jeudi 19 mars 2015

La Voleuse de Livres

 
La Voleuse de Livres
Auteur: Markus Zusak
Illustrations: Trudy White
Editeur: Pocket
Traduit de l'anglais par: Marie-France Girod
Nombre de pages: 634
 
Quatrième de Couverture
 
Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité.
Liesel Meminger y est parvenue.
Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arêtée.
Est-ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a value cet intérêt ? Ou sa force extraordinaire face aux évènements ? A moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre et a même inspiré à la Mort ce joli surnom: la Voleuse de Livres...
 
Mon Avis
 
Attendez deux minutes que je sèche mes larmes...
Voilà.
Bon...
J'ai été bouleversée par cette histoire.
Contant un infime bout de son existence, l'on découvre la personnalité pétillante de la Mort. J'ai été totalement charmée par le fait que Markus Zusak la dépeint telle une enfant curieuse découvrant chaque jour de nouvelles choses et pourtant mélancolique car bien souvent trop au courant de ce que le monde a à offrir. L'auteur est parvenu à quelque chose d'ironique, quand on y pense: faire de la Mort une personne pleine de vie. Son humour, sa passion pour les couleurs, ses anecdotes... Tout cela en fait quelqu'un de vrai. Ce personnage m'a touché dans sa manière d'exprimer et de transmettre les choses, on aurait presque envie de la rencontrer et d'aller avec elle discuter de la vie à la terrasse d'un café. Bon, j'ai bien dit "presque" ! Elle a beau être sympathique: elle reste la Mort. Et j'ai bien l'intention de la connaître le plus tard possible.
Donc, la Mort nous conte l'histoire d'une fillette qui, à la suite de l'abandon par sa mère et de la mort de son petit frère, va chercher le réconfort dans le vol et la lecture. Liesel Meminger va commencer une nouvelle vie auprès de la famille Huberman - dont le père, Hans, est décrit comme un homme tendre, chaleureux, attentionné et compréhensif (parfait, quoi !); et la mère, Rosa, semble autoritaire, colérique mais possède un grand cœur -, ainsi qu'aux côtés de Rudy, qui va devenir son meilleur ami, et de Max, qui aura une place importante dans son existence. De nombreux personnages circulent dans ce roman et les amitiés qui s'y forgent paraissent évidentes. Les liens qui se tissent à travers ce récit sont beaux, les personnages attachants, le passage des 13 cadeaux est tellement attendrissant, les vols: de livres, de nourriture, le partage... Découvrir toutes ces choses, ça a du sens, quand on songe à l'univers de cette guerre qui hante ce roman qui, elle, n'en a aucun !
On ne sort pas indemne de ce roman. Oh, non ! J'ai rarement pleuré en lisant (cela m'est arrivé trois fois: "Nos Etoiles Contraires", "L'Homme qui Murmurait à l'Oreille des Chevaux" et "Le Cercle des Poètes Disparus") mais là j'ai inondé mon mouchoir !
Un petit coup de cœur, donc, pour cette histoire émouvante et poignante.
 
Citations:
 
* Une définition absente du dictionnaire.
Ne pas s'en aller: un acte d'amour et de confiance, que les enfants savent souvent traduire.
 
* Ces matins-là, dans la cuisine, Papa faisait vivre l'accordéon. Cela me paraît juste, quand on y pense.
Comment sait-on que quelque chose est en vie ?
On vérifie qu'il respire.
 
* "Jésus, Marie..."
Elle lâcha à haute voix cette exclamation, qui résonna dans une pièce pleine d'air froid. Et de livres. Des livres en veux-tu, en voilà. Chaque mur était couvert d'étagères pleines à craquer et pourtant impeccables. On distinguait à peine la peinture. Sur le dos des volumes noirs, rouges, gris et multicolores, les titres étaient imprimés en lettres de toutes les formes et de tous les formats. Liesel avait rarement vu quelque chose d'aussi beau. Elle sourit, émerveillée. Dire qu'il existait une pièce comme celle-ci !
 
* Elle passa le dos de la main le long de la première étagère, écoutant le frottement de ses ongles contre la moelle épinière de chaque volume. On aurait cru le son d'un instrument de musique ou le rythme saccadé d'une fuite. Elle utilisa ensuite les deux mains et fit la course entre les rangées. Et elle rit à gorge déployée, d'un rire haut perché. Quand elle s'arrêta, un peu plus tard, elle recula et resta plusieurs minutes au milieu de la pièce, le regard allant des étagères à ses doigts et de ses doigts aux étagères.
Combien de livres avait-elle touchés ? Combien en avait-elle palpés ?
Elle recommença alors, plus lentement, cette fois, la paume des mains tournée vers les livres pour mieux sentir le dos de chacun. C'était un toucher magique, de la beauté pure, tandis que des rais de lumière brillante tombaient d'un lustre. A plusieurs reprises, elle faillit prendre un volume, mais elle n'osa pas déranger le parfait ordonnancement des étagères.
 
* Pour souffrir, tous les lieux se valent.
 
* Petits salauds, pensait-elle. Jolis petits salauds. Ne me rendez pas heureuse. Surtout, ne venez pas me remplir pour que je croie que quelques chose de bon peut sortir de tout cela. Regardez mes meurtrissures. Regardez cette écorchure. Voyez-vous l'écorchure que j'ai à l'intérieur ? La voyez-vous s'étendre sous vos yeux et me ronger ? Désormais je ne veux plus espérer.
 
 
Le Toucher Des Pages.
 


4 commentaires:

  1. J'ai trouvé ce livre magnifique aussi :)

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  2. Je n'ai pas lu le livre mais ai vu le film que j'ai énormément aimé. D'après ce que tu dis, cela semble une histoire pleine d'optimisme par rapport au contexte ou toutefois de bonne humeur. Je suis bien tenté de le lire, je le mets de côté et merci pour ton avis :)

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    1. Et moi je n'ai pas vu le film, mais il me tente !
      J'aime beaucoup comment l'auteur a décidé de traiter cette histoire.

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