jeudi 7 avril 2016

Apaise le Temps

 
Apaise le Temps
Auteur: Michel Quint
Editeur: Phébus
Nombre de pages: 104
 
Je remercie Babelio et les éditions Phébus pour cette lecture.
 
Quatrième de Couverture
 
Une libraire, ça crée des dettes. D'argent parfois bien sûr, mais surtout de cœur. Lorsque Yvonne meurt, les souvenirs affluent pour Abdel, un jeune professeur de Roubaix. Il se revoit enfant entre les murailles de bouquins, prêt à avaler tout Balzac sans rien y comprendre. De là à accepter la succession, il y a un pas... que l'inconscient fait à l'aveuglette. Le voici bientôt en butte aux problématiques économiques du métier. Mais aussi aux dangereuses archives photographiques de son aînée. En fouillant les cartons, c'est tout un pan de la guerre d'Algérie qui renaît, entre partisans du FLN, harkis et OAS. En quoi ce passé concerne-t-il les habitués de la librairie ? Sans trop se garder de l'amour, Abdel mène l'enquête.
 
Généreux avec ses personnages comme avec le lecteur, Michel Quint nous offre un roman sur les racines d'une France multiculturelle, portée par l'entraide.
 
Mon Avis
 
Encore une fois, me voilà étonnée des contradictions enclenchée en moi par ma lecture d'une œuvre de Michel Quint !
 
Avec Apaise le Temps, nous découvrons le quotidien chamboulé d'Abdel suite au décès d'Yvonne, vieille dame qui lui a légué sa librairie. En acceptant, sans vraiment y songer, la succession qui semble désastreuse d'avance, Abdel va aller de découvertes en suspicions; avec les photos prises par Yvonne lorsqu'elle était plus jeune, c'est une époque bien vite oubliée qui va se rappeler aux personnages, et des questionnements vont en fuser. Accompagnée de ses acolytes de la librairie Zita et Saïd, et de sa collègue Rosa, Abdel va tenter de trouver un objectif afin d'éviter le dépôt de bilan de la boutique.
 
Tout comme avec Effroyables Jardins, l'auteur a su me déstabiliser avec son écriture incisive, directe, voire presque hachée par moments, qui n'est pas toujours simple à lire. Pendant une bonne partie du récit, je n'ai pas su déterminer si cela me plaisait ou non. Et puis vient le dernier chapitre et l'épilogue qui font prendre tout son sens à l'histoire, qui rendent ce que j'ai lu auparavant plus clair, qui m'ont fait repenser à chaque détail... Et qui me permettent d'affirmer que j'ai beaucoup aimé ce texte.
Les personnages sont très attachants, le thème est intelligent et intéressant à découvrir pour moi qui ait rarement lu (pour ne pas dire jamais) de livres sur le sujet de la guerre d'Algérie, des répercussions en France, au sujet des partisans du FLN, harkis, OAS, MNA...
Et puis cette écriture particulière me plaît également beaucoup, tout autant qu'elle me dérange parfois - en fait, je crois vraiment que c'est le fait qu'elle me dérange par moments qui me plaît le plus, c'est intrigant, Michel Quint est le seul auteur qui m'apporte cette sensation me rendant perplexe. L'auteur dit les choses qu'il faut dire, qu'il a envie de dire, peu importe ce que l'on peut en penser. Oui, ça me plaît.
C'est une vraie expérience de lecture que de lire un Michel Quint, et je vous conseille de tenter dès que possible !
 
 
 
Citations:
 
* Ici penser est une faute, un oubli de l'instinct de survie.
 
* "relier" c'est bien, ça parle des gens et des livres qu'on "relie", qu'on "relit".
 
* - Les livres, c'est comme les chats, on habite chez eux, pas l'inverse.
 
 
 
Suzy B.
 


2 commentaires:

  1. on peut dire que ça donne envie ! Et comme c'est court, je pourrais bien tenter le coup !

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    1. Oui, je te le conseille. Je pense que ça pourrait te plaire. ;)

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