lundi 25 avril 2016

Ecrits Fantômes

 
Ecrits Fantômes
Auteur: David Mitchell
Editeur: Editions de l'Olivier
Traduit de l'anglais par: Manuel Berri
Nombre de pages: 533
 
Quatrième de Couverture
 
"J'ai séjourné deux ans dans le docteur; c'est là que j'ai pu apprendre à connaître l'espèce humaine et ce qu'elle a d'inhumain. Appris à lire les souvenirs, à les effacer et à les remplacer. Appris à contrôler mes hôtes. L'Homme était mon jouet. J'ai également appris la prudence. Un jour, j'annonçai au docteur qu'un être immatériel vivait dans son esprit depuis deux ans."
Un terroriste à Tokyo, un trader à Hong-Kong, l'âme d'un shaman en Mongolie, des trafiquants d'art à Saint-Pétersbourg, une voix dans le cyberespace... ces personnages - et bien d'autres encore - appartiennent, sans le savoir, à la même histoire. Quel est donc le lien qui les réunit ?
 
Mon Avis
 
David Mitchell nous livre, au cours des dix parties de ce roman, des destins hétéroclites, où la conscience humaine trône.
 
Quasar fait partie d'une secte dont la conviction de mener une noble cause les pousse à tuer des gens;
Satoru, un jeune employé chez un disquaire, va tomber amoureux d'une inconnue;
Neal est au bord de la crise de nerfs en se rendant compte que sa vie s'est nettement dégradée, il analyse ce qui l'a amené jusqu'ici;
Sur une Montagne Sacrée, une femme assiste impuissante à la Révolution Culturelle et aux drames qui s'enchaînent;
Nous découvrons la Mongolie au côté d'une conscience, un hôte qui transmigre de corps en corps afin de découvrir ses origines;
Margarita, aveuglée par un amour néfaste, détourne des œuvres d'art;
Marco, batteur et nègre à ses heures perdues vit de manière quelque peu désordonnée et fataliste en enchaînant les relations sans savoir ce qu'il attend de la vie;
Mo, scientifique renommée, retrouve ses racines sans sérénité en se sachant poursuivie pour ses incroyables travaux de recherches;
Bat, au travers de son émission de radio, reçoit un étrange appel téléphonique d'un certain "Gardien de Zoo".
 
J'adore cette manière qu'a l'auteur de lier ses personnages, de manières parfois évidentes, d'autre fois plus subtiles. Grâce aux nombreux personnages, on découvre des lieux des quatre coins du monde et plusieurs manières de penser et de vivre. J'ai par moments peiné dans ma lecture, j'y ai trouvé quelques longueurs et un côté parfois linéaire (surtout au début du récit), mais à part ces petites choses, j'ai été emballée ! Certaines histoires m'ont captivée et les réflexions sont très intéressantes.
Même si j'ai préféré Cartographie des Nuages, du même auteur et du même style, j'ai bien aimé cette lecture !
 
 
 
Citations:
 
* Ils ne sauraient pas que le monde existe s'ils ne l'avaient pas vu à la télé.
 
* - La vie en société [...] implique un renoncement superficiel. En renonçant à certaines libertés, nous bénéficions de la civilisation. Nous sommes à l'abri de la famine, des brigands et du choléra. C'est un contrat à notre avantage. Un contrat que le système éducatif signe en notre nom à notre naissance. Ceci étant dit, nous avons tous un moi profond qui choisit jusqu'à quel point nous en honorons les clauses. Ce moi profond représente notre ultime sens de la responsabilité.
 
* - As-tu remarqué [...] que les pays disent "forces de dissuasion" quand ils évoquent leur arsenal nucléaire mais parlent toujours d'"armes de destruction massive" dès lors qu'il s'agit des autres nations ?
 
* - Les fous sont des écrivains écrits par leurs histoires.
 
* - Ce ne sont pas les gens qui peuplent le monde des hommes, mais leurs histoires.
 
 
 
Suzy B.
 



2 commentaires:

  1. Et surtout qu'il y a une progression dans le temps et qu'en liant le tout, on se rend compte comme un petit rien peut mener à quelque chose de... beaucoup plus gros. Et on retrouve des personnades de Cloud Atlas donc^^.

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    1. Oui, c'est un récit très bien mené.

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