samedi 7 octobre 2017

Salem


Salem
Titre original: "Salem's Lot"
Auteur: Stephen King
Editeur: Le Livre de Poche
Traduction originale de: Christiane Thiollier et Joan Bernard
Revue et augmentée par: Dominique Defert
Nombre de pages: 828

* Quatrième de Couverture *

"Salem est l'un de mes meilleurs romans, l'un des plus effrayants aussi. Alors, éteignez la télévision, et parlons vampires dans la pénombre, je pense pouvoir vous faire croire en leur existence." Stephen King, Juin 2005.

Le Maine, 1970. Ben Mears revient à Salem et s'installe à Marsten House, inhabitée depuis la mort tragique de ses propriétaires, vingt-cinq ans auparavant. Mais, très vite, il doit se rendre à l'évidence: il se passe des choses étranges dans cette petite bourgade. Un chien est éviscéré, un enfant disparaît, et l'horreur s'infiltre, se répand, aussi inéluctable que la nuit qui descend sur Salem.
 
* Mon Avis *

Si je devais utiliser un mot pour décrire les romans de Stephen King, je les qualifierais d'angoissants. Encore une fois, l'écrivain nous présente une histoire que je n'ai pas trouvée effrayante, mais qui apporte une sensation d'angoisse profonde. La subtilité entre les deux termes est peut-être mince, mais je tiens à faire la différence: pour moi, le sentiment d'oppression mêlé de frissons prend plus de place que la peur en elle-même, qui est plus superficielle.

Ben Mears est un romancier en quête de rédemption qui se remet difficilement de la mort de sa femme. Après avoir quitté Jerusalem's Lot bien des années plus tôt, il revient y habiter afin d'exorciser ses démons; en effet, la ville l'a longtemps effrayé - peur en majorité due à la sombre présence de Marsten House, une demeure qui semble semer le malheur dans son sillage (et où il ne va pas s'installer, comme l'indique à tort la quatrième de couverture) - et il est bien décidé à profiter de cette ambiance pour écrire son nouveau livre, en s'inspirant de cette petite ville de campagne. Peu de temps après son arrivée, Marsten House accueille deux nouveaux propriétaires: Richard Straker, à l'allure très étrange et froide, et Kurt Barlow, dont personne ne sait rien et qui ne se montre pas; mais alors, des évènements de plus en plus suspects se produisent, jusqu'à ce que les cadavres de personnes décédées dans des circonstances inexplicables se mettent à disparaître. Une idée terrible se met à germer dans le coeur des habitants: y aurait-il des vampires à Salem ?

Le vampirisme est l'un des thèmes fantastique les plus prolifiques en littérature; depuis des siècles, il a été étudié sous toutes ses formes et l'on ne compte plus le nombre d'ouvrages qui en parlent. Stephen King revient aux fondements du mythe et nous présente avec intelligence des êtres au teint d'une pâleur cadavérique mais particulièrement beaux, aux dents pointues et aux yeux rouges, avec son lot de pieux en bois, de croix et d'eau bénite qui en découle, mais aussi pleins de cruauté, sans conscience du mal et ne souhaitant qu'une chose: continuer leur vie d'éternité morbide dans l'attente de leur prochaine beuverie sanglante. C'est du classique (et c'est agréable), alors pourquoi ai-je parlé d'intelligence ? Car le vampirisme est traité d'une manière judicieuse et captivante: on le voit se répandre telle une maladie, à la fulgurance d'une épidémie... Malin, Mr King ! J'ai trouvé ça pertinent, et ça permet un joli rythme à l'histoire.
Durant une grande partie du récit, pourtant, l'auteur nous introduit petit à petit dans cette petite ville de Salem, exposant ses pratiques et les comportements variés de ses habitants; c'est un folklore rustique et typique de toutes petites bourgades. Dans les "scènes coupées" que l'on retrouve à la fin de cette édition, on découvre que Stephen King a voulu mentionner la présence de vampires assez tôt dans le récit, mais changeant d'avis il laisse finalement le lecteur s'en rendre compte par lui-même, et lorsque le mot est officiellement prononcé, cela fait déjà un certain temps déjà que nous connaissons la vérité.
Les personnages, très ancrés dans la réalité, sont peu convaincus au départ par la présence d'être effroyables au sein de leur ville. Quand ils tentent d'admettre de manière logique la vérité, cela donne parfois des dialogues qui m'ont rappelés ces films de série B, ni intenses et captivants, mais plaisants à suivre. Cela est contrebalancé par des réflexions très intéressantes et de sublimes descriptions.
Les protagonistes sont nombreux, il m'est arrivé de m'emmêler les pinceaux entre tel ou tel personnage secondaire, ceci dit dit ce n'est ni gênant, ni très grave. Je n'ai pas particulièrement accroché avec le héros principal, Ben Mears, qui m'a laissée totalement indifférente pour tout dire; mais là encore, cela ne m'a absolument pas dérangée: j'ai pris plaisir à lire cette histoire et me laisser porter par l'ambiance sinistre. J'ai adoré le fait que la ville elle-même ait des chapitres dédiés, une sorte de voix à part entière où elle observe ses habitants. C'est souvent dans ces parties que j'ai été le plus séduite par les croquis faits de la vie.

