymbeline" est d'autant plus intéressant que le personnage n'est pas le plus présent au fil des actes, et l'on se demande ce qui a motivé le dramaturge: la situation politique ou le fait que, finalement, tout converge vers ce personnage ?

Quoi qu'il en soit, c'est un récit très plaisant à découvrir !
 
* Parlons Couverture *

Comme le reste de la collection, cette couverture simple relevée par des finitions dorées est très jolie. J'aime beaucoup.



Citations:

* Imogène - La crainte d'une catastrophe est souvent plus douloureuse que sa révélation: car, ou le mal certain est irrémédiable, ou, s'il est connu à temps, il peut être réparé.

* Lucius - Certaines chutes ne sont que des moyens plus heureux d'élévation.

* C'était, au temps de Shakespeare, une croyance populaire que le rouge-gorge prenait soin d'ensevelir sous la mousse et sous les fleurs les cadavres humains qui n'avaient pas été enterrés. Un poète contemporain de notre auteur, Drayton, rappelle cette gracieuse superstition dans ces deux vers:

Covering with moss the dead's unclosed eyes,
The little redbreast teacheth charity.

Couvrant de mousse l'oeil non fermé du mort,
Le petit rouge-gorge enseigne la charité. (notes de François-Victor Hugo)
  
* [...] si ardue que soit une tâche, elle reste attrayante du moment qu'elle donne à celui qui s'en acquitte la satisfaction d'un devoir accompli. (Introduction de François-Victor Hugo)



Suzy Bess.

  

2 commentaires:

  1. Je connais un peu la piéce pour en avoir vu une adaptation modernisé, mais qui conservait le texte original tel quel. (Renommé en france "Anarchy", avec Ethan Hawke et dans un milieu de motard). Mais j'avoue ne pas m'en souvenir totalement^^.

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    1. Ah mais oui, j'en avais entendu parler (par toi ? je ne sais plus) !

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