samedi 31 août 2019

"L'écume des jours", Boris Vian


L’Écume des Jours
Auteur: Boris Vian
Édition: Le Livre de Poche
Édition établie, présentée et annotée par: Gilbert Pestureau et Michel Rybalka
Nombre de pages: 352

* Quatrième de Couverture *

Un titre léger et lumineux qui annonce une histoire d'amour drôle ou grinçante, tendre ou grave, fascinante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans. C'est un conte de l'époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, féerique et déchirant.
Dans cette œuvre d'une modernité insolente, livre-culte depuis plus de soixante-dix ans,
Duke Ellington croise le dessin-animé,
Sartre devient une marionnette burlesque,
la mort prend la forme d'un nénuphar,
le cauchemar va jusqu'au bout du désespoir.
Seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes: le bonheur ineffable de l'amour absolu et la musique des Noirs américains...
 
* Mon Avis *

Ce roman est indescriptible... Il va pourtant bien falloir que j'en parle !

"L'écume des jours" est le récit d'amours et d'amitiés entre Alise, Chick, Isis, Nicolas, Chloé et Colin, se concentrant plus particulièrement sur ces deux derniers. Colin est un jeune homme riche aux idées naïves. Le jour où il tombe amoureux de Chloé, il est prêt à débourser une somme conséquente pour leur mariage. Mais peu de temps après, la jeune femme tombe malade - un nénuphar envahi ses poumons - et le coût des traitements ruine totalement Colin. Peu à peu, leur vie devient aussi sombre que la maladie de Chloé et a un impact sur l'existence de leurs amis, qui semblent touchés par cette obscurité qui gagne tout ce qui les entoure.

Il y aurait tant à dire sur ce roman, qu'écrire un modeste avis apporte de la frustration avant même que celui-ci soit pensé !
 Je découvre ici la plume du grand artiste que fut Boris Vian, et j'ai beau avoir énormément entendu parler de ses livres, je ne m'attendais pas à ce style si atypique. Vian joue avec les mots de toutes les manières possibles et imaginables (voire inimaginables) en livrant un récit plein de poésie et d'évasion dans un univers où se côtoient la beauté de la vie et sa noirceur. Nous sommes charmé par la présentation burlesque du récit, par son atmosphère étonnante, mirifique, pourtant ancrée dans une matérialité sans nom. Derrière chaque fantaisie se cache une réalité, et la critique de la société y est percutante. Le monde imaginaire créé par l'auteur est finalement le reflet du nôtre: l'histoire a beau être emplie de créativité et d'extravagances, il nous est impossible de ne pas imaginer les héros à nos côtés.
En parlant d'eux, je me suis beaucoup attachée aux personnages. Boris Vian parvient à établir ce que nombre d'écrivains cherchent parfois à faire des années durant en vain: une connexion entre les protagonistes et le lecteur, un lien tangible nous poussant à croire que nous connaissons vraiment ces héros et ces héroïnes. En étant face à leur intimité, leur manière de penser, leurs faiblesses, nous finissons par les comprendre comme l'on se comprendrait soi-même. Ce n'est pas donné à tout le monde.

Ce roman complexe plaira à celles et ceux qui voudront pénétrer un univers intense qu'il faut apprivoiser ou par lequel on se laissera apprivoiser. En définitive, rien ne sert de vouloir décrire l'indescriptible: faites-vous seuls juges de cette œuvre qui ne pourra qu'apporter des sensations étonnantes à votre lecture !
 
* Parlons Couverture *

Deux personnages pour figurer l'un des couples de cette histoire, sorte de bibelots, poupées, marionnettes... Le choix de cette présentation est déroutant. Je ne saurais, en vérité, émettre un quelconque avis sur cette photographie de Magdeleine Bonnamour. J'aime le placement du titre par contre. Les éditions contenant une représentation de nénuphar semblent, quant à elles, tout à fait logiques, comme ces anciennes du Livre de Poche, la première étant assez moderne, sous coffret, et une seconde plus vintage que, curieusement, j'apprécie particulièrement:




Citations:

* [...] l'histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre.

* - C'est terrible, dit Colin, je suis à la fois désespéré et horriblement heureux. C'est très agréable d'avoir envie de quelque chose à ce point là.

* - L'attente, dit Chick, est un prélude sur le mode mineur.

* - [...] on perd tellement de temps à faire des choses qui s'usent.

* - On se rappelle beaucoup mieux les bons moments, alors à quoi servent les mauvais ?

* Les gens ne changent pas. Ce sont les choses qui changent.


Suzy Bess.
  

4 commentaires:

  1. Je le lirai aussi un jour. J'aime ces univers qui sortent de la norme^^

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  2. Un auteur et un livre que je meurs d'envie de découvrir, et j'en ai encore plus envie après lecture de ta chronique. Il me tarde de plonger dans l'univers de cet auteur.

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