En fin d'ouvrage, il nous est donné la possibilité d'en apprendre plus sur Salem grâce à deux nouvelles: "Un Dernier pour la Route", se déroulant deux ans après l'épilogue du roman; et "Jerusalem's Lot", nouvelle épistolaire dont les faits sont situés entre 1789 et 1850 et revenant sur l'origine du mal à Salem. J'ai été captivée !

Ce roman m'a bien plu et je suis très contente de cette lecture, qui plaira sans conteste aux fans de vampires !
 
* Parlons Couverture *

Pas de doute que cette couverture de Jerry N. Uelsmann fait référence à l'angoissante demeure Marsten House, l'un des éléments principal de ce récit. Le noir et blanc pour la représenter est un choix tout trouvé !



Citations:

* Certes, l'écrivain peut imposer sa volonté - mais c'est la dernière chose à faire ! Asservir une fiction au contrôle de l'auteur, c'est de la construction narrative. Mais si vous attachez votre ceinture et que vous laissez l'intrigue prendre les rênes, alors, et seulement alors, vous racontez une histoire. Et raconter des histoires est un processus aussi naturel que de respirer; la construction narrative n'est, par analogie, ni plus ni moins qu'un poumon artificiel. (Préface de l'auteur)

* Raconter une histoire est agréable et ça l'est dix fois plus encore s'il y a des gens pour l'entendre. (Préface de l'auteur)

* Je pense qu'il est relativement facile pour les gens de reconnaître l'existence de phénomènes tels que la télépathie ou la voyance parce que ça ne leur coûte rien. Ce n'est pas ça qui les empêchera de dormir. Mais l'idée que le mal que font les hommes continue à vivre après eux est beaucoup plus troublante.



Suzy B.

 
  

4 commentaires:

  1. Ah bah pour une fois que le personnage principal n'est pas une femme ! (Bon, dans le prochain non plus^^). Mais beaucoup d'éléments de Salem seront réutilisés pour d'autres roman. Le style "propagation d'un virus", le personnage de Callahan, la ville profondément maléfique, la petite vie d'une petite bourgade... Des choses que j'aime et qu'on retrouvera^^.

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    1. Bah oui mais écoute, je ne sais pas pourquoi il m'a laissée indifférente... Oui ce sont des éléments vraiment sympas à lire sous la plume de King, j'ai hâte de voir tout ça ! :D

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  2. J'ai beaucoup aimé ce roman ! Je te rejoins tout à fait, l'histoire n'est pas ultra effrayante mais l'ambiance est tellement angoissante, tellement pesante ! Elle ne peut que nous happer ! Vraiment un bon King ! Enfin en toute honnêteté, il fait partie de mes préférés ^^

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    1. Exactement ! C'est vraiment oppressant. :)

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